22-11-2024 17:10 - Le récit de Mariam : une douleur sans fin | L'excision, un mal incurable qui fait des ravages

Le récit de Mariam : une douleur sans fin | L'excision, un mal incurable qui fait des ravages

L'AUTHENTIQUE - Mariam, 27 ans, réside dans le village de Bagoueinitt, situé dans la commune d’Aïn Farba, une petite localité isolée du Hodh Gharbi. Ce village se trouve à 63 km de la route de l’Espoir et à 123 km d’Aïoun, la capitale régionale.

La vie y est modeste mais éprouvante : les services de santé sont quasiment absents, et les traditions, même les plus préjudiciables, continuent d’imposer leur emprise sur le quotidien.

Il y a six mois, Mariam a donné naissance à sa première fille, Kethoum, après trois garçons. Elle était ravie d’avoir enfin une fille, un rêve qu’elle nourrissait depuis son mariage à 18 ans. La petite Kethoum était sa fierté, une lumière dans sa vie.

Mais dans leur communauté, une croyance profonde persiste : une fille doit être excisée pour être considérée comme "propre" et "mariée un jour". Malgré ses doutes, Mariam a subi la pression de sa belle-famille et des anciennes du village. "C'est pour son bien, pour son honneur," lui ont-elles dit.

Le jour fatidique est arrivé. Une exciseuse locale, sans formation médicale, a été appelée. Kethoum, alors âgée de deux mois à peine, a crié de douleur alors que l’excision était pratiquée. Mariam, le cœur serré, ne pouvait qu’assister, impuissante.

Quelques heures plus tard, le drame s’est produit. Kethoum a commencé à saigner abondamment. Sa petite fille, si fragile, s’affaiblissait à vue d’œil. Mariam a supplié son mari et ses voisins de chercher de l’aide, mais le centre de santé le plus proche était à des heures de marche, et personne ne possédait de moyen de transport. Avant la tombée de la nuit, Kethoum a rendu son dernier souffle dans les bras de sa mère.

Le silence pesant du village s’est installé. Mariam était dévastée, inconsolable. Les paroles de réconfort des autres femmes lui paraissaient vides. "C’est la volonté de Dieu," disaient-elles. Mais au fond d’elle-même, Mariam savait que cela n’était pas la volonté de Dieu.

Aujourd’hui, Mariam est déterminée à ce qu’aucune autre mère de son village ne vive ce qu’elle a vécu. Avec l’aide de l’ONG ODZASAM et l’appui financier de l’UNFPA , elle participe à des séances de sensibilisation sur les dangers de l’excision et milite pour que les traditions néfastes soient abandonnées. "Ma petite Kethoum est partie, mais si son histoire peut sauver d’autres filles, alors son sacrifice n’aura pas été vain," dit-elle, les larmes aux yeux.

NB : Ce récit vise à montrer l’impact humain des MGF, tout en soulignant l’importance de la sensibilisation et de l’éducation pour prévenir ces tragédies.

Publié par Aidara cheikh





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 7
Lus : 1005

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (7)

  • Buwuelm (H) 29/11/2024 01:59 X

    Cher coéquipier, merci pour avoir pris le temps de m’expliquer ce que j’ignorais. Par ce geste, vous avez fait preuve de grandeur. J’ai toujours eu plaisir à lire vos contributions sur les pages de CRIDEM. Je suis d’accord avec @pyranha qui avait en Juin 2024, donné une bonne note à vos commentaires, même si de temps à autre, agacé, il n’hésite pas à charger des individus comme moi. Je l’ai compris par la suite, il est devenu très intéressant pour moi et je le guette sur toute nouvelle page de notre cher site. Il avait cité un certain Sidialy, que vous êtes certainement. @ouldsidialy, vous et moi, ne sommes pas censés écrire ou parler la langue de Molière à merveille. Nous avons tous, des lacunes que nous acceptons volontiers. Le lait maternel qui nous a nourris n’est pas français. Nous sommes des locuteurs d’une langue qui n’est pas la nôtre. Je ne saurais terminer ce texte, sans souhaiter un bon lendemain de fête d’indépendance à tous mes compatriotes. Pensée pieuse pour tous ceux sont morts dans des conditions injustes. Que ALLAH nous garde !

  • ouldsidialy (H) 28/11/2024 18:21 X

    @Buwuelm (H) Merci pour vos remarques et contributions précises. Je crois que nous sommes d'accord et pensons la même chose, avec parfois des propos parallèles. Pour ce qui est de la façon de les dire, j'écris comme je parle. Je suis assez indifférent envers la qualité de mon français ou de toute langue que je parlerais, dans un contexte web. En revanche, je suis plus préoccupé par l'intelligibilité de ce que je j'écris. Là dessus, j'ai des efforts à faire. il faudrait que je me relise mieux donc prendre du temps. "Penser à mal" ou "penser à bien" relève peut être du français parlé; quelqu'un de plus attaché aux règles du français ou plus passionné des langues, ne l'écrirait peut être pas ; votre correction et certainement meilleurs. Encore merci.

  • Buwuelm (H) 26/11/2024 10:57 X

    A. ouldsidialy écrit : « l'excision est un ravage ». Je pense que l'excision en elle-même n’est pas un ravage, mais elle en fait plutôt. En Afrique, chaque année, des milliers de fillettes décèdent suite à l’ablation de l’un des organes de leur système génital. Ailleurs, quelques rares sociétés conservent ces traditions. Dans mon commentaire précédent, j’ai évoqué l’excision pratiquée sur les jeunes garçons sans la décrier, la considérant, moins dévastatrice que chez les fillettes. En réalité, c’est l’excision des filles qui pose problème, surtout si elle n’est pas entourée de mesures drastiques d’hygiène et de sécurité, comme c’était le cas pour Kethoum. B. Le commentateur termine son texte par : « Comment faire mal, sans penser à mal, tout en pensant à bien ». Je voudrais bien comprendre cette phrase, mais cela ne passe pas. Personnellement, et pour plus de concordance, j’aurais remplacé les deux prépositions « à » par « au » (à + le), pour avoir la phrase suivante : Comment faire mal, sans penser au mal, tout en pensant au bien. Simple question. Je serai édifié après, peut-être.

  • ouldsidialy (H) 25/11/2024 21:18 X

    Oui, l'excision est un ravage ! Une tragédie aussi, qui peut s'appeler " Comment faire mal , sans penser à mal, tout en pensant à bien"

  • Buwuelm (H) 25/11/2024 02:43 X

    Ce n’est pas parce que Kethoum n’avait que deux mois, qu’il faut minimiser ou banaliser ce qui lui est arrivé. Dès que l’embryon se forme, un être est créé et il a des droits comme tout humain. Je suis certain que si ce drame était arrivé à un enfant dont l’âge se situe entre cinq et dix ans, suite à l’excision de son prépuce au moyen d’objet non stérilisé et dans des mêmes conditions que celles réservées à la fille de Mariam, le traitement de son cas, ne serait pas pareil à celui du nourrisson. Les parents du garçon auraient remué ciel et terre pour que le coupable soit traduit en justice. Hélas, Kethoum n’avait vécu qu’un bimestre au moment du drame, ce que certains abrutis pouvaient considérer à tort, comme insignifiant. Apparemment, deux pressions ont été exercées sur la mère de la petite. Une première fois, pour qu’elle donne son accord pour l’excision et une deuxième pour ne pas engager des poursuites contre ceux ou celles qui ont involontairement causé le décès. Maintenant, un autre problème se pose. C’est l’affirmation suivante : « MAIS AU FOND D’ELLE-MÊME, MARIAM SAVAIT QUE CELA N’ÉTAIT PAS LA VOLONTÉ DE DIEU ». Cette phrase est-elle de Mariam ou de l’auteur de l’article ? Deux cas de figure se présentent : 1) Si elle émane de Monsieur, ce n’est pas très grave. Il a exprimé ce qu’il croit être la pensée de Mariam, même si cela suscite quelques interrogations. 2) S’il s’avère que ces propos sont attribués à la femme, la donne change. En effet, ces dires laissent penser que la mort de Kethoum est suspecte. Pour cela, elle doit dire tout haut, ce qu’elle pense tout bas. Aussi, elle permettrait d’éclairer la lanterne de tous les assoiffés de vérité. Pour ce qui est de l’expression : « CELA N’ÉTAIT PAS LA VOLONTÉ DE DIEU », il est extrêmement rare de voir quelqu’un utiliser la forme négative. Cependant, des criminels et autres faiseurs de mal pourraient se cacher derrière la forme affirmative, pour stopper net, toute tentative pour les découvrir. Tout bon musulman sait que toutes les situations sont régies par la volonté divine. Pour le cas de Kethoum, l’expression : « C’est la volonté de Dieu » est une vérité absolue. Elle est prononcée, mais après la manifestation de la vérité. Il n’est permis à personne, de découvrir un mort, d’appeler quelques individus pour l’ensevelir et dire après l’inhumation : « c’est la volonté de Dieu ». L’un des attributs d’ALLAH est الحقّ (Al حaqqu- Le Véridique). Le socle de toute chose, doit être LA VÉRITÉ.

  • Buwuelm (H) 23/11/2024 20:58 X

    Monsieur Aidara Cheikh ne fait pas mention de l’ouverture d’une enquête. Si le dossier n’est pas traité judiciairement comme il faut, c’est une erreur et c’est là, le hic. Personnellement, je fais partie des individus qui dissèquent les informations en vue de faire la part des choses. Un mal intentionné de l’entourage de la mère de la fille (famille ou belle-famille), pourrait bien être derrière cette opération, avec des arrière-pensées sordides. C’est une simple supposition. Le 21ème siècle semble drainer son lot de haine et de violence ; aucune société n’est épargnée. Il est écrit dans le second paragraphe : « les services de santé sont quasiment absents ». Ceci ne justifie pas l’utilisation d’objets tranchants (rouillés peut-être), pour pratiquer une chirurgie hasardeuse. Si cette opération avait été pratiquée à côté d’un poste de santé, dans une autre ville, même clandestinement, cette perte de sang ayant causé la mort de la fille, aurait pu être évitée, avec l’intervention d’un personnel de santé qualifié, présent sur les lieux. La pression subie par Mariam, pourrait ne pas être fortuite et pour cela, il faut aller au bout du raisonnement. Dans le cas de « mort d’homme », aucune piste ne devrait être négligée. Seule une enquête sérieuse peut mener à la vérité. Je suis pour qu’une organisation féminine de défense des droits humains, dépose plainte contre X, pour que la Justice étudie la séance de l’excision de Kethoum et les conditions dans lesquelles elle s’était déroulée. C’est la condition sine qua non pour situer les responsabilités et les conséquences qui s’y rattachent. Que ALLAH nous préserve des usurpateurs de fonctions sanitaires.

  • Buwuelm (H) 23/11/2024 01:46 X

    Cette histoire est révoltante. Cette pratique est condamnable. Après ce qui pourrait être assimilé à un crime, que dit la justice ? Surtout, que l’exciseuse n'aurait subi aucune formation dans ce sens.