19-01-2021 00:21 - Ould Abdel Aziz/Dans quelques heures ou quelques jours, la fin d’un mythe

Ould Abdel Aziz/Dans quelques heures ou quelques jours, la fin d’un mythe

Initiatives News - Peut être qu’il n’est plus qu’une question d’heures ou de jours mais ce qui devait arriver va arriver inéluctablement.

Toutes les personnes citées dans cette affaire dite « décennie de la gabegie » avec à leur tête celui qui a toujours fait tout au long de son pouvoir présidentiel, un pouvoir personnel, la pluie et le beau temps, seront traduites devant la justice. Le chêne, (Ould Abdel Aziz) va se retrouver face à un roseau (un procureur de la République).

Peut être que ce jour-là, et pour la première fois dans l’histoire de la justice mauritanienne, le roseau (le procureur de la République) va jouer le rôle du « chêne » et le chêne, (Aziz) va jouer celui du roseau.

Et ce jour là peut être aussi que, l’ancien « homme fort » du pays n’aura aucun intérêt à jouer au « plus malin » ou à « l’arrogant » en évoquant le fameux article 93 ajouté à la constitution pour « protéger » Maaouiya Ould Sid’Ahmed mais qui risque de se dérober sous les pieds de Ould Abdel Aziz un homme qui n’est plus aux yeux de la justice qu’un prévenu entre autres et comme tous les autres, un simple justiciable.

C’est vraiment dommage. C’est vraiment dommage que cette belle histoire de la décennie « dorée » pour beaucoup, contée aux mauritaniens depuis 2008 par le président « des pauvres », se termine par la mise à mort psychologique et morale d’un homme qui s’est inventé de toutes pièces et qui s’est autodétruit.

Je disais donc, dans quelques heures seulement, et peut être, dans quelques jours, parce que, la police des crimes économiques et financiers, qui n’avait l’habitude que de déférer une, deux, ou trois personnes à la fois, fait face actuellement à un casse-tête logistique sans précédent pour regrouper, transporter et déférer un nombre si élevé de prévenus, qui comptent parmi eux un chef d’état qui n’est plus que l’ombre de lui même, des petits délinquants économiques convertis en hommes d’affaires dans la hâte, et des personnalités respectables des milieux politiques et industriels comme Ould Ghade, Ould Bichraye et Zeine El Abidine le puissant chef du Patronat mauritanien et peut être le banquier en pole position dans l’hébergement de capitaux qui convergeaient ces dernières années de différents horizons.

Ce retard dans la logique de la procédure de déferrement, (procédure clôturée dans sa partie audition par la signature des procès-verbaux par les prévenus), est accusé sans doute par une volonté du parquet qui n’était pas préparé à accueillir par déferrement un nombré de personnes qui correspond comme par hasard, au nombre de passagers d’un vol pour la Mecque, sauf que cette fois le vol va atterrir en escale judicaire à trois pôles de parquets avant de reprendre son vol à destination d’une maison d’arrêt et de correction après avoir débarqué les passagers acquittés ou placés sous contrôle judicaire..

Ce qui signifie peut être que l’administration judicaire et pénitentiaire a du pain sur la planche. Ce qui retarde peut être la procédure de déferrement se sont les réponses aux questions de savoir : où recevoir ces 311 personnes à entendre ? Combien de temps prendront les premières auditons devant le Parquet ? Qui seront libérés sous conditions, qui seront acquittés faute de preuves, et qui seront déférés et où ? Cette dernière question restant fondamentale.

Au moment où j‘achève d’écrire cet article, la recherche des réponses à toutes ces questions laisse encore un répit à l’ancien président pour continuer de penser que son article 93, hérité de Maaouiya qu’il a trahi en 2005, est entrain de jouer en sa faveur.

Mais dans la réalité et dans les faits, Les Zeine Abidine, Ould Ghade, Ould iyahi, Ould Bouchraya et Ould Diaye le PDG de la SNIM en sursis qui vient de faire cadeau d’adieu à ses employés après un nouvel exploit dans le mensonge, vont se rendre à l’évidence : la Mauritanie et sa justice se recherchent et sont sur le point de se retrouver.

Les prévenus vont se déplacer vers un nouveau palais de justice réquisitionné pour la circonstance ou ad hoc ? Les trois pôles du parquet et les prévenus seront-ils territorialement déplacés pour raison logistique et de haute sécurité ? Dans quelques jours tout sera clair, aussi bien pour les prévenus, pour les collectifs de défenses, que pour les mauritaniens qui attendent tout de cette justice à laquelle 90 % d’entre eux ne croient plus à cause de ses antécédents sous tous les régimes qui se sont succédés depuis l’indépendance du pays.

Aziz se retrouvera t’il derrière les grilles ? Il n’a malheureusement aucune chance d’échapper à cette fin de parcours qui a commencé par la gloire et qui se termine par une humiliation qui lui collera à la peau jusqu’à la fin de vie.

Règlement de compte, comme le pense lui même ? Tazaabouts de Maaouiya, de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, d’Ely Ould Mohamed Vall, d’Ould Ghadde et d’Ould Bouamatou additionnées ? Vengeance mangée en « plat froid » par son ancien ami et compagnon d’armes ? Ou pour toutes ces raisons réunies ? La question ne se pose plus.

Dans, quelques heures ou dans quelques jours, l’ancien président Ould Abel Aziz va avoir du mal à avaler les conséquences de son refus de coopérer avec la justice à travers la police, et il sera surpris de constater que le collectif des avocats de l’état mauritanien ont pris un raccourci et n’ont pas emprunté le chemin où Me Ichidou et les autres avocats de la défense les attendaient au virage.

Dans quelques heures, dans quelques jours, inéluctablement et malheureusement, le déferrement au parquet de Ould Abdel Aziz va peut être déclencher le « coup de gong » qui brisera à jamais le mythe d’un homme qui pensait qu’il était « présidentiellement immortel » qui se cachait derrière deux chiffres, le 9 et le 3. Mais comme le dit le proverbe de chez nous : « ili mi dérègue ib’ leyame ar’yane », ceci est valable aussi pour celui qui se cache derrière deux chiffres qui additionnés donnent 13 un chiffre considéré par certaines croyances comme un chiffre porte malheur.

Mohamed Chighali





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 4
Lus : 7498

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (4)

  • Destroyer (H) 19/01/2021 08:32 X

    Le monde à l envers: des voleurs qui jugent un voleurs

  • Ahmedabdallah (H) 19/01/2021 05:29 X

    Voilà un **** fatigué et divaguant! Ton article est trop tiré par les cheveux! Mais c'est surtout ta conclusion qui a achevé de t'humilier! Dis-moi, **** depuis quand 9 et 3 font 13? Il faut que tu saches une bonne fois pour toutes que 9 + 3 = 12 et non 13!!!

  • Sahelien-morali (H) 19/01/2021 01:38 X

    Oul Ghazouani avait essayé de d’éviter de mener ces poursuites judiciaires en les confiant au Parlement pour noyer l’affaire, car le Parlement n’est pas une source judiciaire. Ce que le Parlement avait établi et listé comme crimes économiques avait déjà été établi et listé par les blogueurs et les journalistes et certains opposants au temps même où le régime de Ould Abdel Aziz était en place. La commission parlementaire ne pouvait cacher toutes ces listes de crimes économiques. Ce jeu de cache-cache pour retarder les poursuites judiciaires a quand même permis au régime du président Ghazouani de gagner une année 4 mois sans entrer dans le vif du sujet. Mais, à présent que la pression nationale et surtout internationale se fait sentir, il faut commencer à penser à trouver une autre étape toujours pour noyer l’affaire. Tout prête à croire que la volonté actuelle du régime est de noyer l’affaire chez les pauvres juges, sur lesquels sera rejetée la responsabilité de blanchir les personnes poursuivies, Oul Abdel Aziz en premier lieu, ou encore de leur infliger des sanctions insignifiantes en termes de peines et de remboursements insignifiants par rapport à la valeur des biens détournés qui est sans précédent dans l’histoire du pays et de la sous-région ouest africaine. . EN GARDANT UNE PARTIE DE CE QU’ILS ONT DETOURNE, ILS SONT TOUJOURS GAGNANTS ET C’EST MOTIVANT POUR CE GENRE DE PROFILS POUR ALLER DANS L’AVENTURE.

  • activiobservat (H) 19/01/2021 01:10 X

    Le régime actuel de Oul Ghazouani ne peut pas assurer les poursuites de la gabegie de la décennie de Ould Abdel Aziz, et même si la pression nationale et surtout internationale obligent Oul Ghazouani à mener ces poursuites, il les laissera faire tout en tremblant. Elles seront des semblants de poursuites qui ne serviront qu’à un blanchissement de cette affaire « Casse du siècle» dont l’ampleur dépasse toute imagination et sans précédent dans l’histoire du pays et dans la région ouest-africaine.

    Tous les ministres qui sont directement responsables de mener ces poursuites sont eux-mêmes mouillés dans d’autres affaires, ou, ils sont tous simplement craintifs et hésitants. Ils ne sont pas des hommes d’Etat au vrai sens du mot. Ils ne mesurent pas, par rapport à l’intérêt national, la gravité de cette gabegie dont l’ampleur est sans précédent dans l’histoire du pays et dans la sous-région ouest africaine.

    Les principaux responsables pour mener ces poursuites sont : le ministre de la justice, Oul Boyé, fils de Abdellah oul Boyé. Ce ministre est nonchalant, de mentalité bédouine (pas au sens péjoratif mais au sens de tribale), il avance au même rythme que son président Ghazouani, lui-même encore plus craintif et hésitant dans le traitement de l’affaire. Le ministre de l’intérieur, Oul Merzoug, qui n’arrive pas à s’affranchir de sa perception d’être nommé par discrimination positive et d’assumer concrètement sa responsabilité dans le traitement de l’affaire.

    Au contraire, Oul Merzoug se soucie surtout de comment s’habiller et sortir sur les écrans. Ould Merzoug est l’un des cadres appartenant à la communauté des Haratines (les descendants des anciens affranchis). Il a bénéficié depuis des années du système de discrimination positive appliqué en Mauritanie par les différents gouvernements afin d’intégrer cette communauté des Haratines au processus de développement du pays et d’améliorer ses conditions.

    Oul Merzoug, l’actuel ministre de l’intérieur, avait été placé par l'ancien president mauritanien Maaouiya O. Taya à l'organisation de l’OMVS, mais il a été vite asservi par les sénégalais durant l’exercice de son mandat pour servir leurs intérêts. L’ex président sénégalais Abdoulaye Wade l’utilisait de manière facile et vulgaire pour des malversations dans la gestion de l’OMVS.

    Wade lui apportait tout son appui pour renouveler son mandat afin de continuer sa sale besogne de mauvaise gestion pour servir les intérêts de Wade. A la fin de son deuxième mandat à l’OMVS, Oul Merzouk a été arrêté et emprisonné par les sénégalais au temps du président Maky Sall pour des motifs liés à la mauvaise gestion de l’Organisation. Et c’est grâce à l’intervention de l’ex président Oul Abdel Aziz qu’il a été libéré de son arrestation à Dakar.

    Oul Abdel Aziz, malgré ses défauts, a ainsi affranchi Oul Merzoug de l’asservissement exercé sur lui par les Sénégalais qui l’avaient asservi et exploité à fonds dans leurs intérêts dans l’OMVS, et ce de manière intelligente, sans heurt diplomatique, et c’est d’ailleurs de bonne guerre dans les tiraillements qui arrivent entre états dans ces organisations.

    Cette situation était honteuse et déshonorante pour tous nos ressortissants à Dakar qui voyaient un compatriote appuyé et asservi par un autre pays pour les intérêts de ce pays.

    Quant au président Ghazouani, on ne doit pas lui demander plus que ses capacités. Pourtant de bonne éducation et de bonne foi, depuis plus d’une année, il distribue à gauche et à droite toute sorte d’avantages pour qu’on oublie les poursuites judiciaires de la décennie précédente et le laisser lui tranquille, lui donner la paix, car il a des craintes terribles et un embarras qui l’habitent. Il a gardé cette peur de son prédécesseur depuis qu’il le servait comme Chef d’Etat-major. Cette même peur l’avait poussé à bien garder le pouvoir pour son prédécesseur au moment où ce dernier était longuement hospitalisé. La même peur l’avait obligé d’accepter d’être candidat à la présidence en 2019, à la demande de son prédécesseur.

    La même peur l’oblige maintenant à faire passer le temps pour retarder les poursuites des personnes impliquées dans l’affaire de la dernière décennie. Une demande pressante et croissante d’une certaine opinion publique nationale et internationale au Président Ghazouani pour qu’il cesse de faire passer le temps pour retarder ces poursuites. Cette pression continue malgré les distributions des milliards aux populations face au coronavirus, mais aussi pour calmer cette demande pressante de cesser de faire passer le temps pour retarder les poursuites et récupérer les biens publics détournés dont la valeur est sans précédent dans l’histoire du pays et de la sous-région ouest africaine.

    La Mauritanie, aujourd'hui est gouvernée par le régime le plus faible qu'elle a jamais connu dans son histoire. Ce régime de Ould Ghazouani est le plus propice et le plus faible pour accepter une normalisation avec Israël. Cette normalisation avec Israël si la Mauritanie la fait, elle sera parmi les derniers pays à le faire. Mais le plus grave actuellement pour la Mauritanie ce n'est pas la question d'Israël. C'est le problème des poursuites judiciaires contre le régime de l'ex président Oul Abdel Aziz, cette gabegie qui a ébranlé le pays et qu’il faut traiter en toute urgence avant toute autre action.

    Sous l’ampleur des dégâts, le pays s’est affaissé mais il ne s’est pas encore écroulé. On peut espérer qu’il peut se relever, mais…mais…mais, le problème est que celui ou ceux qui ont causé les dégâts de la dernière décennie, il y a encore dans notre pays d’autres qui ont exactement leur profil, leur éducation, leur niveau, leur soucis. Et ces gens-là du même profil que lui, qu’eux, vont se dire que c’est faisable, qu’il faut qu’ils réalisent eux aussi exactement le même exploit que le copain qui était du même genre qu’eux, du même profil, qui ne pensait pas pouvoir ni devoir un jour s’occuper des affaires publiques à un si haut niveau. Alors, ces gens-là du même profil feront tout pour avoir leur décennie, leur tour comme Président de la république, avec un partenaire fidèle à l’état-major de l’armée et réaliser des exploits (dégâts) plus importants pour avoir une fortune au moins égale à celle amassée dans le régime précédent.

    Les copains se comparent entre eux. Et, cette fois, cette décennie-là, le pays ne va pas seulement s’affaisser, il va s’écrouler. Sauf sursaut venant de quelque part. Il va s’écrouler sur nous autres, sur tout le monde y compris ceux des dégâts de la dernière décennie et ceux du même profil qui vont venir faire la même chose demain ou après-demain dès qu’ils constatent que les dégâts précédents sont passés impunis malgré leur ampleur, OU QUE LEUR AUTEURS ONT PU GARDER TOUT OU UNE PARTIE DE CE QU’ILS ONT DETOURNE.

    EN GARDANT UNE PARTIE DE CE QU’ILS ONT DETOURNE, ILS SONT TOUJOURS GAGNANTS ET C’EST MOTIVANT POUR CE GENRE DE PROFILS POUR ALLER DANS L’AVENTURE.

    اللهم لا تؤاخذنا بما فعل السفهاء منا