13-06-2016 17:17 - Le Niger traque ses enseignants fictifs

Le Niger traque ses enseignants fictifs

BBC Afrique - L'opération est menée par la Haute autorité de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HALCIA), dans le but d’identifier les bénéficiaires de l’argent payé à des enseignants fictifs.

L’opération doit en même temps permettre d’identifier ceux qui exercent la profession d’enseignant sans être titulaires d’un diplôme reconnu par les autorités. Au Niger, les enseignants contractuels sont plus nombreux que les enseignants titulaires, qui sont dûment engagés par l’Etat.

Mariama Moussa, une enseignante contractuelle depuis six ans, est en poste dans une classe du centre-ville de Niamey, la capitale du Niger. A l’arrivée des gendarmes enquêteurs de la HALCIA, elle suspend le cours, pour répondre à l’interrogatoire. "Ça s’est bien passé.

Les enquêteurs m’ont demandé des documents. Je leur ai montré mon brevet, mon diplôme de l’Ecole normale et mon certificat de nationalité", dit-elle au correspondant de BBC à Niamey.

"Je pense que c’est une opération de contrôle qu’il faut mener. Certains enseignants sont décédés et leur famille continue à percevoir leur pécule", affirme Mariama Moussa.

Moussa Magné, un enseignant contractuel, approuve l’initiative lancée par le gouvernement. "Ce n’est pas normal que des gens perçoivent des pécules au nom de contractuels fictifs, qui n’existent pas. Cette initiative est à saluer", réagit M. Magné.

La contractualisation du métier d’enseignant connaît des difficultés au Niger.

"L’Etat ignore le nombre d’enseignants contractuels qu’il y a et le montant du budget qui leur est payé par an. Ce constat justifie cette opération de contrôle", explique à BBC Afrique le président de la Haute autorité de lutte contre la corruption et les infractions assimilées, Issoufou Boureima.

"D’énormes sommes sont englouties dans le secteur de l’éducation. C’est pour avoir le cœur net sur l’usage qui est fait de ces montants que les ministères concernés par le secteur de l’éducation ont demandé à la HALCIA de les aider à identifier l’ensemble des contractuels", précise M. Boureima.

Il espère que la vérification menée par le gouvernement "permettra de maîtriser l’effectif des enseignants contractuels et de contrôler cette dépense importante allouée aux pécules de ces agents".

Le gouvernement soupçonne des responsables des ministères de l’Education et des Finances d’élaborer de fausses listes d’enseignants pour se partager les fonds alloués par l’Etat au paiement des pécules.



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Source : BBC Afrique
Commentaires : 2
Lus : 1589

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (2)

  • lass77 (H) 17/06/2016 07:33 X

    La même chose doit s'imposer en Mauritanie où c'est professionnaliser et courant. Le jugement dernier sera effroyable et terrible .

  • zouber (H) 13/06/2016 17:38 X

    C'est partout comme ça en Afrique.On mange l'argent des morts et du néant.Voilà l'éducation en Afrique.Elle est malade et même si le diagnostic est posé et vérifié on pourra pas la guérir.Pauvre Afrique.