27-02-2024 14:53 - Compter Pour Toutes : Pour des données fiables et complètes sur les violences sexistes et sexuelles en Afrique de l'Ouest !

En Afrique de l'Ouest, les violences sexistes et sexuelles sévissent avec des
conséquences graves tant sur les victimes que sur le statut des femmes.
Au Bénin,
entre 2019 et fin mars 2023, les structures de prise en charge ont enregistré 78 233
cas de violences infligées aux filles et aux femmes, selon le Système Intégré des
Données relatives à la Famille, la Femme et l'Enfant, Nouvelle Génération
(SIDoFFE-NG).
En Guinée, 95 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont déclaré
avoir été victimes d'excision1. Au Burkina Faso, les données révèlent que 44 % des
femmes mariées l'ont été avant l'âge de 18 ans, tandis que 16,2 % des femmes en
âge de procréer ont subi des violences au sein de leur foyer. En Mauritanie, le viol
demeure un crime impuni, non défini dans les textes de loi du pays.
Au Niger, une
étude sur l'ampleur et les déterminants des Violences Basées sur le Genre, menée
en 2021, indique que plus de 38 % des femmes ont été victimes de telles violences.
Ces chiffres ne capturent pas toutes les histoires des femmes et des filles qui restent
invisibles en raison du manque de données qualitatives. Ces histoires non reflétées
dans les statistiques, nient les souffrances silencieuses, et les luttes quotidiennes
auxquelles sont confrontées.
Les représentant·e·s du système judiciaire, des forces de l'ordre, des services
sociaux, du secteur de la santé et de la société civile, ont exprimé lors d’ateliers de
concertation, dans nos pays, à quel point le manque de données handicape leur
efficacité dans cette lutte.
Sans données précises, récentes, fiables et complètes sur
les violences sexistes et sexuelles en Afrique de l'Ouest, il est difficile d'évaluer
l'efficacité des politiques existantes, de concevoir de nouvelles stratégies ou
d'allouer les ressources nécessaires pour lutter contre ce fléau. CELA DOIT
CHANGER !
Il est impératif d'agir de manière décisive pour garantir la sécurité de TOUTES les
femmes et les filles. Mais comment mieux agir si nous n’avons pas une idée
concrète de l’ampleur du problème ?
Nous, féministes d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali,
Mauritanie, Guinée, Niger, et Sénégal) à travers notre campagne de mobilisation
sociale et politique régionale Compter Pour Toutes, exhortons nos gouvernements
à investir davantage dans la collecte et l'analyse de données qualitatives et
quantitatives spécifiques sur les violences sexistes et sexuelles.
Nous demandons :
● Le renforcement des systèmes de collecte de données existants et la
mise en place de nouvelles méthodes innovantes pour garantir une
couverture exhaustive de tous les aspects de ces violences : Cela
implique une série d'actions visant à améliorer la qualité et la fiabilité des
données recueillies sur les violences sexistes et sexuelles ; la révision et la
mise à jour régulière des protocoles de collecte de données pour garantir une
approche cohérente et standardisée dans tous les secteurs ; la formation et la
sensibilisation du personnel chargé de collecter ces données.
● L'allocation de ressources adéquates à la collecte et l'analyse de
données qualitatives et quantitatives sur les violences sexistes et
sexuelles : Il est essentiel que les gouvernements allouent des ressources
financières, humaines et technologiques suffisantes pour soutenir la collecte,
l'analyse et la gestion des données sur les violences sexistes et sexuelles.
Cela comprend le financement de l'acquisition et de la maintenance des
équipements essentiels ; le soutien financier aux activités de terrain et aux
enquêtes ; le recrutement et la formation d'un personnel qualifié et compétent
pour collecter, saisir et analyser les données de manière précise et sensible,
tout en assurant une gestion sécurisée et confidentielle des informations
recueillies.
● La promotion de la collaboration intersectorielle doit être améliorée
entre les différents secteurs impliqués dans la collecte et l'utilisation des
données, y compris la justice, la santé, l'action sociale, la police et la société
civile, afin d'assurer une approche holistique et intégrée. En consolidant la
collaboration intersectorielle, nous pourrons comprendre les dynamiques
complexes, identifier les lacunes dans les systèmes de prévention, de
réponse et coordonner efficacement les politiques publiques pour y remédier.
Nous exhortons donc les gouvernements de la région à prendre des mesures
concrètes en inscrivant une ligne budgétaire, dans les lois de finances, en
faveur de systèmes de collecte de données fiables et complets. AGISSONS !
#JeComptePourToutes
Signataires : ( CLIQUEZ ICI)