28-09-2017 19:30 - La Chine ordonne la fermeture des entreprises nord-coréennes d'ici janvier

La Chine ordonne la fermeture des entreprises nord-coréennes d'ici janvier

Romandie News - Les entreprises nord-coréennes établies en Chine devront cesser leur activité d'ici janvier, a annoncé jeudi le ministère chinois du Commerce, en application de la dernière batterie de sanctions de l'ONU après un nouvel essai nucléaire de Pyongyang.

"Les coentreprises sino-étrangères, les sociétés à capitaux mixtes et à capitaux étrangers établies en Chine par des entités ou des individus de Corée du Nord devront être fermées d'ici 120 jours" à compter de l'adoption de la résolution 2375 par le Conseil de sécurité des Nations unies le 11 septembre.

Soutenue par Pékin -- le principal allié diplomatique de Pyongyang --, cette résolution entérine une huitième salve de sanctions onusiennes à l'encontre du régime de Kim Jong-Un, en interdisant notamment ses exportations de textile et en réduisant ses approvisionnements en pétrole.

Elle fait suite au sixième essai nucléaire réalisé par Pyongyang le 3 septembre, le plus puissant à ce jour et à l'origine d'une violente secousse sismique. Le régime stalinien avait alors revendiqué le test réussi d'une bombe à hydrogène.

La Chine, membre permanent du Conseil de sécurité, a approuvé le durcissement des sanctions internationales et assure les appliquer "strictement et dans leur entièreté".

Pour autant, les Etats-Unis enjoignent le pays d'accroître la pression sur son turbulent voisin. Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson sera justement en visite à Pékin vendredi et samedi pour évoquer avec de hauts responsables chinois l'épineux dossier du nucléaire nord-coréen.

- Pétrole et banques -


Le géant asiatique affiche sa bonne volonté: fournisseur de la quasi-totalité du brut consommé par la Corée du Nord, Pékin avait déjà confirmé samedi dernier qu'il limiterait drastiquement ses exportations de produits pétroliers raffinés.

Concernant les fermetures d'entreprises nord-coréennes, seules seront épargnées, "au cas par cas", des entités non-commerciales ou impliquées dans des infrastructures de service public, a précisé jeudi le ministère.

Il est dur d'évaluer le nombre d'entreprises qui devront mettre la clef sous la porte en Chine d'ici janvier: un négoce de textile significatif se poursuit entre les deux pays malgré les sanctions, et le régime opère nombre de restaurants en Chine -- dont plusieurs à Pékin.

A la suite d'une précédent train de sanctions, le géant asiatique avait déjà interdit fin août aux firmes et ressortissants nord-coréens d'établir de nouvelles entreprises sur son territoire.

Par ailleurs, signe supplémentaire du durcissement de ton chinois, de grandes banques du pays refusent désormais les clients nord-coréens.

Si le président américain Donald Trump avait publiquement accusé Pékin de "ne pas en faire assez" contre Pyongyang, le ton s'est radouci ces dernières semaines.

Destruction

La porte-parole du département d'Etat américain Heather Nauert a ainsi salué cette semaine "des progrès", jugeant que la Chine avait "fait des pas énormes dans la bonne direction".

De son côté, la diplomatie chinoise continue de plaider sans relâche pour une solution "pacifique" de la crise nord-coréenne.

A l'unisson avec la Russie, elle défend la reprise de négociations de paix et propose un "double moratoire" -- l'arrêt simultané des essais balistiques et nucléaires de Pyongyang et des manœuvres militaires américano-sud-coréennes.

"Le Conseil de sécurité prévoit à la fois des sanctions et des efforts pour rouvrir le dialogue, il ne faut pas mettre excessivement l'accent sur les sanctions en ignorant le reste", a d'ailleurs martelé jeudi Lu Kang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Par ailleurs, "nous sommes opposés à tout conflit dans la péninsule coréenne. La communauté internationale ne permettra jamais une guerre qui précipiterait les populations dans des souffrances sans fin", a-t-il insisté.

A l'inverse, les Etats-Unis ont dit à plusieurs reprises qu'ils n'écartaient pas une option militaire, menaçant ouvertement de "destruction" le régime de Kim Jong-Un.

(©AFP / 28 septembre 2017 14h15)



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