01-05-2024 11:09 - L'Editorial du Calame : Au service réel du peuple

L'Editorial du Calame : Au service réel du peuple

Le Calame - Ces temps-ci, on reparle beaucoup de la Zakat el Mal, ce troisième pilier de l’islam et obligation religieuse pour tout(e) musulman(e) disposant d’un revenu annuel supérieur à 255 000 MRU (1).

Sous la plume de notre collaborateur le professeur Moussa Hormat-Allah (2), Le Calame s’était fait le chantre de l’institution en notre république islamique d’une Administration nationale de la zakat (ANZ). Avec succès, puisque le président de la République fit approuver par le Conseil des ministres le 22 décembre 2022 le projet d’un décret fondant le « Beyt Mal Zakat de Mauritanie » (3).

Mais si le travail de Moussa a éveillé bien des consciences en hauts lieux, il a également inquiété les vautours planant à proximité de ceux-ci. Il semble en effet évident qu’un certain nombre d’entre eux se soient ligués pour édulcorer, sinon tuer dans l’œuf, le caractère éminemment révolutionnaire de cette ANZ visant surtout à « éradiquer la pauvreté et la précarité dans notre pays ».

Notre collaborateur était depuis longtemps conscient de cette menace, lui qui insistait sur la nécessité de donner une autonomie réelle à cette nouvelle institution en la dotant d’une « légitimité constitutionnelle » qui l’autoriserait à « gérer elle-même ses ressources et sa comptabilité, sous le regard d’un cabinet international d’experts indépendants l’auditant chaque année et publiant ses résultats sur son propre site ».

On est aujourd’hui fort loin de ces précautions, comme en témoignent le contenu de l’arrêté conjoint n°0391 du 12 Avril 2023 et le suivi qu’en a rapporté notre ami (4). Va-t-on encore voir un projet vraiment novateur et structurel pour l’avenir de notre nation capoter sous les coups tordus des rapaces de la république ?

La question est d’autant plus vive que, bien gérée, la zakat apporterait à des centaines de milliers de personnes éligibles un revenu mensuel constant de l'ordre de 40 ou 50.000 MRO par chef(fe) de famille.

Une manne d’autant plus facilement distribuable, au demeurant, que se développeraient les fameuses Solidarités de Proximité (SP) que préconise Ian Mansour de Grange, un autre de nos collaborateurs (5). Oui, nous travaillons au Calame et certes pas d’abord pour nos intérêts personnels…

Ahmed Ould Cheikh

NOTES


(1) : L’équivalent de 85 grammes d’or. Le taux d’imposition est de 2,5% des revenus à partir de ce plancher.

(2) : Voir notamment lecalame.info/?q=node/7552 et http://lecalame.info/?q=node/7579

(3) : Voirhttps://ami.mr/fr/archives/213408 et http://lecalame.info/?q=node/14131

(4) : https://www.msgg.gov.mr/sites/default/files/2023-07/J.O.%201534F%20DU%2030.05.2023.pdf et www.lecalame.info/?q=node/15705

(5) : Voir notamment l'article "Citoyenneté et nationalité - III" publié cette semaine en cette édition N°1385 du Calame.



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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 01/05/2024 16:50 X

    La zakat est le seul impôt direct sur le revenu en Mauritanie. Elle a l'originalité de laisser son contributeur décider de la destination de sa contribution sociale volontaire. Qui accepterait sans contrainte, où que ce soit dans le monde, de confier un impôt de cette caractéristique à une agence gouvernementale ?.......... Le problème pour certains est d'oublier que l'Islam est aussi religion de liberté: la zakkat est l'impôt librement consenti et accompli.... Le problème pour d'autres est qu'ils oublient que l'Islam Saharo-sahélien est un fondamentalisme au sens stricte du mot et qu'il est encore relativement préservé dans les esprits! Abou Bakr As-Siddiq, est-il ressuscité ? A-t-il désigné Othman Ibn Affân comme administrateur?( hachahoum). Les imitants prétendraient-ils à la nature des imités ? Alors qu'ils le démontrent par le bilan et les résultats du comportement économique global de leur génération............ Mais que d'autres se rassurent : s'il ne s'agit que de créer des bureaux et des emplois, pourquoi pas? Mais pas avec la zakat des mauritaniens. PS: les gens du Calame font honneur à leur profession par leur sérieux et attachement éprouvée à la liberté. Eux au moins, quand ils se trompent, c'est de bonne foi.