19-09-2017 11:54 - Mauritanie, et si les jours de “notre ami Aziz” étaient comptés

Mauritanie, et si les jours de “notre ami Aziz” étaient comptés

Mondafrique - La contestation grandit en Mauritanie contre le président Ahmed Ould Abdel Aziz, dont le pouvoir se durcit et s'isole chaque jour d'avantage. Le régime mauritanien réclame des soins intensifs. Depuis la mascarade que fut le référendum, cet été, sur la réforme de la constitution, chaque jour apporte son lot de mesures liberticides.

Le chef de l’Etat, Ahmed Ould Abdel Aziz, est rentré dans une spirale répressive, sa seule réponse face à une contestation grandissante. Ainsi le président Aziz a accusé sénateurs, syndicalistes et journalistes d’avoir perçu de l’argent de son propre cousin, l’ancien patron des patrons mauritanien réfugié au Maroc, Mohamed Bouamatou. A ce titre, ces paisibles citoyens sont désormais poursuivis par la justice.

Dernière trouvaille, le conseil des ministre mauritanien vient de créer un établissement public au nom imprononçable EGBGSCRAC (Etablissement de Gestion des biens gelés, saisis et confisqués et du recouvrement des avoirs criminels) dont le but n’est pas de traquer les milliards de dollars d’argent public qui se sont évaporés chez les proches du régime, mais de saisir les biens d’un adversaire politique, Bouamatou justement, qui emploie des milliers de mauritaniens dans un pays en proie à une crise économique sans précédent..

Résultat: la société civile mauritanienne est entrée en dissidence et les réseaux sociaux sont devenus une caisse de raisonnance des innombrables dons et actions humanitaires de l’homme d’affaires mécène devenu l’ennemi public numéro un.

Tout aussi grave pour la pérennité d’Ahmed Ould Abdel Aziz, les soutiens internationaux sont aujourd’hui plus que clairsemés, alors que la Mauritanie est brouillée avec son voisin marocain, critiquée par la diplomatie américaine pour refuser l’accès du pays à des militants américains anti esclavagistes, ignorée par la France et au plus mal avec le Qatar.

Comment faire confiance à un chef de l’Etat qui ne survit que par la duplicité, élu président des pauvres il y a neuf ans pour transformer aujourd’hui les écoles en commissariats et s’enrichir lui et son clan? Jusqu’à ce titre de général que le colonel Aziz s’est octroyé au mépris de toutes les rêgles de promotion dans la carrière militaire.

Contestation toute !

Reconnaissons le, le colonel Aziz avait montré un certain doigté dans la gestion de son opposition dans les années qui ont suivi son accession au pouvoir en 2008. Cette époque est clairement révolue.

A l’époque, le très charismatique leader anti esclavagiste, Biram, dont le président mauritanien avait habilement fait son principal opposant lors de l’élection présidentielle de 2014, est entré dans une opposition sans concession. Ce qui attise les braises de la révolte ethnique qui couve en Mauritanie entre les descendants d’esclaves et une partie de l’élite maure, un héritage dramatique qui mine la société mauritanienne.

Surtout, le ton se durcit au sein des partis d’opposition traditionnels, qui jusqu’à présent n’attaquaient guère le pouvoir sur le terrain de la dilpidation des ressources et des tricheries en matière des droits de douane. Ce qu’ils font maintenant, non sans courage.

Enfin les événements de cet été ont montré qu’au coeur même du pouvoir, une majorité de sénateurs, nommés avec la confiance du chef de l’Etat et traditionnellement conservateurs, s’est élevée courageusement contre les dérives d’un chef de l’Etat qui cherche à réformer la constitution à tort et à travers. Et cela pour mieux la piétiner demain, lorsqu’il s’agira d’imposer un troisième mandant, en 2019, proprement anti constitutionnel.

Cette défection des élites traditionnelles rappelle les derniers temps du régime de Ben Ali quand au sein même du RCD, le parti alors au pouvoir en Tunisie, les proches du Palais de Carthage ont commencé à critiquer la rapacité de Leila Trabelsi, l’épouse du chef de l’Etat devenue la Régente d’un régime en perdition. Les régimes ultra autoritaires ont besoin de quelques alliances au sein de la société pour se survivre. Il semble que le bon colonel Aziz soit un peu isolé par les temps qui courent.

Oasis… salafiste

Pour masquer ce bilan désastreux, le président Aziz a toujours fait valoir à l’extérieur que la Mauritanie reste un pays stable où, contrairement à ses voisins, aucun attentat n’a eu lieu depuis 2011. Mais à quel prix! Il est temps à Paris où beaucoup d’experts s’interrogent d’analyser les recettes mises en oeuvre par Nouakchott.

En matière sécuritaire, le régime mauritanien a conclu un véritable pacte non écrit avec le diable salafiste. Le président Azis laisse des imams rétrogrades, formés dans des écoles coraniques financées par l’argent du Golfe, distiller dans les mosquées leur vision réactiopnnaire de la société.

En échange, cette fraction religieuse radicale n’investit pas le champ politique. En 2013, ce sont ces imams inféodés au régime qui se sont élevé contre toute intervention des forces mauritaniennes dans l’opération militiare “Serval” menée par la France dans le Nord-Mali contre les djihadistes. Et Aziz n’a pu qu’obéir à l’oukaze de ces forces qu’il protège. Jusqu’au moment, programmé, où il sera leur obligé.

En revanche, la voie est ouverte désormais pour le pouvoir mauritanien d’une alliance étroite avec les Séoudiens. Quelques cinq cent soldats mauritaniens viennent de partir combattre au Yémen.

En échange de cette chair à canon, les Séoudiens se sont montré généreux en matière de prèts et d’aides. Ce qui a permis au général Aziz de gâter les forces armées mauritaniennes, son principal soutien, tant en matière de soldes que d’équipements. Du coup, le général se croit fort.

Sauf qu’au sein de son armée, le président mauritanien a soigné particulièrement sa garde présidentielle, le Basep, quelques centaines d’hommes qui ne doivent fidélité qu’au chef de l’Etat et qui ont mis les doigts et même le bras entier dans le pot de confiture.

Mais l’histoire de la Mauritanie est jonchée de coups d’état successifs. Il n’est pas sur que le bon président Aziz ai su satisfaire l’ensemble des revendications de la troupe qui au quotidien, subit elle aussi les effets de la crise économique. On a vu au Burkina avec l’ex président Blaise Campaoré les limites d’une telle garde prétorienne qui cristallise les frustrations, y compris au sein de l’armée régulière.

Une économie sinistrée

En matière de corruption, devenue avec Aziz un sport national, nos confrères du «Monde Afrique » ont révélé que la SEC, la puissante Bourse américaine, mettait en cause les relations des proches de la Présidence mauritanienne avec le groupe canadien Kinross, gestionnaire des mines d’or du pays. Cette procédure désormais publique entache la crédibilité du régime aux yeux de ses principaux partenaires occidentaux, à savoir les Américains.

L’enrichissement ne profite qu’à une infime minorité. Le rapport annuel 2015 du Fonds des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), avait révèlé que les trois quarts des mauritaniens vivent dans une extrême pauvreté. Selon la FAO, 71,3% des mauritaniens vivent avec moins de deux dollars par jour. 23,5% parmi ceux-ci vivent avec moins de 1,25 dollars par jour.

Une image dégradée

Quelle image un tel régime peut conserver sur le plan international? Ahmed Ould Abdel Aziz, que les Français à l’époque de Sarkozy et de Hollande, ont perçu comme un allié fidèle contre le djihadisme, apparait plus de plus enplus évanescent. Jamais la Mauritanie n’est intervenue aux cotés de la France au Mali; le maigre contingent envoyé en Centrafrique s’est fait discret, préjugeant mal de la participation de la Mauritanie au fameux G5, ce regroupement régional tout juste créé pour lutter contre le terrorisme.

La rengaine usée du “rempart ultime contre le terrorisme” avait été déjà celle des présidents égyptien et tunisien Moubarak et Ben Ali dont la crédibilité, sur le tard, fut totalement entamée, comme l’est d’ores et déjà celle d’un Aziz qui ne fait plus guère l’unanimité à Paris.

Le quarteron « des amis de la Mauritanie» qui tentent de redorer l’image de ce régime affaibli, n’est plus constitué constitué de l’ex star vieillissante de l’anti-terrorisme, Jean Louis Brugière, de deux ou trois élus en mal d’exotisme, d’un colonel Peer de Jong spécialiste de… l’Asie, et d’un obscur avocat devenu récemment “l’ambassadeur” privé du régime en France, Jemal M. Taleb, qui défendait jadis le clan de Leila Trabelsi et qui aujourd’hui fait de la retape pour le régime mauritanien dans “la lettre du Continent”où l a ses entrées et dans quelques loges maçonniques en perte de vitesse (1).

Du linge un peu usé pour défendre “Notre ami Aziz”….

(1) “Mondafrique” reviendra sur le parcours du représentant d’Aziz à Paris, Jemal M. Taleb, qui a su infiltrer quelques cercles du pouvoir français alors que Nicolas Sarkozy et François Hollande étaient encore au pouvoir.

Par Nicolas Beau



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Source : Mondafrique
Commentaires : 14
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Commentaires (14)

  • jakuza (H) 19/09/2017 22:34 X

    Monde à fric fait dans la plume mercenaire! Aziz c''est Mohamed et non Ahmed! Pas grave pour un scribe qu'est pas beau du tout!

  • y en a marre (H) 19/09/2017 18:49 X

    Décidément Aziz ne sent plus l’odeur du bon parfum d’un président, il est devenu l’homme à abattre pour la communauté Internationale et les bailleurs de fonds, il est aujourd’hui en mal avec tout le monde à commencer par sa propre famille, ensuite sa famille politique, ensuite les élus, ensuite les syndicats, ensuite les mauritaniens, ensuite les hommes d’affaires et ensuite, ensuite. En ce qui concerne les attentats a quel prix, voilà la question, le pacte signé entre les mauritaniens et les jihadistes doit être revu et sera violé par les mauritaniens s’il accepte de faire la guerre aux terroristes.

  • Sidikader200 (H) 19/09/2017 18:25 X

    Ce texte décrit fidèlement le comportement d'un dictature qui a ruiné son pays et qui veut s'incruster au pouvoir pour se s'assurer une impunité qu'il n'aura jamais. Où que tu planqueras les milliards que tu as dérobés à ce peuple qui meurt de faim et de maladie , ses fils viendront te dénicher et te châtier.

  • abouth (H) 19/09/2017 17:03 X

    Ce texte est irrespectueux de la Mauritanie et des Mauritaniens...

  • sîdaty (H) 19/09/2017 15:40 X

    Un peu d'objectivité, mon cher français.on sait que vs travaillez pour le français qui a enfumé la Mauritanie de Marlboro. Si vs êtes sûr que c'est la fin,qu'est-ce qui vs tracasse,siropter votre vin...Mais les chiens aboient et la caravane passe

  • medabdul (H) 19/09/2017 15:01 X

    Question idiote et imbecile,chaque humain a ces jours comptes ou décomptés, le compte est a rebours, et si c'est une affirmation catégorique de ce journaliste (***) farfelu peut être qu'il a des infos ou renseignements sur Aziz pour avancer cette thèse.

  • Cheikh Aly 2007 (H) 19/09/2017 13:22 X

    Pourquoi vous dites "si les jours de ...comptés? Oh que si. Comme d'ailleurs de chacun d'entre nous. J'espère seulement que ceux qui applaudissent, n'ont pas oublié qu'il s'agit d'un home comme eux. C'est à dire un être dont l'oeuvre ne peut être parfaite. Lui, il en doute un peu!

  • juif53 (H) 19/09/2017 13:22 X

    Aziz me rappelle Ben Ali et Tekeiber me rappelle Leila Trabelki.Ils finiront de la même façon que le couple tyrannique tunisien.

  • Sidikader200 (H) 19/09/2017 13:17 X

    Soi-disant avocat à Paris, Jemal Mohamed est (***) recyclé par Aziz qui en a fait , de manière tout à fait illégal, un ambassadeur de la Mauritanie, (***) pour "services" rendus. Même s'il confie à ses proches qu'il se méfie de lui pour ses accointances-là, Aziz lui a confié nombre de ses dossiers sensibles (drogue contre Mamere..). Il lui paye chèrement ses services en monnaie sonnante et trébuchante au frais de l'Etat mauritanien mais aussi par des passe-droits comme la mise en liberté de sa sœur condamnée pour détournement des fonds (1milliard d'um) du projet "Vaincre" du ministère des finances au moment où tant jeunes mauritaniens croupissent en prison pour des broutilles.

  • mohamed w.l (H) 19/09/2017 12:58 X

    Nicolas Beau avec ton torchon de mensonge j ai cru que je vis dans un autre pays pas la Mauritanie ./brouillée avec son voisin marocain, critiquée par la diplomatie américaine pour refuser l’accès du pays à des militants américains anti esclavagistes, ignorée par la France et au plus mal avec le Qatar. / un argumentant bidon . tu dois remettre l argent au monsieur qui t as paye pour écrire ce torchon quelle honte

  • abarry45 (H) 19/09/2017 12:49 X

    Mondafrique n'aura jamais de financements avec Aziz si ce qu' il cherche Aziz n'a pas besoin de JEMAL Mohamed qui fut le représentant à Paris de Feu Ely Ld Vall avant de retourner sa veste cet ancien de conscience résistance Aziz a une légitimité qui est le peuple de Mauritanie Ce ne sont pas les sénateurs aux oubliettes et leur chef Bouamatou et les pommés de ce qui reste des ufp des nostalgiques PUR et PPM sui vont perturber la Mauritanie Ces pages sont tournées Aziz est tranquille Il délocalise la fête nationale c est du jamais fait Mondafrique comme d autres organes de presse peuvent recevoir des cadeaux de Bouamatou qui à appauvri plusieurs familles par saisie de leur maison mais la marche de la Mauritanie ne s arrêter à pas

  • ELVALLI (H) 19/09/2017 12:31 X

    Quand la presse braque ses projecteurs sur Aziz, je lis ce que je vis sans pouvoir l’exprimer, surtout dans la langue et la critique politique de Voltaire. Aziz a intérêt à se réconcilier avec la presse indépendante nationale et sa consœur étrangère qui savent si bien peindre et mettre à nu tous les dictateurs du tiers-monde.

  • Socrateplaton (H) 19/09/2017 12:20 X

    La jeunesse mauritanienne doit se mobiliser pour donner le coup de grâce à ce dictateur prédateur insatiable. Il ne faut pas compter sur l'opposition dépassée et empêtrée dans ses contradictions, c'est notre avenir, à nous les jeunes , qui est en jeu. Aziz a pillé le pays qu'il s'apprête à fuir le pays après l'avoir laissé exsangue et endetté jusqu'au coup.

  • KANTAKI (H) 19/09/2017 12:10 X

    MondeAfrique, les jours sont comptés pour tous, y compris pour votre feuille de choux pommés. Quel article liberticide et mal famé, mal documenté et mal rédigé ( ce qui est étonnant). Ould Abdel Aziz que vous appelez par une mauvaise particule du nom ( Ahmed au lieu de Mohammed) n'a pas inventé les millions distribués au sénateurs pour voter non contre les réformes, ni les joutes de l'ombre pour culpabiliser des élus et leurs proches afin de les amener à "rester" dans le camp de Bouamataou, pas aussi généreux qu'il le prétend, ni avec les politiques ni avec les journalistes ! Est ce que Bouamatou est ainsi réduit ( Weakal Ersoulou), tout comme apparemment son contact local vivait sur ces menus larcins faits sur le dos des politiciens qu'il est chargé de corrompre au premier degré? Pour le reste, que de fiction et que d'imagination ! Oui, les jours de Aziz sont comptés et pour lui et pour les autres, que dieu lui donne longue vie et l'amène à persévérer encore plus vers le développement de notre pays et de notre société entière.. BOuamatou, tu es trop petit...