06-04-2011 14:17 - Ahmed Ould Khattri : une arrestation qui frise l’acharnement.

Depuis quelques semaines des manifestations parcourent toutes les grandes villes de la Mauritanie (Nouakchott, Rosso, Nouadhibou, Atar, Zouérate, Keur Macène, R’Kiz, Mederdra) pour la libération d’Ahmed Ould Khattri, ancien directeur de Procapec (caisses d’épargne populaire).
A ce rythme le personnage pourrait bien passer pour un phénomène national.
Il est vrai que les « amis » d’Ahmed Ould Khattri, mus par des considérations qui leur sont propres risquent, fort bien, vont susciter énormément de sympathie de tous ceux qui ne sont pas au courant du « cas d’Ahmed Ould Khattri » puisque dans cette affaire, il y a au moins quelque chose qui provoque l’indignation, voire la révolte.
Car l’homme, à présent malade, qui croupit en prison depuis janvier 2009, n’est pas condamné. Il est en « préventive » depuis plus de deux ans, sous le coup d’une accusation des autorités d’un régime militaire portant sur un « détournement de deniers publics ».
Et voilà que depuis deux ans, à l’occasion chaque remise de peine ou amnistie au profit de condamnés ou de prévenus, de nombreux nouakchottois s’agglutinent devant les portes de la Maison d’Arrêt de Dar Naim dans l’espoir de voir compter parmi les relaxés, Ahmed Ould Khattri. Que reproche-t-on à Ould Khattri ? Tout et rien à la fois.
A supposer, ce qui reste à démontrer, qu’Ould Khattri a détourné, non seulement, les milliards de Procapec, mais aussi les réserves en or de la BCM, les lingots de MCM et de Tasiast, il n’en demeure pas moins que des accusés comme lui, avec qui il a partagé sa cellule à Dar Naim, ont été soit absous, soit mis en liberté conditionnelle ; certains sont maintenant reçus, pour des raisons diverses, en audience par le Président de la République en personne.
A supposer qu’Ould Khattri a des problèmes « personnels » avec Ould Abdel Aziz, ce qui reste aussi à démonter, mais si tel est le cas, l’humiliation et l’acharnement subis par Ould Khattri sont suffisants pour assouvir la plus implacable vengeance, d’autant que la personne du Président de la République qui incarne la première institution de l’Etat est censé être au-dessus des règlements de compte personnels.