04-01-2026 17:11 - Déclaration sur la position vis-à-vis du dialogue national

Déclaration sur la position vis-à-vis du dialogue national

À la suite de ce qui a été publié dans les médias concernant une invitation émanant de la Présidence de la République à une réunion au Palais présidentiel, réunissant quarante personnalités dont vingt issues de l’opposition, nous souhaitons clarifier à l’opinion publique nationale notre position à l’égard de cette démarche, présentée comme un prélude à ce qui est appelé le dialogue national.

Cette invitation, dans sa forme actuelle, son contexte et la manière dont elle a été annoncée, ne constitue à nos yeux aucun élément nouveau justifiant une révision de la position que nous avons précédemment adoptée concernant le processus de dialogue.

Ce qui est proposé aujourd’hui continue de manquer de sérieux, et les conditions essentielles à tout dialogue crédible font défaut, tant au niveau de la méthodologie que de la clarté des objectifs et de l’approche globale.

Ce processus fait abstraction de la profondeur de la crise que traverse le pays et tente de contourner les souffrances du peuple mauritanien résultant de la corruption endémique et de la mauvaise gouvernance, au lieu de les traiter à la racine. Il passe également sous silence la situation de l’État et de ses institutions, ainsi que l’état de blocage politique existant.

Face à la tentative du régime de diviser les rangs de l’opposition à travers des classifications artificielles, telles qu’une opposition « parlementaire » et une autre « aux contours flous », nous affirmons ce qui suit :

1: le pays n’a pas besoin aujourd’hui d’un dialogue formel ou sélectif, mais d’un véritable dialogue national, doté de garanties réelles, constituant une voie sérieuse pour sortir l’État du goulot d’étranglement des régimes d’exception et mettre fin à la confiscation de l’espace politique ainsi qu’à la marginalisation de la volonté populaire.

2: l’opposition sérieuse est appelée, plus que jamais, à resserrer ses rangs et à unifier ses positions, et à répondre aux manœuvres du régime par un alignement clair sur les véritables préoccupations du peuple mauritanien, au premier rang desquelles la lutte contre la corruption, l’instauration de la justice et la restauration de la confiance dans l’action politique.

3 : nous réaffirmons notre appel à l’ensemble des forces de l’opposition afin de travailler sans délai à la mise en place d’un cadre unificateur, mettant un terme aux tentatives de division et d’affaiblissement, et jetant les bases d’une opposition responsable, capable d’imposer une alternative nationale crédible.

L’unité de l’opposition, la clarté de ses positions et son attachement aux revendications du peuple demeurent la condition essentielle de tout changement réel servant la Mauritanie et son avenir.

Les signataires:

Honorable député khally Mamadou Diallo

Honorable député Mohamed Lemine Sidi Maouloud

Honorable député Yahya Loud

Honorable député Mohamed Bouya





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 2
Lus : 593

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (2)

  • Hartaniya Firilile (H) 04/01/2026 18:31 X

    Messieurs de l'opposition, il convient de préciser que les rencontres initiées par le président Ghazouani avec vous ne visent pas à assainir la vie politique nationale, déjà compromise par la mauvaise gestion et de multiples préjudices politiques et économiques. Ces entretiens ont pour unique objectif d'amender la Constitution en modifiant certains articles. Votre rôle se limitera à constater que ces changements émanent d'une Assemblée déjà acquise au pouvoir actuel, vous laissant peu d'alternatives autres que d'entériner ces décisions. En compensation, vous repartirez vraisemblablement avec des comptes Bankily et Marvvi substantiellement approvisionnés pour régler vos difficultés personnelles, tandis que la population devra en supporter les conséquences.

  • Hartaniya Firilile (H) 04/01/2026 18:30 X

    Aujourd'hui, la priorité nationale devrait être le combat contre la corruption et le trafic de stupéfiants. Les responsables de malversations financières doivent assumer leurs responsabilités. Le président Ghazouani, enfermé dans son mutisme, semble incapable de prendre des décisions face à la situation actuelle et de remplacer les ministres impliqués dans des affaires douteuses, soutenus par les piliers du système. Par conséquent, il serait illusoire d'attendre des résultats concrets de cette rencontre, maintes fois programmée puis abandonnée sur le chemin d'une justice qui aurait dû être menée par son Premier ministre, lui-même à la tête d'un groupe dilapidant les finances publiques. Il convient d'interpréter les signaux : depuis son retour de l'Est, où ses ambitions politiques se sont évanouies, le président ne maîtrise plus les rênes du pouvoir et manifeste une hésitation constante dans ses actions et son comportement, révélant ainsi ses insuffisances.