09-03-2013 02:18 - Editorial de Caritas Mauritanie : A propos de la journée de la femme

Editorial de Caritas Mauritanie : A propos de la journée de la femme

La Mauritanie occupe la 136ème position sur 169 pays classés par le Programme des Nations Unies pour le Développement. En 2008, 42% de la population vivait encore en dessous du seuil de pauvreté avec un revenu inférieur à 1 dollar par jour.

Les populations les plus défavorisées vivent en milieu rural et dans les quartiers périurbains de la capitale, Nouakchott, qui constitue le principal pôle de concentration des activités commerciales et de services et où vit désormais près d’un Mauritanien sur trois.

Embryonnaire jusqu’au début des années 1960, cette « cité sortie des sables » est le résultat d’un processus de croissance urbaine sans équivalent au Sahara, lequel a été porté par plusieurs décennies de sécheresse qui ont vidé l’intérieur du pays de ses pasteurs nomades.
L’État, d’abord enclin à encourager le peuplement de la toute nouvelle capitale, s’est vite trouvé débordé par ces arrivées massives. Des zones d’habitat spontané ont alors commencé à croître autour du noyau urbain initial. Cette croissance fulgurante, combinée à de fortes disparités sociales et spatiales (habitat contrasté, accès inégal aux services de base), a engendré de profonds déséquilibres sociaux.

Ces populations nouvellement arrivées ne connaissent pas les réalités urbaines, ni leurs droits et sont sans formation pour s’adapter à cette nouvelle réalité socio-économique. Elles sont marginalisées géographiquement, socialement et économiquement.

Si des efforts sont réalisés par le gouvernement mauritanien depuis quelques années pour attribuer des terrains à ces familles dans des quartiers bénéficiant d’infrastructures de base, de nombreuses familles vivent encore dans des conditions extrêmement précaires et de nouvelles familles continuent toujours à s’installer dans l’espoir d’une vie meilleure.

Au sein de ces quartiers défavorisés, les groupes les plus vulnérables sont les femmes, les jeunes, et les enfants. Les femmes mauritaniennes ont souvent un accès plus réduit que les hommes aux ressources productives et à l’éducation (41% d’entre elles sont analphabètes), au développement des compétences et par conséquent au marché du travail.

Pour les femmes vivant dans les quartiers défavorisés de Nouakchott, ces éléments viennent s’ajouter à une situation sociale et familiale précaire, car elles sont le plus souvent chefs de famille, la majorité des ménages étant des familles monoparentales.

La cause principale de ce phénomène est l’abandon de famille par le père, celui-ci disparaissant sans laisser de pension alimentaire pour ses enfants. Ce phénomène a tendance à s'accentuer ces dernières années : au cours de la période 2004-2008, le pourcentage des femmes chefs de ménage est passé de 18,9% à 31,3%.

Ces femmes ne connaissent pas le code de statut personnel qui leur accorde des droits conséquents. Au niveau économique, elles rencontrent des difficultés pour exercer une activité rentable (en raison de l’éloignement des marchés et du manque de qualité et d’hygiène de leurs produits). Ainsi, la profondeur et la sévérité de l'extrême pauvreté sont plus importantes au sein des ménages dirigés par des femmes.

Au sein de ces familles monoparentales, les adolescentes jouent un rôle prépondérant puisqu’elles sont obligées d’aider leur mère dans les tâches domestiques et dans les activités économiques informelles. Cette situation empêche les plus jeunes d’aller à l’école et oblige les plus âgées à abandonner leur scolarité, les condamnant à un avenir précaire.

Ces jeunes filles sont également des victimes potentielles de violences telles que le mariage précoce ou les abus sexuels. 12,3% des femmes sont encore mariées avant l’âge de 15 ans et 32,9% des femmes mariées avant l’âge de 18 ans.

Caritas Mauritanie soutient à Nouakchott mais aussi dans le Gorgol et le Brakna des initiatives de femmes. Après conseils et formations, organisées en structures coopératives ou en GIE, elles tentent d’accéder à l’autonomie en gérant une activité économique.

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Projet urbain : Douze activités féminines génératrices de revenus financés

« (…) je suis membre de la coopérative de couscous [une des coopératives féminines financées par le projet, ndlr]. Dès que nous avons reçu le montant du prêt sans intérêt, nous nous sommes organisées en 2 groupes de 4 personnes par jour. Chaque groupe travaille pendant deux jours à la préparation du couscous et à son écoulement.»

Le ministère des finances est-il de la portion des gabegistes ?
Des femmes de coopératives préparant le couscous destiné à la vente.

En aout 2012, le projet urbain de Caritas Mauritanie, a commencé à financer des activités génératrices de revenus au niveau des milieux urbains défavorisés. Cela a permis a 100 femmes avec effet multiplicateur sur 488 personne, d’avoir des revenus grâce à ces activités qui vont de la teinture des voiles à la mercerie en passant par la préparation et la vente de couscous. La démarche est la suivante : les coopératives féminines soumettent des demandes de financement au projet qui les étudie selon des critères de capacités de gestion des femmes requérantes.

A en croire les bénéficiaires, les activités commencent à porter leurs fruits : « Nous vendons quasiment tout ce que nous préparons » affirme une des femmes gérant l’unité de couscous. Un signal positif reflété dans le dernier rapport narratif du projet urbain « (…) A la date du 28 Février 2013, le taux de remboursement des prêts est de 100% des montants échus au 31 Décembre 2012 ».

Cette gestion efficiente confirmée par le remboursement des échéances a permis aux bénéficiaires de pouvoir disposer « (…) de 25000 UM (67 Euros) en caisse» pour honorer la prochaine échéance du projet urbain. Elles arrivent en dehors de ca, à apporter chacune, un kilogramme de couscous à leur famille « Le couscous chez nous est une denrée de première nécessité. Il est consommé avec du lait ou sans lait. Il est facile de préparation. Nous le réservons pour nos enfants qui tôt le matin peuvent le consommer avant d’aller à l’école » déclare l’une des femmes contente de pouvoir enfin se sentir autonome, au même titre que ces collègues dans la coopérative.




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