02-03-2013 01:30 - Recours à la baltajiye : Le pouvoir pris de panique
Le pouvoir mauritanien a toujours fait preuve d’un grand respect des libertés politiques, autorisant les manifestations de l’opposition, qu’il ne manque pas d’accompagner régulièrement d’un dispositif sécuritaire draconien pour assurer la sécurité des personnes et des biens, tout en mettant en garde ses forces de l’ordre contre des persécutions à l’endroit des protestataires.
Pour bien afficher sa sincérité de renforcer ces libertés, le président de la République Ould Abdel Aziz, minimisant certains meetings monstres de ses opposants, les avait même appelé ironiquement à mobiliser plus de troupes, rassurant que ces manifs ne l’effraient point.
Mais, avec ces graves actes d’intimidation propres au printemps arabe commis récemment sur les sympathisants du Rfd, les observateurs pensent que le régime assagi par les problèmes de tout part, commence à perdre ses nerfs, à déborder et à s’engager dangereusement dans la violence qui présage comme l’arrivée de l’hirondelle cette imminence du printemps des régimes.
Réagissant aux derniers actes d’intimidation dirigés contre ses militants, le Rfd s’est déclaré non surpris par cette baltajiye, qualifiant le pouvoir de lâche, en osant lancer des hordes de criminels et de voleurs contre son rassemblement, dans une tentative désespérée de faire échouer cette manifestation, qu’il était plutôt censé protéger de tout trouble pour concrétiser son profil d’Etat démocratique garant des libertés.
Remerciant ses militants « qui ont afflué par dizaines de milliers vers la place Ibn Abass et ont refusé de quitter leurs places jusqu’à la fin du meeting, faisant face avec courage et sagesse aux hordes de criminels de Mohamed Ould Abdel Aziz », Le rfd dit ne pas s’étonner du comportement d’un pouvoir, sans valeurs morales et démocratiques, ne se préoccupant que d’amasser la plus grande quantité d’argent sale, face aux manifestations pacifiques de l’opposition.
Comme Tawassoul, le parti de l’Unad a dénoncé lui aussi ces attaques à l’arme blanche contre les militants du Rfd, accusant le pouvoir du président Aziz d’être l’instigateur de ces troubles visant à intimider les populations mauritaniennes qui, désabusées par le discours officiel, se rendent de plus en plus massivement dans des meetings de protestation contre l’arbitraire et la mauvaise gestion du pays.
D’ailleurs, le parti d’obédience islamiste de Jemil Mohamed Mansour entend mieux mettre en place une politique de prévention pour assurer la bonne organisation de ces futurs meetings en envisageant à chaque manifestation plus de 300 militants pour stopper les semeurs de troubles.
Notons enfin à propos du terme baltajia qu’il désigne les troupes recrutées parmi les délinquants et les criminels par les régimes autoritaires du monde arabe, plus généralement chez les personnes analphabètes et sans ressources, hommes ou femmes pour renforcer les forces de polices lors de missions où la violence est requise et lorsqu’il s’agit de conserver le pouvoir : bourrage d’urnes, tabassage d’opposants, attaque de manifestants, voire contre-manifestation violente comme lors de la « bataille des chameaux » place Tahrir au Caire, lors de la révolution égyptienne de 20115, mais aussi intimidation de candidats de l’opposition et achats de voix.
Soumeya
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