27-05-2026 02:34 - Echos des AG de la BAD : Sidi Ould Tah plaide pour des mécanismes plus attrayants pour capter les investissements
LA DÉPÊCHE -
Réuni à Brazzaville à l’occasion des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), le président de l’institution, Sidi Ould Tah, a plaidé pour une transformation profonde des mécanismes de financement du développement sur le continent.
Devant les représentants des 81 pays membres de la BAD, il a estimé que l’Afrique souffre moins d’un manque d’idées que d’une difficulté persistante à rendre ses projets « bancables », relevant qu’à peine un projet sur dix parvient aujourd’hui au bouclage financier.
Notre compatriote insiste sur la nécessité de convertir les portefeuilles de projets africains en actifs réellement investissables.
Selon lui, de nombreuses petites et moyennes entreprises restent prisonnières du « missing middle », cette zone grise où elles sont jugées trop importantes pour la microfinance mais encore trop risquées pour les banques commerciales classiques. Dans cette optique, il a défendu le renforcement des mécanismes africains de partage des risques afin de mieux attirer les capitaux privés.
C’est dans cette logique que la BAD a récemment porté sa participation à 14 % dans l’Agence africaine d’assurance du commerce et de l’investissement (ATIDI), devenant ainsi son principal actionnaire. Pour Sidi Ould Tah, cette décision illustre la volonté de bâtir une architecture financière africaine plus robuste, capable de réduire les risques et de faciliter la mobilisation de financements en faveur des projets structurants.
Le président de la BAD a également appelé à une approche plus économique de la question démographique africaine. Il a estimé que l’emploi des jeunes ne devait plus être considéré uniquement comme un enjeu social, mais comme un défi structurel lié à la productivité et à la transformation des économies africaines.
L’objectif, a-t-il soutenu, n’est pas seulement de créer des emplois supplémentaires, mais de développer des écosystèmes complets associant production, innovation, compétences et financement à long terme.
Dans le même esprit, le président congolais Denis Sassou Nguesso a appelé à des réponses « audacieuses et adaptées » face à l’ampleur des besoins du continent dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture ou encore le numérique. Il a plaidé pour un approfondissement des marchés financiers africains et le développement d’instruments de garantie et de financement mixte afin de mieux mobiliser l’épargne africaine et les capitaux internationaux.
De son côté, la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine, Selma Malika Haddadi, a mis l’accent sur la nécessité de diversifier les sources de financement du développement africain. Elle a notamment cité les transferts de la diaspora, les obligations vertes et les actifs financiers numériques comme des leviers encore sous-exploités.
Placées sous le thème de la mobilisation des ressources à grande échelle dans un monde fragmenté, les Assemblées annuelles 2026 de la BAD rassemblent plus de 3 000 participants à Brazzaville du 25 au 29 mai.
(avec médias)
