04-01-2022 14:34 - Interview exclusive avec Mohamed Ould Bouamatou, patron du groupe BSA

Interview exclusive avec Mohamed Ould Bouamatou, patron du groupe BSA

Financial Afrik - « Ma présence en Mauritanie montre que les choses ont changé. Sinon je ne serais pas là»

Rentré d’exil depuis le 11 mars 2020, l’homme d’affaires mauritanien Mohamed Ould Bouamatou clame haut et fort son ambition de contribuer à l’émergence d’une Mauritanie prospère. Bénéficiant de l’abandon, par le nouveau régime du président Mohamed Ould Ghazouani, du mandat d’arrêt international lancé contre lui il y a trois ans, le banquier conjugue le présent avec espoir par une nouvelle décennie de construction et de réalisations.

Parlez-lui d’horizon 2050 pour une Afrique développée, M. Bouamatou n’y croit pas. Pour le patron du groupe éponyme Bouamatou Société Anomyme (BSA), le changement c’est maintenant. Présent à la quatrième édition des Financial Afrik Awards, tenue les 16 et 17 décembre 2021 à Nouakchott, il nous livre les raisons de son optimisme.

Vous êtes de retour dans votre pays après dix années d’exil. Croyez-vous que les choses ont réellement changé ?

J’en suis persuadé. Cette décennie dans laquelle nous sommes actuellement est celle de l’espoir. C’est aussi la décennie de la sérénité et de la quiétude. Avant, la Mauritanie traversait des années de plomb avec un gang de vautours et de rapaces qui ont pillé tout le pays et qui ont empêché qui que ce soit de faire des affaires à part un petit cercle restreint. Cela nous a malheureusement fait perdre toute une décennie.

Maintenant l’espoir renait avec le président Mohamed Ould Ghazouani. Déjà, ma présence en Mauritanie montre que les choses ont changé. Sinon je ne serais pas là. J’ai été en exil pendant des années et je suis loin d’être le seul parce que de nombreux hommes d’affaires ont aussi été dans le même cas que moi. Je suis sûr qu’avec cette nouvelle décennie, nous aurons la sécurité alimentaire, l’égalité entre les gens, la quiétude, l’encouragement pour de nouveaux investissements et la relance des affaires. Il y a de l’espoir. Il y a une certaine sérénité. On dort l’esprit tranquille, ce qui n’était pas possible avant. Il y a du changement.

Les gens qui étaient au pouvoir avant utilisaient le pouvoir comme un raccourci pour s’enrichir. Il (l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz, ndlr) avait une fois déclaré qu’il est pauvre et est le président des pauvres, qu’il avait seulement une foreuse pour forer. Dix ans, après il revient dire qu’il est devenu riche, qu’il est milliardaire et que ses milliards vont continuer à augmenter. Vous avez déjà entendu un seul chef d’Etat au monde déclarer qu’il est devenu riche et que sa fortune va augmenter ? A-t-on déjà entendu ça dans toute l’Afrique ? La réponse est juste non.

Alors je suis persuadé que cette nouvelle décennie est la bonne et sera la décennie de l’autosuffisance alimentaire et de l’émergence de la Mauritanie.

Croyez-vous à une Afrique développée d’ici 2050 ?

Je ne crois pas à des projections aussi éloignées. Donner des projections pour 2050, c’est du bluff. Le temps va très vite, les choses vont vite. Il faut faire des projections sur le court terme, une dizaine d’années par exemple, pas plus. Personnellement, je crois en la prospérité de la Mauritanie. Notre pays est déjà prospère et riche. La Mauritanie a 600 kilomètres de côtes et 600 kilomètres de fleuve.

En plus de cela, nous avons des mines d’or et des mines de fer. La Mauritanie a déjà tout pour être riche. Si l’on faisait ce que fait le Maroc dans le secteur de la pêche qui a un milliard cinq cent mille emplois, nous n’aurions aucun chômage ici. Donc il faut que l’on s’inspire de l’exemple du Maroc.

Concernant l’autosuffisance alimentaire, comment est-ce possible que la Mauritanie qui a le fleuve Sénégal puisse importer des légumes ? Vous avez déjà vu un seul pays au monde qui importe des légumes ? Ça n’existe pas. Alors, voilà autant d’exemples qui prouvent la décennie de plomb qu’avait instaurée l’ancien régime.

Je suis vraiment confiant qu’avant la fin du mandat du président Ghazouani, le pays n’importera plus de légumes. Nous serons autosuffisants. Et je suis sûr que c’est un objectif que nous pouvons atteindre.

Quelles sont vos perspectives d’investissement en Mauritanie ?

Tout ce qui est possible. Je suis un investisseur et je m’intéresse à tout. Il faut que la Mauritanie offre aux investisseurs la liberté d’exercer. L’Etat doit être garant et non gérant. L’Etat ne doit pas faire la concurrence aux hommes d’affaires. Il doit plutôt leur donner la possibilité de se développer, il doit les soutenir. C’est ça le rôle de l’Etat.

Pourquoi la Mauritanie ne pourrait pas être aussi développée que Dubaï ? La Mauritanie a les moyens de devenir le Dubaï de l’Afrique de l’ouest au courant de cette décennie. Nous pouvons le faire.

Que dites-vous aux investisseurs étrangers qui souhaitent investir dans votre pays ?

Qu’ils viennent investir. Que la Mauritanie n’est plus ce qu’elle était avant avec l’autre régime. Ils ne seront plus obligés de faire des courbettes à qui que ce soit. Ils ne seront plus obligés de passer par les membres du gang qui était ici.

C’est fini tout ça. Ils n’auront qu’à investir dans des projets transparents. Mais je leur dis de faire en Mauritanie ce qu’ils feraient dans leur propre pays et avoir un comportement irréprochable.

Par Amadjiguéne Ndoye



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Commentaires (4)

  • Sahelien-morali (H) 07/01/2022 14:08 X

    Bouamatou est un grand monsieur, quel que soit ce qu’on dit sur l’origine de ses affaires, il s’est affirmé avec respect et avec un rôle social et économique incontestable. En plus il s’est affirmé sur le plan international et cela est plus important que le reste. C’est important pour nous mauritaniens bédouins recroquevillés sur nous-mêmes d’avoir un des nôtres qui est ouvert sur la modernité qui nous entoure au Nord au Maghreb, à l’Ouest au Sénégal et ailleurs en Europe et ailleurs et ailleurs. Cette modernité qui est là et dont nous ne profitons pas. Bouamatou a ses carnets d’adresses là dans. Bouamatou devrait rester grand et ne pas s’acharner contre son cousin Oul Abdel Aziz. A notre avis, il devrait faire comme fait Oul Ghazouani qui est resté grand vis-à-vis de son ancien collègue et ami. Il laisse la justice suivre son cours, il laisse le peuple et la société s’exprimer librement sur le sort que mérite Oul Abdel Aziz, mais il ne se mêle pas lui-même de la chose. Bouamatou aussi est supposé être du même niveau de grandeur d’esprit, de sagesse. Des gens comme Ghazouani, Messaoud, Bouamatou, Boidiel, Sarr, n’ont pas de complexes, leur éducation les empêche de s’acharner outre mesure sur Oul Abdel Aziz qui est déjà entre les mains de la justice et malade. Donc à quoi bon de s’acharner contre lui sauf pour certains petits ministres complexés et vindicatifs de bas niveau qui n’ont pas d’éducation. Leur acharnement contre Oul Abdel Aziz risque de biaiser le cours du processus judiciaire. Ce genre de petits ministres complexés avaient déjà collé à l’ex président feu Sidi Oul Cheikh Abdellahi et l’avaient mal conseillé et embourbé dans les problèmes. Le président feu Sidi n'était pas un homme politique, il était un haut et ancien cadre de l’administration de longue expérience, un homme pieux, de haute éducation, mais pas un homme politique. La présidence n'était pas son projet. C'est feu Ely Oul Mohamed Val (cousin de l'épouse de Sidi) qui a préparé Sidi pour être président. Feu Ely et l'ancien président Oul Abdel Aziz avaient préparé Sidi, l'avaient appuyé et installé à la présidence. Le mérite leur revient à eux seuls (Ely et Aziz) dans le processus de démocratie exécuté en 2007. Sidi n'était qu'une pièce du processus. Mais son entourage l’avait poussé à se mettre en conflit avec les militaires de façon maladroite, et le résultat est affreux, nous en vivons les séquelles jusqu’à aujourd’hui. Le même entourage de basse éducation, sans sagesse et sans vision d’avenir, revient aujourd’hui coller au Président Ghazouani. Mais fort heureusement avec une différence cette fois, dans l’entourage il y a Bouamatou. Une autre différence est que Ghazouani a une fibre guerrière et militaire que feu Sidi n’avait pas, et de ce fait ils ne pourront pas le tromper et l’embourber.

  • hamaodo (H) 05/01/2022 17:10 X

    bouamatou soit modeste et n'insulte pas l'histoire;tu dis le gang qui etait ici mais toi tu as donne 3 milliards a ce chef de gang ;tu as aidé a son Election;et tu voulais qu'il te donne tous les marchés ouverts et cachés ;il a REFUSE d'ou votre guerre.faut te taire ;gang toi aussi tu as un gang; ***

  • LA VERITE SUR LA MAURITANIE (H) 04/01/2022 16:37 X

    Mohamed ould bouamatou est un homme très riche, il a amassé un important patrimoine tout au long de sa vie d’une manière honnête et juste. Si Ghazouani veut réellement que la zone Franche de NDB décolle, il devrait nommer Mohamed ould bouamatou Président de cette Autorité. Lorsque François Mitterrand décide en avril 1992 de remplacer son Premier ministre, Édith Cresson, par Pierre Bérégovoy, il impose à ce dernier la présence de Bernard Tapie un richissime homme d’affaire au sein du gouvernement pour justement résoudre les problèmes urbains. Bernard tapie fut un excellent ministre de la Ville. Mohamed ould bouamatou est un homme compétent, pragmatique et déterminé

  • Letricheuroul (H) 04/01/2022 15:59 X

    Mr Bouamattou, qu’est ce qui peut vous opposez à votre cousin président de la republique a qui vous avez soutenu et demander a l’ensemble des mauritaniens qui vous aimes de voter Aziz, vous avez donné de l’argent a certains et d’autres vous avez donnés autres choses, mais ce qui est surprenant juste après son élection, il y’a votre exil, aujourd’hui vous parlez de sa richesse comme un crime contre l’humanité, celui qui connait Aziz doit connaitre que la famille et la tribu Bousbaah vénéré l’argent comme un Dieu, il préfèrent l’argent au prophète et à commencer par vous banquier et homme d’affaire, un vrai mercenaire de l’argent. Ce qui est sûr et certain, Aziz devra rendre compte de sa richesse, parce qu’il ne peut être président de la république et autres choses en même temps, je ne suis pas d’accord avec le traitement fait a Aziz un ancien président, votre lobby sur la justice est de trop, l’exécutif est faible.