01-01-2026 06:10 - Santé : C’est quoi la nouvelle référence médicale ?
Sidi El Moctar Taleb Hamme -- Le Ministre de la Santé, Dr Mohamed Mahmoud Ely Mahmoud, a lancé vendredi 26 décembre courant la nouvelle référence médicale qui fut récemment adoptée dans le pays.
A cette occasion, nous avons appris dans les médias que « la référence médicale est l’outil essentiel pour réglementer les relations entre les établissements de santé, les patients et les organismes d’assurance, car elle repose sur la classification, le codage et la tarification des analyses, des examens, des traitements et des opérations médicales selon des critères scientifiques précis ».
Cette nouvelle création, à variables multiples, peut effectivement constituer une avancée significative dans notre système de santé si et seulement si un environnement habilitant est créé et une gouvernance efficace, efficiente et marquée d’éthique, instaurée.
Tout patient, est appelé à choisir librement son médecin réfèrent ou traitant pour se charger de la gestion de son dossier médical pour, théoriquement, toute la vie, même si la possibilité de le changer est naturellement permise. Laissé à lui-même, le patient lambda ne va choisir qu’un spécialiste quitte à se déplacer, pour la déclaration, vers une Moughataa ou le Chef-lieu de la Wilaya.
Combattre cette mentalité des Mauritaniens de n’avoir confiance qu’aux spécialistes et parvenir à valoriser les médecins généralistes, requièrent d’un côté, la disponibilisation de ces derniers dans tous les Centres, voire les postes de Santé et de l’autre, la rupture avec l’instabilité des personnels (médecins, techniciens et autres) et la concentration des médecins généralistes et spécialistes dans les grands centres urbains (Nouakchott et Nouadhibou),
L’Etablissement de santé, est l’autre variable importante dans ce nouveau système de référence médicale. Déjà , on distingue chez nous les hôpitaux (nationaux, régionaux et spécialisés), les dispensaires ou les Centres et les Postes de Santé.
Pour ces différentes structures, des normes existent et doivent, en conséquence, être appliquées et scrupuleusement respectées : répartition géographique des infrastructures en fonction de la démographie ou la prédilection pour certaines pathologies ou leur prévalence, nombre et qualification des personnels (respects des ratios entre spécialistes, généralistes et techniciens par unité), nature des équipements nécessaires (selon qu’il s’agisse d’hôpital, de centre ou de poste de santé), budgets, etc.
Dans le cadre de ce système de promotion des relations entre Patients, Etablissements de Santé et Organismes d’assurance, un grand effort est à déployer pour (i) éviter que des patients continuent de mourir au sein des services d’urgences ou devant la porte du médecin de consultations pour les raisons récurrentes connues de tous et (ii) rendre la carte d’assurance assez crédible pour soulager son détenteur auprès des Etablissements de santé.
D’autre part, la promotion de ce système de référence médicale tel que l’entend tout citoyen ordinaire est intimement dépendante de certaines réformes et mesures d’accompagnement dont particulièrement :
La révision des missions et des modes de fonctionnement (y compris les procédures internes) des Etablissements de santé (EPA et EPIC) afin qu’ils accompagnent efficacement cette orientation et permettent, au bonheur des patients (notamment les plus démunis), l’atteinte des objectifs escomptés par les pouvoir publics.
Dans la pratique, les patients devront pouvoir accéder facilement aux soins à des prix raisonnables, officiellement fixés et suffisamment vulgarisés. L’assurance doit alors couvrir tous les types d’analyses et examens, de médicaments et d’intervention chirurgicales en privilégiant le cas des maladies chroniques.
Les médecins doivent désormais être responsables de leurs erreurs liées aux diagnostics, à la prescription de médicaments et aux interventions chirurgicales. Les responsables des analyses biologiques, de l’imagerie médicale et de l’anesthésie, doivent également rendre compte de leurs erreurs comme les personnels des services de l’hospitalisation (réanimation en tête) A propos, la loi, l’Ordre des Médecins, les Comités d’Ethique et les Syndicats, doivent être redynamiser car ils ont un grand rôle à jouer à ce sujet.
Dans ce contexte, la réorganisation du secteur privé de la santé est plus qu’impérative à l’instar de la situation du secteur privé du secteur de l’éducation.
Enfin, j’espère avoir assez mis le secteur de la santé dans la mire et engagé un plaidoyer pour mettre fin à l’impunité, amincir davantage le cordon entre les secteurs public et privé de la santé et garantir des services de qualité pour les citoyens, rendus avec des procédures suffisamment simplifiées, mais efficaces et efficientes.
N’est-ce pas, chers lecteurs, tout ce qui a précédé, relève de la gouvernance et représente un appel de détresse lancé sur des fréquences autorisées et facilement captable.
Secteur de la sante : des problèmes vus à la loupe
(https://cridem.org/C_Info.php?article=626079)
Monsieur le Ministre de la Santé : c’est en vous que réside les espoirs du changement d’une situation fort alarmante (https://www.cridem.org/C_Info.php?article=727038}
Dr Sidi El Moctar TALEB HAMME
