10-12-2018 01:00 - Poème sublime de Cheikh ould Bellamech (Rahimehou Allah). La triste voix d’un esclavage

Adrar Info - Entendrait –on la cause d’un esclave meurtri, qui s’est épuisé, toute sa vie, dans le bannissement ?
Et quand bien même entendrait-on son cri, qui pourrait en empêcher le détournement ?
Mahmoud est un mort-né, et dont le prix détermine l’identité et même l’avènement.
Il est né esclave et à la criée, au marché du tri, il fut vendu aux termes de son vague signalement.
Ses soixante dix ans accusent les cœurs pourris de tous ceux qui acceptent ce vice du consentement.
Dans ce monde, nombreux sont les puissants flétris, malgré leur gloire légendaire, par leur vil comportement.
Et nombreux sont les Savants qui se sont nourris, du commerce des esclaves en piétinant les fondements.
Ah ! si, pour sa survie, l’être humain avait appris à combattre sa propre faiblesse par son armement.
Si tous ceux qui lisent l’Histoire savent qu’il est écrit que l’injustice conduit, fatalement, son auteur au pire des châtiments.
Maitre, pour toi qui est visiblement, de l’arrogance pétri, Je laisse ces larmes en guise de sombre testament.
Saurais- tu dans l’intérêt suprême de la patrie laver la vieille infamie pour tourner la page, définitivement ?
Moi … je n’accepterai plus le fameux bâton du mépris, et je ne demande que la justice à titre de dédommagement.
Saches…que le Maitre qui domine l’esclave par la coupable incurie, finit toujours, par apprendre la liberté à son détriment.
En tout cas, ton Seigneur n’a jamais dit que les parts d’un esclave puissent être l’objet licite d’un règlement.
Voici, donc, les cendres de mon sort que tu as détruit, et que je dissimulai par la douceur dans mon extrême dénuement.
Néanmoins, au fond de ma tragédie, je ne veux pas refaire l’injustice par laquelle j’ai péri, mais le cri de l’opprimé surgit de ma misère.
Essai de traduction de l’arabe en français par Abdel Kader Ould Mohamed.