18-03-2023 18:00 - Mauritanie - Élection législative, municipale et régionale : le regard d’un citoyen

Mauritanie - Élection législative, municipale et régionale : le regard d’un citoyen

Mouhamed Sarr - Le mois de Mai 2023, la Mauritanie organise des élections législatives, municipales et régionales très spéciales particulièrement pour les jeunes. Comme vous le savez déjà, il est prévu une liste pour les jeunes.

Une très bonne chose pour certains, mais pour d’autres, la démocratie ne se limite pas à l’introduction d’une liste de jeunes qui participeront à des élections ou à un pourcentage réservé aux femmes. Par conséquent, il est temps que la Mauritanie se remette en question sur ce qui est la démocratie.

Néanmoins, cette élection bien que particulière devra faire face aux défis majeurs de l’heure en termes d’inscription sur la liste électorale, de contribution de la liste des jeunes, du contenu du discours et de l’apport de la presse. Mais, avant de nous étaler sur les défis, il faut parler de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

La CENI est l’organisatrice principale des élections en Mauritanie avec l’appui du ministère de l'Intérieur et de la décentralisation. Une CENI qui est en principe un organe indépendant, mais comment une organisation où les membres pour la plupart sont des représentants des partis politiques peut-elle véritable être indépendante en l’absence de la société civile qui n’est pas représentée pour être un témoin de l’histoire. (Accord entre les partis politiques)

À tort ou à raison, il faut revoir le fonctionnement de cette CENI, afin qu’elle soit plus représentative de la volonté citoyenne et non de nos partis politiques. Les parties prenantes doivent s’accorder à une CENI plus inclusive (personnalité indépendante, les partis politiques et la société civile), mais l’Etat doit avoir la volonté d’aller plus loin en termes de transparence dans les élections et d'introduire la carte électorale biométrique à l’instar des autres pays.

L’inscription sur la liste électorale est primordiale pour tout citoyen désireux de participer aux jeux démocratiques en exprimant son point de vue par le vote (sanction, continuité ou changement).

Pour cette élection, tout citoyen mauritanien peut s’inscrire sur la liste électorale et voter sans tenir compte de son lieu de résidence, ce qui a pour conséquence une gabegie organisée qui se trouve sur les lieux de vote.

La mobilisation des “samessaras“(courtiers) politiciens chargés de regrouper, recruter et organiser les citoyens inconscients ou victimes de promesse électoraliste.

Pour comprendre, voilà, une personne qui habite à Nouakchott sud dans la commune d’Arafat par exemple, qui fait le choix dans cette élection municipale où il faut choisir la personne qui va administrer la commune d’Arafat où elle vit lui est sa famille, elle décide d’aller voter dans une autre commune comme le Riyadh. Peut-on expliquer la décision de cette citoyenne, qui laisse sa maison en train de bruler, afin d’aller aider le voisin à se prémunir contre le feu ?

Une situation apparemment, qui ne dérange personne ni la société civile, ni les partis politiques et la CENI, voilà à quoi se résume notre jeu démocratique en Mauritanie.

Néanmoins, il est important d’attirer l’attention de nos concitoyens sur le fait que cette élection a comme objectif, le choix des personnes locales conscientes des enjeux de ces postes (maire, Conseil municipal, conseil régional et député) et ont les compétences nécessaires pour mener à bien objectif commun qui est le développement local.

Mais dans cette cacophonie, il y a un enjeu de représentativité par rapport aux postes au niveau du gouvernement. Effectivement, l’État central ne considérait que la représentativité dans les localités d’origine.

Si on se réfère à ce raisonnement pour que le leader et la localité soient considérés, les citoyens doivent s’inscrire massivement dans leurs localités d’origine pour aider leur leader politique et par la même occasion leur localité. L’État apprécie en fonction des forces de représentativité dans les localités d’origine.

La liste des jeunes, une décision politique dont je ne comprends pas la pertinence. C’est quoi l’objectif ? Promouvoir les jeunes sur-le-champ politiques ? Une occasion de plaider pour les femmes et interpeller la CENI, les partis politiques, L’Etat et les défenseurs des droits des femmes sur le respect de la loi instituant le quota de 20% accordé aux femmes, mais particulièrement lors des installations des bureaux municipaux les hommes politiques ont tendance à écarter les femmes en les reléguant aux rangs de conseillères simples ou maire adjointe pour le prestige sans rôle véritable.

Par rapport à la liste des jeunes, bien que je n’aie pas compris la pertinence, il faut faire attention d’élire des “haut-parleurs“ ou des jeunes de prestige. Par conséquent, nous attendons une liste de jeunes convaincus et engagés qui vont impulser de l’espoir chez la génération future, avec une nouvelle approche de faire de la politique, qui prend en compte la réalité du pays avec une ouverture au monde et conscient des enjeux (le changement de mentalité, développement local et la paix.).

Chers Jeunes candidats ; il ne sert à rien d’avoir des lois fortes, s’il n'y pas d’hommes justes capables de les appliquer. Quand on parle de développement, on parle de l’être humain, mais si cet être humain se trouve dans un environnement d’instabilité sociale, il ne peut y avoir de développement, alors qu’il souffre de cohésion et d’équité.

En résumé, nous sommes à la recherche du nouveau type de politicien proche de son peuple. Comme disait Joseph Joffo, « Par la jeunesse vient la promesse d'un avenir meilleur ! »

Mais nous ne pouvons avoir ce nouveau type de politicien si le discours ne suit pas. Effectivement, cette élection est le point de départ pour véritablement impulser une dynamique chez les hommes, femmes et jeunes politiques et leaders d’opinions à élever le niveau du débat. Il doit être responsable ,avec des valeurs de moralité irréprochable, des discours de stabilité, de justice, d’équité et de cohésion.

En outre, toutes vos actions, actuelles et futures, le bien-être de l’humain doit être au cœur. Il est véritablement temps de tenir un langage de vérité avec la population. En-tout-cas, il nous faut des hommes de valeurs dans les mairies, les régions et à l’assemblée.

Les médias sont considérés comme le quatrième pouvoir qui manquent d’effectivité en Mauritanie pour différentes raisons (manque de formation, manque de moyens, la loi, protection et ligne éditoriale, ingérences etc…), même si certains font de leur mieux pour rester indépendants.

Le rôle des médias est de sensibiliser et d'informer le grand public à comprendre les procédés et le fonctionnement du gouvernement et comment les décisions sont prises aux plus hauts niveaux, peuvent l’affecter.

L’information est un droit constitutionnel, par conséquent un bien public alors indispensable à la bonne marche de la démocratie.

Chers médias la démocratie ne se limite pas à « un homme, une voix ». Mais la démocratie, c’est « un homme informé, une voix ». Par conséquent votre rôle est extrêmement important à l’instar d’autres pays comme le Sénégal où les médias suivent le processus des élections avant, pendant et après (pré campagne, campagne et post campagne).

MIS 



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Source : Mouhamed Sarr
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