03-03-2013 17:57 - Mauritania Airways- Sahel Bunkering : Un parallèle qui rend perplexe.
La société soudano mauritanienne pour l’approvisionnement des navires en carburant (sahel Bunkering) vient de mettre la clef sous le paillasson au plus grand désarroi de la soixante d’employés jetés à la rue alors qu’ ils croyaient avoir décroché un job stable. La liquidation de la société a été prononcée suite à la chute brutale des ventes résultant du départ de la flotte des bateaux européens.
Pourtant tout semblait sourire à cette entreprise nées sous de bons auspices et à laquelle le gouvernement mauritanien avait accordé un monopole étonnant pour 25 années. Cette entreprise dans laquelle étaient actionnaires les présidents Omar Hassan El Bechir et Mohamed Ould Abdel Aziz a connu ce fonctionnement éphémère du fait qu’elle n’a pas été bâtie sur des bases saines.
Dès l’entame de ses activités, Sahel Bunkering s’était distinguée par des pratiques peu orthodoxes et une protection politique à l’époque incompréhensible qui font que ses pratiques commerciales s’assimilaient plus à du racket qu’à une logique économique orthodoxe.
En effet L’ex Colonel Cheikh Ould Baya jouait le rôle de commercial (Une sorte de VRP de luxe) et obligeait tous les bateaux à se ravitailler exclusivement auprès de sahel Bunkering. (Rappelons que l’associé de Mohamed Ould Abdel Aziz, Hamady ould Bouchraya s’adonnait à la même activité ou presque en Guinée Bissau) Créée il y a moins de deux ans, Sahel Bunkering, est détenue hauteur de 34% par l’Etat mauritanien, qui y a mis de l’argent des contribuables.
Bien entendu avant l’arrivée de cette société, les prix qui étaient pratiqués par les autres opérateurs sont ceux de Las Palmas Plus 25 à 30 dollars Us par TM (Tonne métrique). Aussitôt, Sahel Bunkering les fixe à , Las Palmas plus 40 dollars avant de passer outre un accord avec la fédération des pêches et de les fixer à Las Palmas plus 70 dollars.
Pris à la gorge, les armateurs n’avaient d’autres choix que de se soumettre racket de Sahel Bunkering surtout que derrière elle se profilait l’ombre du tout puissant Colonel Cheikh Ould Baya prêt à dégainer à la moindre incartade et à frapper de ses foudres les bateaux récalcitrants.
Face à ces pratiques d’un autre âge, plusieurs navires auraient renoncé aux eaux mauritaniennes préférant aller au Sénégal voisin malgré des eaux moins riches mais assurés d’être traités équitablement.
Avant sa fermeture, Sahel Bunkering avait déjà vendu plus, 300 000TM fois 40 dollars soit un gain de plus 12 millions de dollars US. Bien entendue l’entreprise n’a pas payé ses impôts mais avait mis en place un système de rémunération qui était un véritable pillage de l’entreprise.
En effet le président du conseil d’administration, le Docteur Cheikh Ould Mokhtar Ould Horma, l’ex Ministre de la Santé qui avait été débarqué suite à un scandale de gestion y trouve un point de chute avec une rémunération de plus de 20.000 dollars par mois auxquels il faut ajouter un V8 de fonction, le domicile, l’ameublement et le téléphone.
Divers autres fonctionnaires et administrateurs nommés par Mohamed Ould Abdel Aziz lui-même gagnaient entre 2000 et 7000 dollars par mois. Bien entendu le PCA était plus qu’impliqué dans la gestion de Sahel Bunkering par son directeur général le soudanais Mouhiye Dine Mohamed Dafala dans la mesure ou il signait les actes et disposait d’un bureau au sein de la société.
D’autres parts Mohamed Ould Debbagh se trouve en prison depuis bientôt un mois, pour une pseudo accusation de faillite volontaire d’une entreprise où il ne gérait rien ni ne signait rien et qui le payait beaucoup moins de deux milles dollars et qui ne lui fournissait ni véhicule de fonction ni téléphone ni résidence.
Bien au contraire Ould Debbagh avait écrit aux autorités pour dénoncer la gestion calamiteuse des tunisiens. Mauritania Airways est née en décembre 2006 avec un capital de 10 Millions de dollars U.S, détenu par Tunisair 51%, BSA 39% et l’Etat mauritanien 10% ( c’est Mohamed Ould Bouamatou qui avait convaincu ses partenaires tunisiens de céder chacun 5% gratuitement à l’Etat mauritanien).
Selon l’organigramme, Tunisair avait en charge la responsabilité de la gestion financière et technique de la compagnie, et BSA s’arrogeant le rôle de facilitateur auprès de l’administration. Quant au conseil d’administration son président n’avait aucune prérogative et le conseil pouvait même délibérer en son absence.
Les activités de la compagnie ont débuté en 2007, et dès 2008, BSA informera la partie tunisienne qu’elle porte réserve quant au non respect par Tunisair de ses engagements, dénonçant au passage les pratiques népotistes du directeur général de l’époque qui avait nommé son neveu au poste de directeur financier et gelant le versement de sa part de la 3ème tranche du capital tant que ses réserves ne seront pas levées.
L’Etat mauritanien, contre toute logique commerciale, décida de créer sa propre compagnie pour la seule et unique raison d’acheter de vieux appareil mais avec à la clef une commission pour un mystérieux intermédiaire. Tout ce qu'il fait pour SAM (société des aéroports de Mauritanie), SOCOGIM et SMPP, le gouvernement mauritanien pouvait nationaliser, Mauritania Airways au lieu de s’embourber dans la création d’une nouvelle entité.
Ainsi la faillite de la compagnie était scellée et le coup de semonce viendra avec le black-listage de l’ANAC qui privait désormais la compagnie de ses lignes rentables comme Nouakchott-Las Palmas et Nouakchott -Paris. Ainsi la messe était dite, alors si quelqu’un doit se retrouver aujourd’hui en prison pour la faillite de Mauritania Airways ce n’est pas Mohamed Ould Debbagh mais Mohamed Ould Abdel Aziz ou à défaut les directeurs généraux tunisiens. Mais pourquoi ce deux poids deux mesures ?
Pourquoi les dirigeants de Sahel Bunkering où il ya de l’argent publics ne se retrouvent-ils pas en prisons alors que l’un de ceux de Mauritania airways où il n’ya pas une ouguiya publique y a élu domicile depuis presque un mois ? La seule explication de cette incongruité est que la Justice est inféodée à Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Debbagh est en prison pas pour une faute commise mais simplement parce que telle est la volonté du président de la République.
B.C.
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