14-09-2017 23:30 - Marchés : la Chine en voie de remporter la « bataille » d’Afrique
Elhourriya - La concurrence traditionnelle entre les Etats-Unis et l’Europe sur l’Afrique doit désormais tenir compte d’un nouveau paramètre : la Chine. Cette dernière s’affirme de plus en plus dans le continent africain comme un « champion » de l’investissement qui parait suivre une logique bien définie.
Les Chinois ne « théorisent » (thésaurisent ?) pas. Contrairement aux Américains avec l’AGOA (African Growth Opportunities Act, Loi sur la Croissance et les Opportunités de Développement en Afrique, votée et promulguée en mai 2000 par le Congrès américain, sous l'égide du Président Bill Clinton) ou les Européens, avec leur accord de partenariat économique (APE) avec l’Afrique de l’Ouest, les héritiers de Mao se fient à leur pragmatisme.
Si la Chine est présente en Afrique pour les matières premières, elle a rapidement compris le frein que représenterait l’absence de développement des infrastructures.
A titre d’exemple, la Chine a déjà reconstruit la voie ferroviaire de Benguela. Elle s’apprête maintenant à lancer le projet de reconstruction de la East Africa Railway en Afrique de l’Est et de la Trans-Kalahari Railway qui traversera le continent de la Namibie vers le Botswana.
Pékin a également conclu un partenariat avec l’Union africaine afin de construire des infrastructures reliant toutes les capitales du continent.
Or ces infrastructures seraient facilement connectables à celles de la Route de la Soie, entre autres via l’Egypte, nouveau pilier de cette initiative, renforçant ainsi la stratégie visant à faire de la Chine la « maitresse du monde ».
Cette grande stratégie butera probablement sur celles que mènent les autres puissances mondiales, mais il est certain qu’elle met un terme, da façon durable, à la dualité Europe-USA, en Afrique, comme elle a cessé de l’être, depuis des décennies, en Asie. C’est d’ailleurs l’expérience dans ce vaste continent qui a servi de modèle de « conquête » pour l’Afrique.
En Asie du Sud-est, la Chine compte investir plus de 40 milliards de dollars dans le projet au Pakistan dit du China-Pakistan Economic Corridor (construction d’oléoducs, voies ferrées, routes, etc du port de Gwadar vers Kashgar, en province du Xinjiang via le Khunjerab Pass).
Au Moyen-Orient, la Chine se concentre avant tout sur l’Iran, mais également de plus en plus sur l’Arabie Saoudite et le Qatar. Dans le Caucase, les relations avec l’Azerbaïdjan se sont développées. Quant à la Turquie, la relation entre les deux pays est en pleine expansion, tant au niveau commercial et militaire que dans le domaine des infrastructures.
Par rapport à l’Union européenne, la pénétration chinoise est réelle depuis la crise économique, la porte d’entrée étant principalement les économies européennes fortement touchées par la crise (Grèce, Espagne et Portugal), mais également certains pays d’Europe de l’Est (Bulgarie, Roumanie, Hongrie) et les Balkans (Serbie).
Les sociétés chinoises s’intéressent entre autres aux ports (ex. port de Pirée), aux compagnies ferroviaires (OSE) et au développement du corridor paneuropéen n°10 reliant la Turquie à l’Europe.
In fine, la Chine a conscience qu’elle est comme, l’empire Mongol en son temps, une puissance en gestation, mais une puissance qui doit aussi compter avec les autres. Aussi, il apparaît que le dessein à très long terme de la Chine est de contrôler le monde, en misant d’abord, sur l’économie, qui est l’élément de base de la puissance militaire américaine.
