06-03-2013 00:02 - Le Sénégal : l’inévitable contamination d’Aqmi.

Le Sénégal : l’inévitable contamination d’Aqmi.

Non pas que le gouvernement sénégalais eut pris des dispositions en ce sens, mais plutôt par la seule volonté d’Aqmide rester discret sur ses agissements dans le pays.

Depuis 2008, pas moins d'une dizaine d’incidents terroristes ont eu pour théâtre le Mali et la Mauritanie à proximité de leur frontière avec le Sénégal, notamment à Aleg où 4 Français furent tués, à Bassikou, Abdel Begrou, Nema, à Nioro où le français Gilberto Léal fut enlevé, et dans le sanctuaire de la forêt de Wagadou. Les données viennent de changer.

Le président Macky Sall vient de signer un accord de coopération et de mutualisation des moyens antiterroristes avec son homologue mauritanien, le président Ould Abd el Aziz.

Avait-il le choix ? La diplomatie française se faisait insistante sur le sujet, la lutte impitoyable engagée par son voisin du nord pour éradiquer les bases arrière terroristes a fait franchir le Niger à de nombreux groupuscules, une cellule gambienne reliée aux réseaux terroristes s’efforce d’implanter un centre islamique à Dakar, en juin 2012 Aqmia pour la première fois proféré des menaces à l’encontre du pays, et en juillet de la même année, 10 personnes suspectées d’appartenir au groupe terroriste étaient arrêtées sur son sol.

Mais la raison principale reste évidemment le déclenchement de la guerre au Mali, qui a pour effet premier de provoquer l’éclatement des groupes Mujao, Ançar Edine et Aqmi et l’exode de petits éléments vers les pays circum jacents. Les douaniers installés au poste frontière de Kidira, sur l’axe Kayes-Bakel, n’ont pas tous des vocations de héros, et peuvent exciper de ce que les points de franchissement de la frontière sont nombreux que ce soit entre Kidira et le Niger ou au sud.

Il ne fait guère de doute que le ver est pourtant dans le fruit depuis quelques années. Les communautés maures et arabes, très présentes sur Dakar, jouissent depuis toujours de beaucoup de libertés, malgré le chaud et froid permanent des relations entre le Sénégal et la Mauritanie.

D’abord celle de vivre rassemblées dans des quartiers où elles ne sont pas inquiétées, celle du culte et de la prolifération des Imams, dont quelques-uns pas très catholiques se sont auto proclamés, celle d’avoir un quasi-monopole sur la bijouterie en argent, celle de la double nationalité sénégalaise et malienne ou mauritanienne, celle enfin, plus raffinée, de savoir qu’il en sera ainsi aussi longtemps qu’elles ne se mêleront pas de politique et ne contesteront pas certaines places de marché aux Ouolofs et aux Sérères.

Mais la minorité ultra, travaillée par les rebelles ayant fui le Mali et la Mauritanie, pourrait bien se réveiller brutalement. En organisant des enlèvements sur le territoire, d’abord. Cette pratique avait jusqu’ici épargné le pays, mais les nombreux projets auxquels Français et Américains participent sont très peu protégés, le pays étant considéré comme sûr, le vol mis à part. La constitution d’un cheptel d’otages est en effet une garantie non négligeable de survie pour les groupes terroristes.

L’élaboration des plans de protection prendra du temps. Il serait judicieux de prendre immédiatement des mesures permettant de savoir en permanence où sont les expatriés et de réagir au plus vite en cas d’incident. Pour cela, il n’y a guère que la géolocalisation. Un bon responsable de la sûreté ne sera pas superflu non plus.


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