11-05-2026 16:05 - Opposition mauritanienne : Biram Dah ABEID dénonce une gouvernance fondée sur le tribalisme
LA VOIX DE LA MAURITANIE - Le député et président de la Coalition pour l’alternance démocratique, Biram Dah Abeid, a vivement critiqué les conditions de vie et les services publics en Mauritanie, affirmant que les citoyens sont « étouffés par les taxes » et par la faiblesse des services essentiels.
Lors d’un discours prononcé dimanche soir à l’occasion d’un meeting conjoint de l’opposition, Biram Dah Abeid a déclaré que les Mauritaniens souffrent du manque de médicaments, d’eau et d’électricité, ainsi que d’« une justice injuste où les faibles sont emprisonnés et punis ».
Il a également indiqué avoir vu, durant le rassemblement, les photos de plusieurs détenus, estimant que la prison « aurait dû concerner ceux que la Cour des comptes accuse d’avoir détourné 450 milliards d’anciennes ouguiyas en une seule année budgétaire », accusant les autorités judiciaires et sécuritaires de ne pas poursuivre les personnes impliquées dans des affaires de corruption en raison de leurs liens avec le pouvoir.
Le leader de l’opposition a aussi dénoncé la situation des services publics, évoquant la faiblesse des infrastructures ainsi que des services de santé et de sécurité. Il a accusé les forces de sécurité de concentrer leurs efforts sur la surveillance des opposants plutôt que sur la résolution des problèmes sécuritaires.
Selon Biram Dah Abeid, l’opposition a reflété la diversité nationale à travers la participation des différentes composantes sociales et ethniques au meeting. Il a par ailleurs affirmé que le régime « continue de réprimer et d’emprisonner ceux qui s’opposent à l’esclavage ».
Il a cité plusieurs noms de militants et responsables politiques arrêtés ou emprisonnés, notamment Abdallahi Abou Jobe, El Hadj Ould Eid, Bou Nace Ahmeda, Mohamed Fadel Aleyat, Warda Ahmed Souleymane, Lalla Fatma, Rachida Salek, ainsi que les députées Mariem Cheikh Dieng et Khamou Achour, affirmant qu’ils ont été emprisonnés en raison de leurs positions contre l’esclavage, le racisme et les discriminations.
Biram Dah Abeid a également évoqué l’utilisation politique de la justice, estimant que ce que subit l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz « n’a aucun lien avec la transparence ni avec la lutte contre la corruption ».
Il a conclu son intervention en affirmant que les difficultés des Mauritaniens sont dues à « un système fondé sur la corruption, les pots-de-vin, les divisions, le tribalisme et le racisme », avant de scander le slogan : « À bas le régime de Ould Ghazouani ».
