27-02-2013 20:19 - La Mauritanie et l'Algérie en guerre contre les trafics.
A la suite d'incidents récents importants qui ont remis le problème des trafics sur le devant de la scène, les autorités mauritaniennes et algériennes prennent des mesures visant à garantir une plus grande sécurité aux frontières.
Les autorités mauritaniennes ont ainsi "confisqué de grandes quantités d'essence importées illégalement dans la capitale de Nouakchott en passant par la ville d'Akjoujt", a rapporté Akhbarelyom le jeudi 21 février.
Vingt-quatre heures auparavant, les forces de sécurité algériennes avaient saisi 13 000 litres de carburant à proximité de la frontière mauritanienne.
Le carburant était dissimulé dans 13 cuves en plastique de 1 000 litres, ont fait savoir les responsables de Béchar. Le camion des trafiquants a été retrouvé abandonné dans le désert.
La valeur du carburant saisi s'élève à plus de 97 000 euros.
Ce type d'opération entre dans le cadre des efforts livrés par les Algériens et les Mauritaniens afin de contrer la menace d'infiltration terroriste par les groupes criminels alliés en provenance du nord du Mali. La vaste région désertique de la frontière séparant l'Algérie et la Mauritanie est considérée comme un corridor essentiel aux trafiquants d'armes, de carburant et de cigarettes. Les activités de trafic ont entraîné des affrontements entre les criminels et les forces armées mauritaniennes.
Les trafiquants ont également passé une alliance avec al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI). L'arrestation la plus importante avait été celle d'Omar Sid'Ahmed Ould Hamma, alias Omar le Sahraoui, qui avait été remis au Mali par les autorités mauritaniennes en août 2010. Zouerat, à 600 kilomètres au nord Nouakchott, est la plus grande ville mauritanienne à recevoir des objets de contrebande de ces gangs, en raison de sa proximité avec la frontière entre l'Algérie et la Mauritanie.
La Mauritanie a déjà grandement souffert des trafics initiés par des bandes organisées tout le long de sa frontière au nord, où il y a une vaste zone désertique, a déclaré à Magharebia Mohameden Ould Akah, directeur d'Hasad.
"C'est à travers cette zone que transite la contrebande en direction du désert du Sinaï en Egypte", explique-t-il. "C'est pour cela que nous avons des trafics de cigarettes, de drogue et de carburant, qui ont un impact très négatif sur l'économie locale". La détermination avec laquelle les forces mauritaniennes ont affronté ces groupes ces cinq dernières années et l'extension de leur contrôle sur les zones utilisées par les criminels a mené à une baisse significative des trafics.
Autre mesure visant à renforcer la sécurité frontalière et à garantir la sûreté de ceux qui transitent dans ces zones, les autorités mauritaniennes ont organisé un atelier de travail régional le 18 février à Nouakchott.
Un certain nombre de maires et de conseillers locaux, maliens et mauritaniens, des régions concernées ont participé à cette rencontre.
Par Jemal Oumar pour Magharebia à Nouakchott
