04-03-2013 09:40 - L’appât du gain serait-il le nerf de la guerre qui oppose Ould Abdel aziz à Mohamed Ould Bouammatou ? Allez savoir !
Nous venons de vivre aujourd’hui une étape importante dans ce qu’il convient d’appeler désormais l’Affaire BCM-GBM. En effet, le communiqué du PDG de la GBM, publié aujourd’hui par plusieurs sites d’information m’a interpellé sur certains faits qui, à mon sens méritent d’être clarifiés.
Il est clair que la GBM n’était pas en difficulté : sa disponibilité à régler aux déposants les soldes créditeurs de leur comptes sonne comme une vérité crue et atteste d’un niveau de liquidité étonnant dans la place financière de Nouakchott et ce malgré les retraits de plus de 10 Milliards opérés sur son compte ;
La GBM est restée professionnelle et continue d’accorder un certain crédit à la Banque centrale sinon comment expliquer son invitation à ses clients débiteurs de verser leurs règlements dans son compte courant domicilié à la Banque Centrale ;
l’équipe qui entourent le gouverneur ne sont que des enfants de chœur qui chantent une chanson sur un rythme qu’ils n’entendent même pas ;
Mais ceci n’est que le constat que tout lecteur a dû faire en lisant ce communique.
Pour ma part, j’estime que je fais partie de cette génération de cadres ayant déjà servi dans le domaine de l’analyse et de la conception des politiques économiques de notre pays durant les deux dernières décennies. Mon expérience et ma jugeote, du reste modestes, me permettent cependant d’approfondir ma réflexion par rapport au communiqué de Bouammatou. Et de me poser certaines questions sans prétendre en avoir les réponses :
1. L’argent de Bouammatou était apparemment en Mauritanie, dans sa banque et investi dans ses autres sociétés ; la question que je me pose est de savoir ou se trouve l’argent de Aziz et de ses hommes. Apparemment cet argent est bien gardé dans des malles sous la protection du BASEP ;
2. Ma deuxième interrogation concerne la rançon de Sennoussi. Tous mes contacts au Ministère des finances sont unanimes : cet argent (en devises), n’est pas au trésor et n’est pas à la Banque centrale. Alors où est ce qu’il se trouve ? quelque part ! soit à l’étranger ou soit enfermé lui aussi dans des coffres à la Présidence.
3. Ma troisième interrogation est de savoir pourquoi donc cette forte thésaurisation de plusieurs millions de dollars (200) ; sachant que les détenteurs de ce trésor n’ont pas la réputation d’être des investisseurs, ils sont plutôt spéculateurs, je me suis dit que la seule opportunité qui s’offre en Mauritanie par ces temps de crise ne peut être qu’une seule qui puisse absorber tout cet argent : cette opportunité est peut être une dévaluation de l’ouguiya. Sachant que les experts du FMI ont toujours soutenu que l’ouguiya était sous-évaluée et vu les problèmes récurrents de notre balance des paiements, j’estime que la Banque centrale prépare une dévaluation pour les prochaines semaines qui fixera le cours de l’ouguiya à un peu plus de 500 UM pour 1 euro.
Ainsi donc ma lecture personnelle de cette vendetta personnelle dirigée par Mohamed Ould Abdel Aziz contre son cousin n’est qu’une simple histoire de fric. L’un voudrait profiter à lui tout seul des fruits de la dévaluation et pour être sûr que Bouammatou n’en profitera pas, il faut assécher ses ressources financières. Voilà c’est tout.
Yehdhih Ould Saleck
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