26-02-2013 22:47 - Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) à Atar : « Prétendre que je vais brûler le Coran est une tentative mensongère et vaine de m’abattre »
Face à un public nombreux, estimé à quelques 3.000 personnes, le meeting animé par Birame Ould Dah Ould Abeid, président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) dans la ville d’Atar, mercredi 20 février 2013, a été considéré par ses partisans comme une gifle administrée à tous ceux qui croient pouvoir détruire le combat du mouvement.
Allusion à l’information distillée, selon Birame, par les forces qui lui sont hostiles et qui n’ont rien trouver de mieux pour l’abattre que de tisser des mensonges sur sa prétendue intention de brûler le Coran.
« Il est plus aisé pour les esclavagistes et leur clergé d’entreprendre un tel acte que moi qui ne m’adosse qu’au Livre Saint et à la Sunna du prophète pour déconstruire l’idéologie hérétique de cette classe de dominateurs » dira Birame.
Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) à Atar « Prétendre que je vais brûler le Coran est une tentative mensongère et vaine de m’abattre »
Encadré : 1
« Pourquoi El Mehdi a menti en soutenant que je vais brûler le Coran »
L’opinion a été fortement surprise par la défection de l’ancien faqih d’IRA, Mohamed Ould Mohamed Lemine Ould Habiboullah, plus connu sous le nom d’El Mehdi. Sa défection était intervenue lors de la tournée de l’organisation à Nouadhibou vers la mi-février 2013. Une chaude dispute l’avait opposé au président Birame Ould Dah Ould Abeid, à la suite de quoi il s’est retiré, pour tirer quelques heures après, via des sites Internet, sur son ancien protecteur. Il y soutenait en substance que Birame à l’intention de brûler le Coran.
« Ce qui est ridicule, dira Birame, c’est que ce type qui était interdit de parole, pour ses positions favorables à IRA, sur tous les sites, toutes les télévisions et radios dirigées par la classe esclavagiste, s’est retrouvé propulsé immédiatement sur la scène médiatique. Ses paroles jugées de sataniques sont devenues subitement des vérités coraniques » ironisera Birame.
il estime par ailleurs qu’El Mehdi a été récupéré par les forces esclavagistes pour les servir dans le combat implacable qu’elles mènent contre IRA, cette organisation dont le seul tort est d’avoir pris pour sens de son combat la libération physique et mentale des populations Harratines encore sous domination. Sur les raisons du départ d’El Mehdi, Birame dira qu’il est venu d’abord le voir pour marchander la libération d’une femme accusée d’esclavage à Guerrou, sa ville natale.
Il lui a dit que cette femme a un parent qui est prêt à payer cher pour qu’il délaisse le dossier. Le refus de Birame qui lui a fait comprendre l’insulte de sa démarche viendra s’accumuler avec d’autres déceptions, notamment le fait d’avoir cru trouver en Birame une poule aux œufs d’or, fort des rumeurs qui parlent de la richesse cachée du président d’IRA, des mannes européennes et israéliennes qui lui tombent dans l’escarcelle et ses facilités de faire voyager les gens à travers Europe.
« Son mensonge est d’autant plus vil que les gens sincères ne croient à un traître mot de ce qu’il a dit ». Pire, Birame dira que l’impuissance d’El Mehdi à tirer des jeunes d’IRA pour servir sa propagande auprès du président Aziz, après son entrée au palais présidentiel et le refus de Mohamed Ould Abdel Aziz de le recevoir car il ne lui apportait rien, ne font que le conforter dans l’idée que son combat est juste.
« S’il ne reste que le mensonge, la filouterie, la traîtrise et les manigances pour ternir mon image, alors je plains mes adversaires pour la futilité des armes qu’ils utilisent dans leur combat contre moi » soulignera Birame. En réitérant le caractère mensonger de la propagande lancée contre lui et bâti sur une utopique incinération du Coran, Birame a réitéré son appel à tous les Mauritaniens qu’il a invité à taire leurs dissensions pour s’unir autour d’idéaux partagés, tels que la justice, l’équité, l’honnêteté, la droiture, et le retour aux sources du Coran et de la Sunna.
Face à un public nombreux, estimé à quelques 3.000 personnes, le meeting animé par Birame Ould Dah Ould Abeid, président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) dans la ville d’Atar, mercredi 20 février 2013, a été considéré par ses partisans comme une gifle administrée à tous ceux qui croient pouvoir détruire le combat du mouvement.
Allusion à l’information distillée, selon Birame, par les forces qui lui sont hostiles et qui n’ont rien trouvé de mieux pour l’abattre que de tisser des mensonges sur sa prétendue intention de brûler le Coran. « Il est plus aisé pour les esclavagistes et leur clergé d’entreprendre un tel acte que moi qui ne m’adosse qu’au Livre Saint et à la Sunna du prophète pour déconstruire l’idéologie hérétique de cette classe de dominateurs » dira Birame.
Encadré : 2
L’homme qui voulait tuer Birame
La présence de Birame Ould Dah Ould Abeid à Atar le mercredi 20 février 2013 a été émaillé par un incident inédit. Un dénommé Abdallahi Ould Lebchir, un activiste local des droits des enfants, est venu voir le président d’IRA dans sa résidence pour lui présenter ses excuses. L’homme avait exhibé une énorme pierre qu’il déclara avoir voulu utiliser lors du meeting pour tuer Birame, suite aux rumeurs qui évoquaient son intention de brûler le Coran. « Mais quand j’ai entendu ton discours, et le démenti formel que tu as apporté à une telle rumeur, j’ai su que j’allais commettre une forfaiture impardonnable.
Aussi, j’ai tenu à venir te voir pour te présenter mes excuses les plus solennelles » témoignera Abdallahi Ould Lebchir, en présence des partisans de Birame, de son staff et d’un groupe de journalistes. L’information aussitôt publiée, Abdallahi Ould Lebchir se fera tirer les oreilles par deux parents proches, le Général Meguette, chef d’Etat-major de la Garde nationale et le député Ould Maham. Ils lui ont souligné deux erreurs monumentales qu’il aurait commises, selon eux.
La première est d’avoir eu l’intention de commettre un crime et la seconde, d’être venue voir la victime pour le lui dévoiler et lui présenter des excuses. Ce à quoi Abdallahi Ould Lebchir aurait répondu qu’il tenait avant tout à libérer sa conscience en accomplissant un devoir religieux qui l’oblige à demander pardon à celui qu’il allait offenser et attenter à sa vie.
Arrivée mercredi 20 février 2013 tôt le matin à Atar, après une nuit à Akjoujt, la délégation d’IRA, constituée de son président Birame Ould Dah Ould Abeid, de ses conseillers et de son « Comité de la Paix » qui assure sa protection, ont déposé leurs valises au siège de la représentation locale de l’ONG SOS Esclaves à Ghneïmrit. Là où des dizaines d’habitants d’Atar, cadres et activistes des droits de l’homme viendront lui rendre visite.
Encadré : 3
Accueil triomphal à Zouerate
Des dizaines de sympathisants et plus d’une trentaine de voitures ont accueilli, jeudi 21 février 2013, la délégation d’IRA à une dizaine de kilomètres de Zouerate, dernière étape d’une tournée dans le Nord du pays. La population de la cité minière sera tirée de sa torpeur par le défilé motorisé improvisé la nuit, sous le clignotant des véhicules et les klaxons. Alors que les enfants couraient en scandant « Birame ! Birame ! », les habitants s’étaient massés devant le seuil de leur concession pour assister à cette démonstration de force de Birame et de ses amis. De temps en temps, certains lançaient des « Zéro ! » timides.
Entre ceux qui riaient ironiquement de cette procession de « Harratines » qui scandaient « Non à l’esclavage ! Oui, pour la liberté ! », quelques voiles couvrant des gorges étranglés par d’interminables youyous de victoire. Dans la foulée, les Imams de Zouerate faisaient passer dans Chinguitty TV (la seule chaîne apparemment embastillée par le clan opposé à Birame selon ses partisans), un communiqué laconique qui indiquait qu’une khotba unifiée sera lue dans toutes les mosquées de la ville pour dénoncer l’arrivée de Birame Ould Dah Ould Abeid à Zouerate, voyant en cet homme un élément dangereux pour l’unité du peuple mauritanien.
Des séances de prise de contacts, d’échanges et de discussion autour de questions soulevées autour d’IRA et de son président, jalonneront la journée. Le meeting L’apothéose de la visite sera atteinte aux environs de 15 heures. La place centrale réservée aux meetings à Atar commencera à se remplir dès 15 heures. Un public coloré, formé de militants, de sympathisants et de simples curieux de toutes les composantes de la population locale.
Encadré : 4
Chapeau à la Police de Zouerate
Notre confrère Thiam Mamadou du journal « Le Calame » a été victime de vol à Zouerate, vendredi 22 février 2013 aux environs de 10 heures, alors qu’il était absent, lui et deux de ses confrères de leur lieu de résidence. Un malfaiteur s’est glissé dans le rang des organisateurs qui étaient chargé de l’accueil de la délégation d’IRA à Zouerate.
Lors d’un entretien entre un des journalistes qui était resté et une délégation de syndicaliste au lieu d’hébergement à la Résidence Mounina, le dit voleur, Ahmedou Ould Hamadi Ould Maatala, en a profité pour voler le matériel de Thiam, un ordinateur portable plus son appareil photo et leurs accessoires. Une plainte a été immédiatement déposée auprès du commissariat de police de Zouerate.
Le voleur sera identifié après le meeting de Zouerate, alors qu’il était au lieu d’hébergement de la délégation, faisant comme si de rien n’était. Moins de dix minutes d’interrogatoire par les hommes du commissaire Jaafar, Ahmedou Ould Hamadi s’effondrera. Il avouera son forfait, avant de conduire les enquêteurs chez sa grand-mère à qui il avait confié le matériel. Thiam Mamadou a aussitôt retiré sa plainte, mais l’affaire suit son cours normal et devra être soumis aujourd’hui à l’appréciation du procureur de la République de Zouerate.
« Les rumeurs véhiculées depuis quelques jours sur l’intention de Birame de brûler le Coran et la campagne de médisance menée tambour battant par des chaînes de télévision, comme Chinguitty TV, pour alimenter une propagande basée sur la médisance, la désinformation et le mensonge outrancier, ont constitué les principaux sujets de curiosité de la majeure partie du public », témoigne Alioune Sow, « médecin » de la délégation d’IRA.
Encadré : 5
Echange inédit
Trois années après l’incident d’Arafat 1, Birame Ould Dah Ould Abeid et le commissaire de police Jaafar, actuellement à Zouerate, se sont parlés pour la première fois au téléphone. C’était le vendredi 22 février 2013 suite à un larcin commis par le fils d’un sympathisant d’IRA sur le journaliste Thiam de la délégation. Birame voulait, dans la limite de ce que permet la loi, que cette affaire soit réglée à l’amiable, Thiam ayant retiré sa plainte.
Il faut dire que le 13 décembre 2010, le commissaire Jaafar qui était en poste à Arafat 1 était celui qui avait chargé les manifestants d’IRA. C’est lui l’homme à la cheville recouverte de bandage dont la photo avait fait le tour des rédactions du pays.
Aux environs de 17 heures, l’arrivée du président Birame Ould Dah Ould Abeid soulèvera un véritable vent d’enthousiasme, alors que la place centrale d’Atar refusait du monde. Sur la tribune, des personnalités et des cadres de premier plan de SOS Esclaves et d’IRA avaient pris place dès les premières heures, alors que les jeunes rappeurs du mouvement, « Chikobaze » et « Double Black Hartanie » enflammaient la foule.
C’est avec mille difficultés que les jeunes du « Comité de la Paix », sous la férule de Yacoub Diarra, parviendront à frayer un chemin pour Birame, submergé par les acclamations, la ferveur populaire et les youyous stridents des femmes. Plusieurs intervenants prendront la parole.
Mohamed Ould Sghaïr, Coordinateur de SOS Esclaves au niveau de l’Adrar, souhaitera ainsi la bienvenue à la délégation d IRA et à son président, avant de demander au public de bien tendre l’oreille pour écouter le discours de Birame. Lui succédant, le Faqih d’IRA, Mohamed Vall Ould Mohamedou reviendra sur le caractère hérétique des livres de chevet de la classe religieuse mauritanienne, notamment les livres de Khlil, Dessoughi, Hatab et Lakhdari, entre autres, soulignant que ces ouvrages ne reflètent que l’opinion de leurs auteurs et contredisent en ce qui concerne l’esclave et la stratification sociale, l’enseignement islamique.
Il demandera aux Ulémas mauritaniens de retourner aux véritables sources de la religion, à savoir le Coran et la Sunna, considérant que les livres des exégèses esclavagistes ne font qu’approfondir les clivages au sein du peuple mauritanien, entre dominés et dominants, maîtres et esclaves, nobles et castés, alors qu’Allah a pesé la valeur des humains sur la balance de la seule foi, sans considération de la couleur de leur peau ou de leur appartenance sociale. Le discours Ce fut au tour de Birame Ould Dah de prendre la parole sous un tollé d’applaudissements et les rumeurs sourdes d’un public électrisé.
Le président d’IRA axera son intervention autour de plusieurs points, dont le plus important est le cinglant mensonge apporté aux rumeurs véhiculés par un mécontent de son mouvement, devenu depuis lors la flèche empoisonnée dont s’est emparée une multitude d’ennemis jurés pour le dresser contre l’opinion publique. Il s’agit du religieux El Mehdi qui avait rejoint IRA au moment de l’autodafé des livres esclavagistes en avril 2012 à Riyad (Nouakchott). Selon Birame, l’érudit n’était mû que par des visées mercantilistes avant de se rendre compte qu’il n’avait ni argent à lui offrir, ni facilités de voyage en Europe à lui offrir.
« Il a inventé ce complot contre le Coran pour dresser les Mauritaniens contre ma personne », dira Birame, qui trouve curieux que des érudits mauritaniens puissent entreprendre une telle campagne pour le bouter hors du cercle des croyants, à l’heure où il appelle les Mauritaniens à un retour aux sources originelles de l’Islam pur.
Birame a exprimé sa crainte que le fait de répéter sans cesse ce mensonge sur l’incinération du Coran, ne soit un sujet dévalorisant pour le livre Saint pouvant pousser n’importe qui à croire qu’il s’agit après tout d’un acte banal. Birame invitera ainsi ses adversaires à se battre avec lui à arme égal et avec loyauté, loin du mensonge, de l’affabulation, de la mesquinerie et de la traîtrise.
« Un duel transparent à visage découvert axé sur la franchise et la vérité » les défiera—t-il. Pour finir, Birame a mis en garde le président Mohamed Ould Abdel Aziz contre l’emprise des esclavagistes et de la classe féodalo-religieuse qui continuent à le pousser à ne pas appliquer la loi contre les pratiques esclavagistes, citant les nombreux cas avérés présentés à la justice, dont la dernière, celle de Rahme Mint Legreïvy, qui s’est soldée par un court-circuitage des procédures judiciaires. Birame s’étonne même qu’une telle loi de la République soit devenue la « Loi Birame », l’Etat et ses organes considérant que l’esclavage est un phénomène qui ne concerne que le mouvement IRA, dans un mouvement de totale démission.
Encadré : 6
Choum : Une ville divisée
Ce qui se passe à Choum, ville à mi-chemin entre Atar et Zouerate est inadmissible. Choum présente en effet la particularité d’être divisé en deux ; le choum des « Blancs » du côté nord des rails qui relient Nouadhibou à Zouerate, et le Choum des « Harratines », situé du côté de la route reliant la, ville à Atar. Les habitants de ce bord-là estiment être lésés, accusant les autorités de les priver de tous les avantages destinés aux habitants, notamment l’octroi des financements de microcrédits, ou la distribution de vivres.
« L’Etat et ses administrateurs publics, ses forces de l’ordre et de sécurité ainsi que ses magistrats font comme si cette loi qui a été votée par le parlement mauritanien et promulguée par le président de la République ne concerne que moi et mon organisation, se contentant simplement des cas que je présente et qui finissent dans le déni de justice », conclura-t-il.
Cheikh Aïdara
