01-03-2013 17:12 - B’il a dit…
B’il a dit et redit des tas de choses. B’il a dit et redira des tas d’autres choses. La dernière, la toute dernière, concerne le bien marié parmi tous les biens mariés de la République, toutes les Républiques, et probablement, monarchies des temps modernes. Le gendre du premier magistrat du pays, qui espère, pourquoi pas, entrer en gendre, comme on dit, aux confins de la Suisse.
Il est entré en véritable gendre à la SNIM. Il a été recruté, au sein de la fierté de la souveraineté nationale, le géant du fer, sans concours, ni recourt, ni cours. Il a été, le bien marié de la fille du président de la République, qui tempêtait et tonnait, il n’y a pas longtemps, contre les largesses accordées par ses prédécesseurs aux siens, engagé comme cadre.
Sans le fameuse période d’essai de six mois, ni un contrat de durée déterminée, avant la titularisation effective. Des petites choses qu’on appelle réglementaires et qu’un gendre du premier citoyen du pays pourrait bien s’en passer. Mais, la SNIM a, peut-être, ses raisons.
On est enclin à le croire, si on sait que l’époux de la première fille du pays doive nécessairement être investi d’une mission à l’étranger. La cerise sur le gâteau. Du mariage. Cinquante jours, en France, où le gendre saurait servir de cornac à sa jeune épouse dans des contrées de l’Hexagone qu’elle ne connaissait pas, peut-être. Lui faire visiter Lille, où l’ancien étudiant savait merveilleusement allier les études es comptabilités aux négoces des voitures d’occasion.
Maintenant, on peut dire, dans ce qu’on peut dire, que les opposants et autres envieux à l’envers de la rectification, n’ont plus rien à dire. Et ne pourront jamais démentir le président de la République, ni lui apporter une quelconque contradiction, vis-à -vis de son discours tenu, il y a un an, justement, à Nouadhibou, non loin du siège social de la SNIM. Lorsqu’il a dit qu’il a réalisé, en trois ans, ce que tous ses prédécesseurs n’ont pu faire en cinquante ans.
Le gendre est venu, jusqu’à la SNIM, à quelques mètres de la place où avait tenu son beau-père ces propos, pour attester, justement, ce que l’opposition considère comme allégation. Aujourd’hui, c’est établi. Prouvé et attesté. Avec le recrutement du gendre du président, on assiste à une réalisation, c’est bien vrai, jamais faite par quiconque de tous les chefs d’Etat, qui ont eu à diriger le pays. Il a raison. En peu d’années, on peut bien faire ce qu’on n’a jamais pu réaliser en un siècle.
B’il a dit et redit des tas de choses. B’il a dit et redira des tas d’autres choses. La police essaie de revenir pour reprendre en charge la sécurité dans la ville de Nouakchott. Elle revient à la rescousse des jeunots du général Mesgharou, qui sont là , sans jamais savoir pourquoi. Rien qu’à les voir, on croit comprendre leurs excuses. S’excuser et dire, dans ce qu’ils pourraient dire : ‘’nous sommes désolés, nous sommes là , mais nous ne savons pas pourquoi nous sommes là .’’
La police revient pour, dit-on, tenter de réduire le bilan, très lourd déjà , de l’insécurité au sein des quartiers des grandes villes. Les opérations de cambriolages sur fond d’agressions écument les nuits désespérantes de nouakchottois. On tue, désormais, pour un petit rien. Pour téléphone, qui perd le réseau, on peut perdre sa vie, dans une venelle de Toujounine. Tout comme on peut la perdre, tout bêtement, parce qu’un démuni, en quête déraisonnée pour sa pitance, a vu des signes d’opulence relative sur soi.
Un boubou, amorti, mais dressé par l’amidon, déclinant une fausse apparence à son porteur, celui-là , qui se verrait poignardé, ensanglanté pour être spolié du rien qu’il n’avait pas en sa possession. Les cas d’agressions sont légions, et nourrissent peurs et inquiétudes chez les populations.
La police pourrait bien aider à réduire les cas d’agression. Mais, elle ne dispose pas de solutions miracles pour le désœuvrement doublé de dénuement des agresseurs. Elle pourrait bien les placer, gonfler les effectifs des prisonniers. Mais, la source du mal demeure intacte : La misère. La misère occasionnée par l’absence totale de l’autorité, dans sa dimension généreuse. Pas seulement, l’autorité dans son acception coercitive. Le tout sécuritaire n’est pas la solution. Mais, le tout alimentaire.
B’il a dit et redit des tas de choses. B’il a dit et redira des tas d’autres choses. Le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz est en train d’introduire une plainte contre le député français Noël Mamère. Hamdi Ould Mahjoub, le ministre de la communication, en sa qualité d’avocat, serait chargé du dossier, épaulé par un collectif d’avocats parisiens.
Me Hamdi Ould Mahjoub s’est envolé, samedi dernier, vers Paris. Les propos de Noël Mamère dérangent, semble-t-il, en haut lieu. L’opposition a même surfé sur l’affaire. Un peu cynique, elle a exigé que cette accusation soit élucidée, à défaut d’une plainte contre le député. Moustapha Ould Chafi, dans une interview accordée, à notre journal, s’est dit peu surpris de cette accusation. Lui, qui, en 2007, a appris l’existence d’une transaction compromettante, à laquelle serait impliqué Mohamed Ould Abdel Aziz, alors, colonel, directeur général du BASEP. Et parle même d’un enregistrement…
On ne sait pas vers quoi déboucherait cette plainte. Certains membres de la majorité pensent que le président n’a pas besoin de faire beaucoup de bruit sur cette affaire. Et espèrent qu’il la laisse se tasser comme tant d’autres. On verra bien d’ici quelques jours, comment la presse de l’Hexagone ira-t-elle traiter cette affaire.
B’il a dit et redit des tas de choses. B’il a redit et redira des tas d’autres choses. Dans une rencontre récente avec une délégation tribale, le président de la République, pour une fois, s’est montré très avenant. Les émissaires tribaux n’ont rien compris. Ils auraient cru s’être trompés. Et qu’ils étaient avec quelqu’un d’autre. Pas en audience avec le président de la République. Pas en tout cas, penseraient-ils, avec Mohamed Ould Abdel Aziz. L’homme était avenant. Sympathique. Il aurait même dit qu’il serait désolé de toutes les mauvaises choses qui se passent dans ce pays. Et qu’il rectifierait tout.
Certains lient ce revirement subit, de l’arrogance à l’élégance, aux élections futures. Ces mêmes élections qui le font revenir marche arrière, en blanchissant, par une nomination en haute sphère, le tout nouveau ministre de l’Habitat. Celui-là qui a été limogé à la suite de malversations. Mais, qui, semble-t-il, a bien travaillé dans la vallée, lors de la dernière élection présidentielle. Il aurait sans doute donné de bises à cet ancien fils de canton, Ba Yahya Bocar, pour l’amadouer davantage. Et le renvoyer à la conquête du Gorgol, par la suite.
On se souvient que son discours réformiste avait bien pris chez le peuple. Il était inconnu, à l’époque. Il pouvait tout dire. Et, le peuple tout croire. Mais, cinq années se sont écoulées, depuis. Et, les mauvaises nouvelles de Nouakchott volent et s’envolent jusqu’au plus reculé des coins et recoins…
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