07-01-2026 07:57 - Trump affirme que le Venezuela va remettre jusqu'à 50 millions de barils de pétrole aux Etats-Unis
LES ECHOS -
L'argent tiré de la vente du pétrole vénézuélien sera sous le contrôle direct de Donald Trump. Les Etats-Unis demandent par ailleurs à Caracas d'expulser ses conseillers étrangers.
Donald Trump veut voir le pétrole vénézuélien couler à flots aux Etats-Unis, et le plus vite possible. Le président américain a annoncé mardi soir avoir obtenu « entre 30 et 50 MILLIONS de barils de haute qualité de pétrole sous sanction » de la part des « autorités intérimaires » au Venezuela.
L'or noir « remis » par Caracas sera vendu aux prix du marché, ce qui représente un pactole éventuel pouvant atteindre les 2,5 milliards de dollars aux cours actuels. Les bénéfices tirés de la vente « seront sous mon contrôle, en tant que président des Etats-Unis », a-t-il précisé dans un message publié sur son réseau Truth, « afin de s'assurer qu'ils profitent aux peuples du Venezuela et des Etats-Unis ».
Les pétroliers américains réticents
Les volumes annoncés par Donald Trump représentent une part significative de la production annuelle de pétrole du Venezuela, tombée en dessous d'un million de barils par jour en fin d'année dernière. Le blocus naval mis en place les Etats-Unis a contraint le pays à stocker toujours plus de pétrole, faute d'exports suffisants. Le site spécialisé TankerTrackers estimait fin décembre que la société pétrolière nationale PDVSA pourrait être forcée de réduire encore davantage sa production d'ici à la fin janvier en l'absence de solution d'ici là .
Le ministre de l'Energie, Chris Wright, a été chargé d'organiser le transport du pétrole jusqu'aux côtes américaines. Il prévoit par ailleurs de courtiser les cadres de l'industrie pétrolière à une conférence organisée par Goldman Sachs à Miami cette semaine. L'administration Trump se fait fort de mettre en oeuvre rapidement les promesses d'investissements massifs du président américain. Donald Trump devrait recevoir ce vendredi quelques figures du secteur à la Maison-Blanche, dont des représentants de Chevron, d'Exxon Mobil et de ConocoPhillips.
« Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela », avait pourtant assuré quelques heures plus tôt, Delcy Rodriguez, tout juste intronisée présidente par intérim. La nouvelle cheffe d'Etat, âgée de 56 ans, a décrété sept jours de deuil national en hommage aux victimes de l'enlèvement de Nicolas Maduro, alors que le gouvernement a relancé une vague de répression dans le pays. Elle a nommé un technocrate, Calixto Ortega Sanchez, un ancien banquier central et pétrolier, comme vice-président chargé du secteur économique.
Réalignement sur Washington
Washington a d'autres exigences pour les autorités de Caracas. Marco Rubio, le secrétaire d'Etat américain, a évoqué avec des parlementaires une liste de demandes communiquée à la présidente par intérim du Venezuela, qui inclut la réouverture du secteur pétrolier aux Américains. L'administration Trump a par ailleurs requis l'expulsion de l'ensemble des conseillers officiels et officieux Cubains, Iraniens, Chinois et Russes présents dans le pays, à l'exception de quelques diplomates, rapportait mardi soir le « New York Times ».
Une telle décision marquerait un revirement géopolitique spectaculaire pour le Venezuela, où Hugo Chavez est arrivé au pouvoir en 1999, avant que Nicolas Maduro ne lui succède en 2013. Dimanche à bord d'Air Force One, Donald Trump a rappelé les enjeux pour la nouvelle présidente, par intérim, du pays : « Si elle ne fait pas ce qu'il faut, elle va payer un prix très élevé, probablement plus élevé que Maduro ».
Bastien Bouchaud (Bureau de New York)
