31-10-2009 08:45 - Vers la création d’une agence nationale de lutte contre la corruption

Vers la création d’une agence nationale de lutte contre la corruption

Le chantier inscrit dans le programme de l’actuel président relatif à la lutte contre la gabegie gagnerait à être planifié et structuré.

La situation actuelle caractérisée par les dossiers de détournement et mauvaise gestion (SENLS, Air Mauritanie, CNSS, SNIM, SONIMEX, PROCAPEC etc…), et en y ajoutant les dossiers carabinés des anciens ministres et hauts cadres sur l’usage abusif des frais de téléphone, d’eau et d’électricité, pourrait surcharger les systèmes de contrôles et d’inspection, et judiciaires déjà fragilisés par l’insuffisance des ressources humaines qualifiées et la corruption.

Il serait plus réaliste de fixer un point de départ en considérant que l’Etat a au cours de près de trois décennies créé un environnement favorable à la mauvaise gestion et une politique d’incitation à la mauvaise gestion était instaurée à partir des années 90.

C’est la classe politique actuelle (anciens du PPM, du PRDS, de ADIL etc …) qui a entretenu cet environnement. Les grosses sangsues étaient toujours épargnées de la prison, car elles avaient l’habilité de négocier leur alliance et contre alliance politique contre les montants phagocytés. Les boucs émissaires étaient alors les petits employés accusés quelquefois à tort de supporter les conséquences du détournement.

Le cas de la CNSS en est une parfaite illustration. Si les actions judiciaires ne sont orientées vers les maillons faibles, les contrôles et inspections sont orientés vers des cibles pour des règlements de compte. Si une grande majorité de la population est favorable à une lutte active de la corruption et de la gabegie, les avis divergent sur les approches. Cette action ne devrait pas être l’apanage du seul Chef d’Etat, mais d’initiative nationale regroupant toutes les tendances politiques, la société civile, les associations professionnelles etc…

Pour une lutte efficace et équitable contre la gabegie et la corruption, les étapes suivantes s’imposent :

1. Consensus national et charte nationale sur la lutte contre la corruption et la gabegie Il est urgent de convoquer une rencontre quelque soit l’intitulé pour les fantaisistes (Convention ?, Etats généraux ?, etc) pour définir une charte nationale sur la lutte contre la corruption. Les travaux déjà réalisés sur la question en 2008, pourraient servir de base de travail.

La lutte contre la gabégie et la corruption ne devrait pas se résumer à la construction de prisons pour les remplir, mais plutôt à mettre des programmes de prévention axés sur l’ amélioration de l’environnement des gestionnaires. Une date de départ désignée « ligne rouge » à partir de laquelle, il ne sera ni accepté ni toléré aucune forme de mauvaise gestion et de corruption. Cependant, pour les cas avérés de détournement antérieurs feront l’examen des cas au cas conformément au consensus national défini sur la question.

Des mesures allant jusqu’à l’inéligibilité à des postes électifs (députés, sénateurs etc..), des postes de responsabilité et la radiation de la fonction publique selon le degré d’implication dans les mauvaises pratiques. Certains repentis pourraient mettre leur service à la promotion de la bonne gestion et lutte contre la corruption.

2. Création d’une agence nationale de lutte contre la corruption et la gabegie Favorisant l’environnement pour une gestion transparente, en agissant à tous les niveaux : systèmes judiciaires, de contrôle, sécuritaires, les gestionnaires, les fournisseurs, les associations de bonne gouvernance etc

3. Favoriser la création des associations crédibles de promotion de bonne gouvernance

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Commentaires (1)

  • mountassir (H) 31/10/2009 14:07 X

    A quoi va servir une institution de plus. Nous avon déja l\'IGE, la cour des comptes et la police economique qui doit s\'occuper de la corruption et de toutes les infractions de nature economique.
    Une autre instutition, ce sera des charges de plus, et ne resoudra pas le probleme, ce qu\'il faut, c\'est des hommes incorruptibles, chose rare de nos jour, et une volonté politique pour renforcer le travail des instututions existante.
    Salut