01-05-2026 17:16 - Les groupes armés s’emparent du camp stratégique de Tessalit dans le nord du Mali

Les groupes armés s’emparent du camp stratégique de Tessalit dans le nord du Mali

LE DEVOIR - Le camp stratégique de Tessalit, situé dans le nord du Mali, est désormais sous contrôle des groupes armés, après leurs séries d’attaques le weekend dernier contre la junte au pouvoir, ont indiqué vendredi à l’AFP des sources locale, sécuritaire et indépendantiste.

Le Mali fait face à une situation sécuritaire critique et est en proie à l’incertitude et à la fébrilité après les attaques sans précédent des djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda) et de la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA) contre des positions stratégiques de la junte.

Vendredi, les groupes armés se sont emparés du stratégique camp de Tessalit, situé près de la frontière avec l’Algérie.

L’armée malienne et ses alliés russes « ont abandonné leurs positions de Tessalit ce vendredi matin », a indiqué à l’AFP un élu local. Selon une source sécuritaire à l’AFP, ces derniers avaient déjà « évacué » le camp avant l’arrivée des groupes armés. « Aucun combat n’a eu lieu », a-t-il affirmé. Ils ont fait « reddition » à Tessalit, selon un responsable du groupe rebelle.

« Front commun »

Tessalit représente un camp stratégique de par sa position géographique, en plus de compter une grande piste d’atterrissage en bon état capable d’accueillir des hélicoptères et d’autres gros avions militaires.

Le camp accueillait également un nombre significatif de militaires maliens et de leurs alliés russes ainsi que du matériel militaire.

« Tessalit est la plus ancienne base construite par le colonisateur (français). C’est la base la plus avancée, qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur tout le Sahara », selon un officier à l’AFP.

Sa prise intervient quelques jours après le contrôle de la ville clef de Kidal par les groupes armés qui continuent de progresser dans le nord.

Selon des sources locale et indépendantiste, ces derniers ont également pris possession du camp Aguelhok, situé à 100 km de Kidal.

Jeudi, les djihadistes du JNIM ont appelé à un large « front commun » pour « mettre fin à la junte » au pouvoir depuis 2020 au Mali, en vue d’« une transition pacifique et inclusive ».

Les djihadistes ont parallèlement instauré un blocus routier sur Bamako, bloquant plusieurs axes menant vers la capitale.

Un peu plus tôt le même jour, un hommage national avait été rendu au ministre de la Défense, Sadio Camara, tué à Kati, fief de la junte, dans ces attaques qui ont fait au moins 23 morts, selon une source hospitalière à l’AFP.

Le général Camara, 47 ans, était une figure clé de la junte malienne et considéré comme l’architecte du rapprochement de ces dernières années avec la Russie.

Sa mort est un coup dur pour la junte, plus que jamais affaiblie, qui se retrouve dans une situation très difficile.

Cette mort, les attaques d’ampleur et la perte de Kidal jettent également le doute sur les capacités de la junte à faire face aux menaces des groupes armés et mettent à mal sa rhétorique, qui affirmait jusqu’ici que sa stratégie de rupture, ses nouveaux partenariats avec l’étranger et son effort militaire accru avaient permis d’inverser la tendance face aux combattants islamistes.

Mardi, Assimi Goïta avait affirmé que la situation était désormais « maîtrisée », tout en reconnaissant un moment d’une « extrême gravité ».

« La situation est loin d’être sous contrôle », a rétorqué mercredi le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, dans un entretien exclusif avec l’AFP, affirmant que le régime militaire « va tomber, tôt ou tard ».

Moscou a de son côté affirmé jeudi que ses forces se maintiendraient au Mali, rejetant ainsi l’appel des rebelles à un retrait russe du pays.

AFP





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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 01/05/2026 18:51 X

    On voit que personne ne cherche à prendre Bamako : les Touareg et les Peuls ne sont pas fous à croire qu'ils peuvent tenir une ville, même de taille modeste avec majorité mandé-sénoufo. De toute façon, le changement de régime ne vise pas à remettre le pouvoir à des groupes ethniques qui représentent moins de 15 % de la population.

    1) La situation doit simplement permettre à des figures d'ethnies d'entente majoritaire et compatibles avec l'ordre plus habituel de la région, de composer la nouvelle matrice du pouvoir malien. Une récompense satisfaisante des Peuls doit être trouvée. Transversalement, les maliens chrétiens trouveront un rôle important, dans l'humilité chrétienne. Le besoin de réislamisation (de prise en compte de l'identité singulière dans le quotidien, en réalité) sera respecté pour ce qu'il a su manifester d'indispensable durant la guerre civile.

    2) Les Touareg et maures sont séparatistes contrairement aux Peuls : L'ingénierie stratégique régionale n'a pas trouvé pour eux une solution sincère et durable depuis l'époque coloniale. On verra ce qui en sortira cette fois-ci. Elle se dessine de nos jours avec des mains étrangères devenues plus nombreuses que du temps de l'OCRS.