11-06-2011 11:48 - Session de la Cour Criminelle Le dossier Ahmed Ould Khattry au programme?

La session de la Cour Criminelle au titre de l’année judiciaire s’ouvrira, le 18 juillet à Nouakchott. Plusieurs dossiers seront jugés par cette Cour dont l’épineuse affaire de Ahmed Ould Khattry, ancien directeur général des réseaux PROCAPEC, en détention préventive, depuis deux ans.
D’autres dossiers notamment de meurtre, trafic de drogue et de détournement pourront être également enrôlés dont ceux de Dia Amadou, ancien comptable au secrétariat exécutif national de lutte contre le SIDA, de Cheikh Ould Maouloud, ancien percepteur du port, au cours de cette session. Qualifiée de « cas d’injustice flagrante », l’affaire Ould Khattry a mis en émoi l’opinion nationale.
De nombreuses manifestations de protestations se sont déroulées à travers tous le pays pour demander sa libération ou sinon son jugement devant un tribunal pour un procès équitable».
Ould Khattry qui a avait vu son état de santé de détériorer sérieusement ces derniers temps est en détention préventive depuis plus de deux ans sous l’accusation de « mauvaise gestion » : détournement de fonds et non respect de la règlementation micro financière. Il faut souligner qu’au-delà du cas humain que constitue Ahmed Ould Khattry, son dossier est une véritable énigme juridique ou le déni de droit le dispute aux irrégularités de procédure.
Arrêté le 5 Janvier 2009 par la police judiciaire, sans plainte sans aucune notification Ould Khattry est placé sous mandat de dépôt. Contrairement aux autres dossiers similaires, Ould Khattry ne reçoit ni un rapport provisoire sur lequel, il doit porter ses remarques ni un rapport définitif sur lequel il devrait porter des observations.
Et bien sur c’est le seul fonctionnaire qui a affaire à la Police judiciaire, au lieu de la police financière. Le président Ould Abdel Aziz avait promis, le 16 mai dernier, à l’épouse d’Ahmed Ould Khattry et à ses proches de le libérer incessamment.
C’était devant le palais présidentiel que le président Aziz était sorti pour rencontrer la famille d’Ahmed Ould Khattry qui avait organisé un sit-in. Le fait qu’il attend depuis d’être jugé commence, selon plusieurs observateurs, à peser sur le pouvoir mais surtout sur la séparation supposée ou réelle de l’Exécutif et du Judiciaire.