02-10-2017 01:00 - Attaque au couteau à la gare de Marseille, deux tuées
RFI - Un homme a tué deux jeunes femmes au couteau sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille, dimanche 1er octobre vers 13h45 (heure locale) avant d'être abattu par des militaires, a annoncé le préfet de police. La gare a été évacuée. Le parquet de Paris annonce l’ouverture d’une enquête en flagrance pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste.
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♦ Ce que l'on sait de l'attaque
« Deux victimes sont décédées par arme blanche », a déclaré le préfet de police Olivier de Mazières. La première victime qui a été égorgée est morte sur le coup, la deuxième a été poignardée au thorax et à l’abdomen, elle est décédée un peu plus tard des suites de ses blessures. Les deux victimes qui était âgées d'une vingtaine d'années sont en cours d’identification.
L'assaillant aurait crié « Allahou Akbar » (« Dieu est le plus grand ») selon une source proche de l'enquête, qui confirme la piste terroriste. L'homme âgé entre 25 et 30 ans a agi seul. Il était armé de deux couteaux, l’un a été retrouvé sur le lieu du meurtre, l'autre a été abandonné plus loin.
Il a été neutralisé et abattu par les militaires de l'opération Sentinelle qui patrouillaient autour de la gare. L’assaillant n’avait pas de papiers d'identité sur lui, selon le quotidien La Provence.
La police a prélevé ses empreintes pour les comparer sur le fichier national. L'individu serait inconnu des services antiterroristes et n'était pas fiché S. Il était néanmoins connu des services de police pour des faits de petite délinquance, selon des sources proches de l'enquête.
« L'identité de l'homme est encore en cours de vérification mais ses empreintes le rattachent à des faits de droit commun » sous différentes identités, a précisé l'une de ces sources. A ce stade, aucune de ces identités n'est connue des services de renseignement, ont ajouté les sources proches de l'enquête.
Il y a eu un mouvement de panique à l'intérieur de la gare qui était bondée en ce début d'après-midi. Les forces de l'ordre ont demandé aux Marseillais d'éviter le secteur de la gare, dont tous les accès ont été fermés, une importante opération policière étant toujours en cours. Un cordon de sécurité empêche tout accès à la gare. La police scientifique travaille sur les lieux.
Des opérations de déminage ont eu lieu. Le trafic SNCF a été totalement interrompu avant de reprendre partiellement. Les voyageurs qui devaient prendre un train ont été évacués. Ceux qui devaient arriver gare St-Charles sont restés bloqués dans les trains plusieurs heures.
♦ Gérard Collomb à Marseille
Gérard Collomb s'est immédiatement rendu à Marseille après l'attentat, où il est arrivé en fin d'après-midi. Le ministre de l'Intérieur s'est brièvement exprimé face à la presse, admettant que « cet acte pourrait être de nature terroriste » mais que « à cette heure, il n'est pas possible de le confirmer ». Le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin (LR), présent lors de ce point presse, a pour sa part affirmé qu'il ne doutait pas de la nature terroriste de l'attaque.

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb (centre) s'exprimant devant la garde de Marseille, avec à ses côtés le maire de la ville, Jean-Claude Gaudin.
REUTERS/Jean-Paul Pelissier
• Réactions
Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, assure sur Twitter une « mobilisation totale de l'Etat aux côtés des Marseillais ».
« Prenons ces actes barbares pour ce qu'ils sont : des actes de guerre, et non des crimes de droit commun », a tweeté Marine Le Pen, la présidente du Front national.
« La tragédie de Marseille nous rappelle que l'état d'urgence reste nécessaire. Il ne peut ni être levé ni banalisé dans une loi ordinaire », a tweeté de son côté Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France.
« Tout mon soutien aux proches des deux victimes. Les Parisiens sont aux côtés des Marseillais. Nous pensons très fort à vous » a tweeté Anne Hidalgo, maire de Paris.
« Marseille pleure avec ses pauvres victimes. L'assassin aussi répugnant que ses motifs » a tweeté plus tardivement Jean-Luc Mélenchon, patron de La France insoumise et député de Marseille.
« Nous ne baissons pas la garde. Colère et tristesse pour les victimes. Soutien aux militaires et policiers de Sentinelle qui nous protègent », a réagi le Premier ministre Edouard Philippe sur les réseaux sociaux (Twitter).
« Toutes mes pensées et ma solidarité pour les deux victimes de l'attaque à Marseille. Notre vigilance doit rester maximale. », a commenté l'ex-chef de l'Etat François Hollande.

