13-10-2026 12:33 - Le printemps de Nouakchott : Ghazwani à la manoeuvre, deux "manitou" coulent.../ Par Ely Krombele
Il y a un célèbre épistémologue français, Gaston Bachelard qui dit que "l'opinion pense mal; elle ne pense pas: elle traduit des besoins en connaissances", (La formation de l'esprit scientifique)... Moi j'ai envie de poser une question aux mauritaniens : qui connaît réellement le président Mohamed Ould Cheikh Ghazwani dans sa profondeur psychologique?
Rares sont ceux qui lèveront la main. Personnellement, lorsque j'ai appris la démission du gouvernement de Moktar Ould Diay le vendredi 9 octobre 2026, comme la majorité des mauritaniens, j'étais agréablement surpris. Et pourtant je ne connais pas cet homme pour avoir épousé d'emblée, et d'ailleurs à l'instar de la majorité de l'opinion nationale, des idées préconçues à son égard.
Des idées préconçues véhiculées justement par la même doxa et que nous prenons le plus naturellement pour des faits conformes à la réalité. Pourtant le président Mohamed Ould Ghazwani nous a démentis en reconduisant ce même Moktar Ould Diay au prestigieux poste de premier ministre.
C'est que le président de la république a ses raisons, car de sa posture de chef de la magistrature suprême, Ghazwani a un regard olympien sur tous les leviers du pays, contrairement à nous, citoyens ordinaires. Faudrait-t-il être plus royaliste que le roi?
Le chef de l'Etat a été élu par le peuple mauritanien pour un second mandat qui court jusqu'en 2029. D'ici là, tâchons de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. D'ailleurs Ghazwani a-t-il intérêt à cultiver le masochisme au point de s'encombrer d'un PM incompétent?
En tout cas c'est par un coup de maître, profitant des résultats de la commission d'enquête sur les incendies survenus à la Somelec que notre président a procédé à une manœuvre rocambolesque.
En effet l'éviction de deux dinosaures du Mésozoïque qui empêchaient les chevaux de hâter le pas en sentant l'écurie, a jugulé la colère de l'opinion publique mauritanienne qui réclamait la chute du gouvernement, avec à sa tête Moktar Ould Diay. Beaucoup de mauritaniens croyaient les deux ministres de l'Intérieur et de la Défense intouchables, inamovibles.
Et c'est Moktar Ould Diay qui est sorti renforcé de ce coup de maître. Car le PM était, semble-t-il dans l'impossibilité de se mettre en orbite, de déballer ses compétences, son savoir-faire à cause des perturbations exercées par deux encombrantes planètes, jadis très proches de "Jupiter".
Le seul poids lourd restant au gouvernement 2 de Ould Diay est le ministre des Affaires Etrangères, son excellence Mohamed Salem Ould Merzoug, un fidèle au président Ghazwani. J'ai eu 2 entretiens avec le chef de notre diplomatie, et il m'est très difficile de me tromper sur la psychologie des humains qui, contrairement aux autres vertébrés, concrétisent le fond de leur pensée en langage. La gestuelle et le langage ne trompent pas.
Cet homme est lucide, humaniste, très attaché aux valeurs républicaines et surtout aimant son pays. Cet épisode est très important. Ould Merzoug ne sera probablement pas un obstacle au deuxième essai de Ould Diay; qui a désormais les coudées franches. En tout cas jusqu'en 2029 où les cartes seront rabattues en fonction de l'intention d'abord du président Ghazwani.
C'est à partir du possible désistement du président sortant que la bataille de la présidentielle de 2029 poussera plusieurs prétendants à sortir du bois. Et ils seront nombreux à vouloir coopter choix de l' Insav, le parti au pouvoir, et ce, pour avoir plus de chance d'être élu.
Or le choix ne peut se porter que sur un seul candidat. S'il faut dresser une liste comprenant les prétendants qui ont l'ambition de briguer le poste présidentiel en 2029, elle ne sera ni courte ni exhaustive. A une et une seule condition, si le président Ghazwani n'est pas intéressé de solliciter auprès des électeurs un troisième mandat. Voici la liste des possibles candidats de l'Insav:
Moktar Ould Diay
Mohamed Salem Ould Merzouk,
Mesgharou Ould Sidi,
Mohamed Ahmed Ould Houeirvy,
Hanené Ould Sidi,
Ba Ousmane.
Vous voyez la liste est mortifère pour le parti Insav, à se demander qui choisir, à défaut de primaire. Et dire que celui qui sera élu ne pourrait que reprendre les réalisations de son prédécesseur, à savoir le président Mohamed Ould Ghazwani. Mais cette fois sans la garantie de la sérénité, la prodigalité, la sûreté, l'esprit d'équipe que dégagent Ghazwani.
Alors à défaut d'une révolution radicale qui changera les Forces productives, donc les rapports de production, et au lieu d'une copie qui pourrait dévier de sa trajectoire, nous menant droit vers le chaos, pourquoi ne pas continuer avec l'originale. L'attelage Ghazwani- Ould Diay doit, d'ici décembre 2028 gagner la bataille de l'eau, de l'électricité, de l'éducation, de la santé primaire, de l'assainissement.
C'est un impératif catégorique, une condition sine qua non à toute ambition de prolonger le mandat présidentiel. L'argent existe et il suffit de bien le gérer. D'ici là, et suite à ces futures réalisations, c'est le peuple qui réclamera un 3ème mandat pour le président sortant.
Est-ce trop demander au gouvernement de Moktar Ould Diay de travailler davantage afin de changer la condition sociale des citoyens mauritaniens en endiguant surtout le détournement du denier public, d'ici 2029, année de tous les défis, de toutes les probabilités?
ELY SIDAHMED KROMBELE, FRANCE
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