30-08-2025 18:03 - A qui profite la Transition énergétique ?

A qui profite la Transition énergétique ?

Initiatives News - Depuis quelques années, la notion de transition énergétique est au cœur de tous les débats sur les politiques et les stratégies de développement. Elle suscite aujourd’hui des avis divergents et des positions souvent contradictoires.

Au-delà de la définition du concept le débat se situe plutôt sur des interrogations qui relèvent de l’intérêt et surtout de la portée que cette nouvelle donne va créer dans les rapports entre un monde déjà suffisamment industrialisé et un monde ou la majorité, encore aux antipodes de tout développement, continue toujours de considérer l’énergie comme un luxe.

La plupart des discussions tournent autour des questions suivantes : Pourquoi parle-t-on de transition énergétique ? A qui profite cette transition énergétique ? Quelle position l’Afrique doit adopter face à cette nouvelle donne ?

En effet l’homme, depuis sa création, a toujours connu des transitions dans toute son évolution naturelle . Il est passé de l’âge de la main nue ou il utilisait sa force physique brute à celle de la pierre , un prolongement de la main , de la force du feu à celle de machine à vapeur pour arriver à l’âge plus récente de la grande industrialisation au début du 19eme siècle.

Quand on observe cette évolution on comprend alors aisément que l’homme a toujours su adapter ses besoins en force, ou en énergies selon son niveau de développement. Même si l’expression de transition énergétique est récente, « la tradition de transition », elle est aussi vieille que le monde. Parler donc de transition ne devait donc surprendre personne. Mais on se pose la question pourquoi cette notion dérange tant.

Jusque dans un passé récent, l’action anthropique de l'homme sur la nature était considérée comme un fait normal qui participe à l’équilibre général de l’écosystème. Le fameux cercle en était une parfaite illustration.

Mais avec l’avènement de la grande industrialisation suivie par l’explosion démographique et une urbanisation accélérée, nous avons assisté ces dernières années à des phénomènes naturels jusque là inconnus comme la montée des températures, l’effondrement des glaciers du pôle nord, l’élévation du niveau des océans, les grandes sécheresses ainsi que des pluies torrentielles suivies d’inondations.

Suite à ces constats, même les climato sceptiques les plus zélés ne peuvent plus écarter le lien entre la dégradation de l’environnement et les émissions de gaz à effet de serre qui proviennent en grande partie de l’exploitation des énergies fossiles à savoir le pétrole et le gaz.

De la conférence de Rio à celles des différentes COPs, les avis des spécialistes sont unanimes ;Notre univers encourt des risques énormes et récurrentes donc des mesures fortes doivent être prises pour limiter les dégâts.

L’ensemble des mesures entreprises quelque soit leur technicité renvoient toutes à l’abandon progressif des énergies fossiles responsables de l’émission des gaz à effet de serre et l’adoption des énergies dites vertes. Comme tout changement, cette transition rencontre des fortes réticences notamment de la part des grands industriels du Nord qui ont eu à consentir d’énormes investissements dans le secteur fossile.

Malgré tout la grande tendance des pays industrialisés a opté pour une transition énergétique et l’ensemble des conventions et des accords particulièrement en Europe favorisent son application effective à travers des mesures fiscales coercitives mais aussi incitatives comme le crédit carbone. Cette nouvelle attitude des pays occidentaux renforce l’idée d’un prétendu agenda caché que défend beaucoup d’Africains…..

Dans cette course devenue désormais irréversible , tous les regards se tournent vers l’Afrique qui regorge d’énormes potentialités en terme ‘d’énergie verte’ qui sont non seulement les énergies renouvelables comme le solaire , l’éolienne ou l’hydrique mais aussi et surtout les minerais dits critiques ou minerais de transition comme le Cobalt, le lithium, le manganèse, le cuivre.

L’Afrique du Sud détient 90 % du platine mondial, la RDC est le premier producteur mondial de cobalt, la Guinée possède les plus grandes réserves de bauxite au monde, la Namibie est un exportateur majeur d’uranium, etc.

Il devient donc clair et évident que l’Afrique a désormais un rôle de premier plan à jouer dans cette nouvelle tendance mondiale. Cependant, est ce que les pays Africains et leurs dirigeants sont suffisamment préparés pour tirer le maximum de profit de ce « fatal game » de la course à l’énergie ? Existent- ils des politiques ou des pratique qui visent à faciliter la transition énergétique dans nos différents pays Africains dans le but de prendre désormais le train du développement industriel ?

Rien n’est encore moins sur si l’on sait que dans la plupart des nos pays la transition énergétique est encore perçue comme un Agenda extérieur. Cela est vrai si l’on continue de se cantonner dans le vieux schéma de la production rentière qui fait de l’Afrique une marmite et non un champ de culture.

Compte tenu de ses ressources et surtout de son niveau de développement l’Afrique devait être le principal leader dans le train de la transition énergétique. Ainsi elle pourra tirer le maximum de profit des contrats énergétiques en apprenant des erreurs du passé en créer la valeur ajoutée au niveau des différentes étapes d’opération ( Upstream, Midstream et Downstream ) et surtout faciliter et renforcer l’accès des communautés locales à l’énergie gage d’un contenu local plus inclusif et plus durable.

Ba Aliou Coulibaly

PWYP Mauritania

Coulibaly_baliou@yahoo.fr





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