07-03-2013 10:13 - Noël Mamère : « je ne veux pas être instrumentalisé...».

Noël Mamère : « je ne veux pas être instrumentalisé...».

Dans un communiqué dont «Le Calame» a eu la primeur, Noël Mamère revient sur la polémique qui lui a valu une plainte pour avoir diffamé le président mauritanien. Devant un tel emballement institutionnel et la foire médiatique qui l'accompagne dans notre pays, le député maire écologiste de Bègles a voulu prendre ses distances avec toute agitation insalubre qui n'honore pas son engagement public, politique et militant :

«suite à divers contacts et échanges avec des amis et camarades militants - y compris mauritaniens - je découvre que j'aurais accordé bien plus d'interviews et tenu plus de propos que je ne dois et peux pas avoir tenus au sujet du malheureux malentendu qui me vaut le courroux du président mauritanien».

Sans revenir sur le fond de sa pensée, il regrette que sa parole ait été vulgairement recyclée dans les chicayas internes au microcosme mauritanien : «il ressort de tous ces échanges que ma parole libre et spontanée est déjà abusivement instrumentalisée dans une série de manipulations économico-politiques et tribales qui déstabilisent un pays et un peuple que je respecte dans une région accumulant des crises tragiques qui n'épargnent pas mon propre pays».

Gros poissons mafieux

Contrairement aux déclarations colportées sur la toile et dans la presse locale par les partisans et les adversaires du général président de Mauritanie, le parlementaire girondin affirme qu'il n'a accordé qu'une seule interview à un journaliste africain qui serait basé au Maroc.

Pour le parlementaire français, les extrapolations diverses relèvent plus du contexte local qui semble fortement pollué par la guerre ouverte entre le président mauritanien et l'ex-«patron des patrons» - ancien allié et cousin et ami du président lui-même- qui vivrait en exil dans le royaume chérifien.

Pour couper court à toutes les surenchères polémiques, Noël Mamère précise : « à ce titre, je tiens à préciser que mon propos télévisuel - tenu lors de l'émission «28 minutes» du 21 janvier 2013 - n'avait pas vocation à stigmatiser le président mauritanien dans sa personne ni lui faire porter la responsabilité des trafics de drogue ou d'influences qui gangrènent la Françafrique au sens plus large». Et de conclure : «autrement dit : lors de mon intervention sur Arte, j'ai évoqué le président mauritanien, sans doute, abusivement.

Comme j'aurais pu dire «tchadien», «malien» ou «algérien»....Tant je ne visais pas l'homme lui-même mais plutôt les dysfonctionnements des appareils judiciaires – y compris chez nous en Europe - qui laissent parfois échapper de gros poissons mafieux comme cet autre homme dont j'ai parlé lors de mon intervention. C'est dire que, malheureusement, l'épithète géographique peut se décliner sur tout un continent».

Débat franco-français

Revenant sur le contexte de son intervention médiatique, le maire de Bègles exige que ses déclarations ne soient pas délocalisées si loin du débat démocratique hexagonal : «l'intérêt de mon propos était surtout d'attirer l'attention de l'opinion publique française sur les enjeux et risques de notre intervention en territoire étranger dont le moindre n'est pas la capacité des jihadistes terroristes à trouver refuge dans les états voisins trop longtemps abandonnés à la dictature et au sous-développement».

Sans renier sa solidarité avec les luttes menées par tous les peuples et démocrates africains, le député écologiste attire l'attention des citoyens mauritaniens sur les otages français du terrorisme sahélien dont le sort s'est aggravé depuis les récentes attaques contre Aqmi : «la France est engagée militairement au Mali et je compte nombre de compatriotes otages dans cette région où la chronique de leurs éventuelles survie et libération passent aussi par la collaboration active des autorités de Nouakchott».

Dont acte : la balle est dans les sables mouvants de notre impayable démocratie mauritanienne. A charge pour notre merveilleuse «terre des hommes»- si chère à Saint-Exupéry-de ne pas se tromper de mouton : en laissant le dernier mot aux bataillons judiciaires parisiens.!!!

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Communiqué de presse

Suite à divers contacts et échanges avec des amis et camarades militants-y compris mauritaniens- je découvre que j'aurais accordé bien plus d'interviews et tenu plus de propos que je ne dois et peux pas avoir tenus au sujet du malheureux malentendu qui me vaut le courroux du président mauritanien. Il ressort de tous ces échanges que ma parole libre et spontanée est abusivement instrumentalisée dans une série de manipulations économico-politiques et tribales qui déstabilisent déjà un pays et un peuple que je respecte dans une région accumulant des crises tragiques qui n'épargnent pas mon propre pays. En effet, la France est engagée militairement au Mali et je compte nombre de compatriotes otages dans cette région où la chronique de leurs éventuelles survie et libération passent aussi par la collaboration active des autorités de Nouakchott.

A tous ces titres, je tiens à préciser que mon propos télévisuel – tenu lors de l'émission «28 minutes» du 21 janvier 2013 traitant de la situation malienne - n'avait pas vocation à stigmatiser le président mauritanien dans sa personne ni lui faire porter la responsabilité des trafics de drogue ou d'influences qui gangrènent la Françafrique au sens plus large.

Autrement dit, je ne veux pas être instrumentalisé : lors de mon intervention sur Arte, j'ai évoqué le président mauritanien, sans doute, abusivement. Comme j'aurais pu dire «tchadien», «malien» ou «algérien»...etc. Tant je ne visais pas l'homme lui-même mais plutôt les dysfonctionnements des appareils judiciaires - y compris chez nous en Europe - qui laissent parfois échapper de gros poissons mafieux comme cet autre homme dont j'ai parlé lors de mon intervention. C'est dire que, malheureusement, l'épithète géographique peut se décliner sur tout un continent.

L'intérêt de mon propos était surtout d'attirer l'attention de l'opinion publique française sur les enjeux et risques de notre intervention en territoire étranger dont le moindre n'est pas la capacité des djihadistes terroristes à trouver refuge dans les états voisins trop longtemps abandonnés à la dictature et au sous-développement.

Noël Mamère

Député-Maire de Bègles







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Commentaires (22)

  • ouldelhartani (H) 12/03/2013 15:19 X

    A oui, maintenant que le CHERIF ARABE OULD ABDEL AZIZ est dans le besoin, on s'est rappelé qu'il est africain!! Cette histoire me rappelle l'histoire de ces quelques centaines des Maure blancs qui vivent en Occident sous le statut des réfugiés fuyants l'esclavage en même temps que leurs parents ne manquent pas d'occasion pour accuser Birame ou tout autre défenseure des droits de l'homme d'exploiter l’affaire de l'esclavage à des fins financières.

  • HELASS (H) 11/03/2013 02:02 X

    Nous étions tranquilles dans l'espoir que les choses se calment. Assez de surenchères qui n'enrichissent pas le débat. Franchement il suffit de la visite du président malien pour aggraver les choses et entraîner notre pays dans une situation qui nous touche déjà même en restant tranquilles et dans une plainte contre un anticolonialiste qui dénonce la présence des troupes étrangères qui le protègent

  • geronimo (H) 08/03/2013 00:01 X

    Pauvre type !!! Assumes tes paroles et donnes tes sources pour étayer tes propos. Aziz, ne lache rien... Vas jusqu'au bout !!!

  • babavall (H) 07/03/2013 18:14 X

    M Mamere vous êtes ridicule ..u n nigaud qui prend des airs de colon... j’espère que le président Aziz va pousser la plainte et que la Cour correctionnelle corrige enfin votre idiotie. Quat à ceux qui vous ont instrumentaliés, ils peuvent etre légion: soit du coté de vos compères des Vers (Mohamed Lemine O Dadde via Isler Béguin?) ou alors du coté de ceux que vous citez (Kassataya, Jedna Ould Deida de Mauriweb... )?

  • Nduyeejo (F) 07/03/2013 17:50 X

    Ça l'apprendra la prochaine fois il tournera sa langue mille fois ds sa bouche avant de dire qlq ch dont t'il est sûre a plus forte raison accuser.

  • Elwatani70 (H) 07/03/2013 17:40 X

    j'eespere que AZIZ ne veut pa retirer sa plainte contre ce politicard hasta on tire ca au clair.

  • HELASS (H) 07/03/2013 16:37 X

    Bien vu, Columbus, la plainte et la célébrité du député peuvent entraîner un pourrissement d'une situation très grave et urgente. Ce qui semble échapper à Babaghoura qui voit la diffamation sous chaque épithète.

    Il en compte " au moins quatre". Est-ce parce qu'il ne veut pas compter les continents parce que le communiqué parle de l'Europe et l'Afrique toutes entières.

    Je ne suis pas un champion des commentaires, mais cela fait plaisir de participer à faire baisser la tension générale.

  • jakuza (H) 07/03/2013 16:36 X

    Mr Mamère je vous trouve bien léger et un poil arrogant! Vous ne voulez pas être instrumentalisé! D'accord, mais vous vous arrogez le droit d'instrumentaliser l'honneur d'un chef d'Etat africain, apparemment pris au hasard dans le panier pourri de votre "fraçafrique à fric"... Quel culot!

    J'espères que le Président Mauritanien va vous donner une leçon, au nom des autres chefs d'Etat ses collègues, que vous méprisez tant. Les Français ont toujours ce côté condescendant avec nous, je dirais cons et descendants vers les ténèbres de l'ignorance. Tant que vous n'aurez pas compris que nous avons la même sensibilité humaine que vous....

  • Babaghoura (H) 07/03/2013 13:47 X

    Au lieu de s'en tenir à la diffamation d'un seul chef d'Etat africain, le Président Aziz, N. Mamère en diffament à présent -au moins- quatre, «tchadien», «malien» ou «algérien»...etc.

    Curieuse vision irrespectueuse de l'Afrique chez ce ... militant de la "gauche radicale"!

  • colombus (H) 07/03/2013 13:39 X

    Que cette histoire ne vienne pas nous dévier de notre préoccupation quotidienne: la vie chez nous est de plus en plus intenable et cela est de la responsabilité de Mouhamed ould Abdel Aziz;

    Les mauritaniens ont faim, ont soif d'eau et de justice, sont malades et attendent depuis quatre ans en vain.

    L'accusation de Noel Mamère et la plainte de Mouhamed ould Abdel Aziz sont un non lieu pour le mauritanien conscient de sa misère et soucieux de lendemains meilleurs.

  • mamine (H) 07/03/2013 13:01 X

    Aïe ma mère...

  • El Houssein (H) 07/03/2013 12:29 X

    C'est inacceptable de la part d'un député et d'un Français en particulier qui doit être plus averti que beaucoup d'autres députés Européens.

    Il faut que les Européens comprennent que les africains ont certaines dignités intouchables. Il est temps de comprendre que l'Afrique regorge maintenant de cadres, de moyens et de capacités, qui lui permettent, désormais, de ne plus se laisser maltraités par n'importe qui!

  • jahil (H) 07/03/2013 12:01 X

    Trêve de bavardages, il faut laisser la procédure judiciaire engagée suivre son cours.

    Si Noel Mamère a raison, Mohamed Ould Abdel Aziz Président de la République sera honni, ses défenseurs et la Mauritanie avec.

    Si par contre Noel Mamère est coupable, il sera très sévèrement sanctionné avec ses complices, ses sources et ses hauts parleurs. Les commentateurs à charge devront alors se mettre à la retraite de toute chose politique.

    Jahil

  • Dakoma (H) 07/03/2013 11:43 X

    Mon message a été en partie censuré

    -------------------------------------

    Exact Monsieur Dakoma,

    L'"insulte" a été supprimée ! Merci de lire ou de relire la charte des commentaires : les insultes sont censurées, ce d'autant plus que c'est une ingérence dans la vie privée de la personne. La prochaine fois ce sera tout le commentaire qui sera censuré, ainsi le problème est réglé.

    Le webmaster

  • conseiller (H) 07/03/2013 11:04 X

    ça c'est ce qu'on appelle en politique de la réculade. Comment les gens ont pu instrumentaliser? Vous avez parlé et les gens ont entendu. Maintenant soit vous avez raison, soit tout le monde a tort. Et je pense que c'est impensable.

    Le président doit aller jusqu'au bout pour mettre terme à ce genre de pratiques très dangereux jusqu'à ce qu'il fasse des excuses officielles adressées à Aziz.

  • ishaghh (H) 07/03/2013 10:58 X

    Evoquer "abusivement" le nom du président d'un Etat dénote tout simplement un mepris à l'egard de cet Etat. C'est une attitude facile de toucher à l'honneur de quelqu'un et de s'en tirer en brandissant l'abus et ceci après qu'une plainte soit deposée.

    Honte à une Europe qui enfante des deputés mesquins, ivres à tout moment.

  • mine-you (H) 07/03/2013 10:39 X

    Personne ne veux ou ne cherche à vous instrumentaliser, vous avez porté une accusation grave il faut l'assumer jusqu'au bout. Si maintenant vous subissez des pressions importantes en particulier des autorités françaises et probablement des familles des otages (qui ont de Ould Aziz des moments difficiles), vous pouvez reculer comme d'ailleurs votre communiqué le laisse entendre (personne n'est dupe). Mais cela n'enlève en rien la gravité de l'accusation et ses conséquences certaines qui entament la crédibilité de Ould Abdel Aziz pour longtemps.

  • KANTAKI (H) 07/03/2013 10:36 X

    C'est à votre honneur M. Mammere! Mais ce n'est pas encore assez! Vous aveaz attaqué un homme dans sa dignité, dans sa fonction et surtout permis d'instrumentaliser votre délaration - du reste fort laconique- par les hommes politiques mauritaniens de tous bords pour des desseins sans rapport avec la vraie politique.

  • Dakoma (H) 07/03/2013 10:34 X

    Noel vous êtes une vraie froussarde!

  • Zreiga (F) 07/03/2013 10:29 X

    Ce monsieur n'a aucun respect pour l'Afrique et surtout pas pour nous mauritanien. J'espère qu'on lui fera regretter (m)amèrement ces propos indignes.

  • Zreiga (F) 07/03/2013 10:27 X

    Ce monsieur n'a aucun respect pour l'Afrique et surtout pas pour nous mauritanien
    J'espère qu'on lui fera regretter amèrement ces propos indignes.

  • maham68 (H) 07/03/2013 10:26 X

    Les détracteurs du président vont déchanter ,tout ça fait psschitttttttt ,