22-09-2010 16:45 - PROCAPEC : Alternative à la suppression de plus de 400 emplois sur l’effectif de Procapec.

A Madame Noubghouha Mint T’lamid, Administratrice Provisoire de Procapec/Nouakchott.
L’accès au capital financier étant une des conditions à satisfaire pour permettre la génération d’activités économiques. Une des questions à résoudre était de faire favoriser des mécanismes institutionnels et opérationnels durables pour financer des opérations micro-économiques viables au niveau du secteur informel et des couches défavorisées de la population et créer des emplois.
L’Agence de Promotion des Caisses Populaires d’Epargne et de Crédit « PROCAPEC » créée en mars 1997 par l’instruction 001/GR/97 du Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie, a pour mission la mise en place d’un système mutualiste reposant sur un réseau de Caisses populaires locales d’Epargne et de Crédit (CAPEC) économiquement viables sur l’ensemble du territoire national.
La devise adoptée par les CAPEC « Amener la population à adhérer massivement, les adhérents à épargner régulièrement, à emprunter sagement et à rembourser promptement », résume et traduit la philosophie du réseau.
Actuellement Procapec ne compte que 100 mille adhérents sur une population de 3 millions d’habitants, l’épargne représente à peine les 5 milliards pour une masse monétaire hors circuit financier de plus 80 milliards et un besoin immédiat de crédit de 20 milliards pour un encours actuel global de moins d’un milliard.
I. Forces et opportunités.
- Volonté politique du Gouvernement d’encadrer et d’accompagner l’Agence PROCAPEC
- Option de mise en place d’institutions à caractère mutualiste, gérées par les membres pour satisfaire leurs besoins socioéconomiques,
- Intervention en milieux rural et urbain et diverses offres à des personnes actives dans plusieurs secteurs d’activités,
- Mise en place des organes de gestion et de contrôle selon le schéma prévu par le cadre juridique,
- Existence d’un cadre institutionnel pour chaque CAPEC,
- Personnel technique disponible et motivé,
- Intérêt manifeste des membres à accéder aux crédits, à bénéficier des services d’épargne et d’autres services non financiers,
- Existence de supports et d’outils de gestion de qualité,
- Disponibilité de personnes leaders émanent de plusieurs couches de la société civile,
- Intérêt et volonté des partenaires extérieurs et nationaux à appuyer le secteur de la microfinance et l’expérience des CAPEC.
II. Faiblesses et contraintes.
- Coût élevé du loyer de Procapec et des Capec.
- Manque de lignes de crédit nécessaires à la rentabilisation des caisses semi rurales
- Absence totale d’un concours financier de la Bcm (tutelle).
- Coût élevé des activités de sensibilisation mobilisation de l’épargne et du crédit,
- Faible sensibilisation de bénéficiaires sur d’autres secteurs d’activités,
- Faible accès des bénéficiaires de crédit aux formations techniques, notamment en gestion,
- Ralentissement du taux de progression de l’informatisation du réseau.
III. Compression, départ volontaire et relance de l’activité.
Depuis près de trois ans, le réseau Procapec vit une léthargie qui a eu pour effet de suspendre le crédit, la sensibilisation et le recouvrement.
Heureusement, durant toute cette période, les employés sont payés avant le 30 de chaque mois, aucun n’adhérent déposant n’a eu de difficulté pour prendre possession de son avoir et les charges nécessaires réglées à temps.
Preuve de la bonne santé de ce réseau que de mauvaises langues qualifient d’institution en situation quasi faillite. D’autres atouts peuvent être signalées :
- Une subvention substantielle de fonctionnement a été versée par l’état au titre de l’année 2010.
- Une ligne de crédit de 2 milliards est disponible à la Bcm. Jamais une ligne de crédit de cette ampleur n’a jamais été débloquée à cette institution durant ces douze années d’existence.
- Les dépôts au près des banques sont supérieurs au 1, 5 milliards, niveau jamais atteint.
- La politique de crédit a été révisée et est prête à être appliquée.
- La Directrice Nationale a eu les pleins pouvoirs et vient d’être nommée administratrice du réseau, aucun de vos prédécesseurs n’a jamais eu les mains aussi libres.
Partant de ces constats assez positifs, nous allons proposer une alternative au départ volontaire et à la compression tant attendus depuis 20 mois.
IV. Propositions.
Le départ volontaire ou la compression de plus 400 employés est un coup dur pour :
• Les employés eux-mêmes qui vont se retrouver au chômage.
• Leurs familles qui vont perdre un revenu substantiel et important pour leur survie.
• La Procapec, car ces personnes qui seront renvoyés, leurs familles, leurs proches et leurs entourages se transformeront inévitablement en adversaires et détracteurs de ce réseau.
• L’administratrice provisoire sera considérée comme celle qui coupe les moyens de survie des pauvres tandis que ses prédécesseurs en créaient. C’est un fardeau qu’elle portera toute sa vie et elle pourra en répondre dans l’au-delà . Aucune compression ne pourra se faire avec équité.
• L’état qui verra le taux de chômage augmenté, perdra des impôts et taxes
• Le Président de la République sera en position délicate car cette suppression de centaines d’emplois sera contraire à son programme électoral, son œuvre, sa crédibilité et ses administrés l’en voudront lors des prochaines élections de l’année prochaine.
Le seul avantage immédiat qu’on pourra tirer de cette mauvaise solution est une économie sur les salaires.
L’alternative :
- Demander à l’état la mise à disposition du réseau un domaine foncier (les démarches sont très avancées) qui pourra être distribué aux souscripteurs de l’épargne logement et le reste pourra être vendu pour absorber les frais du « projet logement » et une partie allouée aux cadres de Procapec.
- établir la liste des employés qui sont ciblés par cette mesure
- les convoquer dans un local pouvant les accueillir en même temps
- leur proposer un moratoire de 6 mois durant lesquels :
. cet objectif sera d’atteindre des performances
. un niveau d’adhérent à sensibiliser par jour
. un montant d’épargne à collecter par mois
. un taux de recouvrement à atteindre par mois
. un comportement exemplaire à épouser.
. Un avenant au contrat et un engagement sur l’honneur pourront être signés et les récalcitrants se verront renvoyés au fur et à mesure.
Un employé, quelque soit son grade et son salaire, s’il arrive à faire adhérer quotidiennement 3 personnes au réseau pourra rentabiliser son poste.
N’oubliez pas que la Mauritanie compte 3 millions d’habitants et que le réseau ne compte que 100 mille adhérents.
Ces nouveaux adhérents épargneront des montants qu’on pourra être prêtés à d’autres en faisant des plus values de 20% au moins (marge ou intérêt).
N’oubliez pas que la masse monétaire en circulation est de 80 milliards et que Procapec n’a comme dépôts que 5 milliards d’ouguiyas.
Les agents de crédits et les agents de recouvrement auront du travail qui rapportera au-delà de quoi les payer.
N’oubliez pas qu’une ligne de crédit de 2 milliards d’ouguiyas dort à la Bcm depuis 6 mois et que près d’1,5 milliards est disponible dans les comptes du réseau qui a suspendu le crédit depuis plus de 30 mois.
En conclusion, loin de nous toute idée polémiste et dans un souci de propositions concrètes, nous avons limité cette note au seul problème du jour, à savoir éviter que priver des familles d’un revenu tout en proposant une alternative crédible.
Nous savons que Procapec a des problèmes comme l’ensemble des entreprises du pays, le pays lui-même est en difficulté car sous développé, l’Afrique est en difficulté et le monde connait une crise financière sans précédent.
La suppression d’emplois n’a jamais été qu’une mauvaise solution, le choix du départ volontaire a toujours été proposé pour atténuer les inconvénients du licenciement.
La prime proposée (trois de salaires) à la quelle il faut retrancher les avances sur salaires et les débits bancaires, a eu pour effet un manque d’engouement pour votre offre.
Malgré une campagne de sensibilisation généralisée au départ par ceux qui sont sensés défendre les droits des travailleurs, à peine 70 personnes se sont portées volontaires dont la moitié regrette déjà .
Il ne vous restera que forcer le départ par le licenciement pur et simple de centaines de mauritaniens qui n’attendent que travailler et gagner dignement un revenu.
Si vous tenez à vous séparer d’autant de mauritaniens en même temps malgré la clarté de la proposition ci-dessus, essayer d’augmenter la prime d’incitation à au moins une année de salaire et la prise en charge de toutes les avances de salaires aussi bien à Procapec qu’au niveau des banques.
Fait à Nouakchott le 22 sept. 10
Les Représentants du Personnel
Ampliations :
. Président de la République
. Le Premier Ministre
. Le Président de l’Assemblée Nationale
. Le Président du Sénat
. Le Ministre de l’emploi
. Le Ministre des Finances
. Le Gouverneur de la Bcm
. Les centrales syndicales
. La presse