18-03-2013 12:45 - Premier mandat de Aziz : Dérives totales!
A moins d’un miracle forcé, le président Aziz aura certainement du mal à convaincre la majorité des mauritaniens de sceller avec lui un autre pacte. C’est peut être pour cette raison qu’il fait des siennes aujourd’hui. Crise avec l’Opposition, avec l’homme d’affaire, Mohamed Bouamattou et bientôt avec la PAC qu’il intente d’utiliser comme chair à canon, l’étau se resserre contre le président le plus incompétent de l’histoire du pays.
Quelques petites années ont suffi pour effriter l’image du candidat Mohamed Ould Abdelaziz aux yeux de l’opinion publique nationale. L’usure rapide, les nombreux conflits d’intérêts, et un retour aux galops des vieux reflexes vindicatifs brossent aujourd’hui le portrait peu reluisant d’un président, enfermé dans une tour d’ivoire, loin des attentes de ses compatriotes.
Il tourne en rond, comme un fauve dans sa cage, prêt à bondir, à tout moment, pour mordre à pleines dents. Enfermé dans cette logique, Aziz s’est forgé bien des adversaires : les opposants politiques, les militants des droits de l’Homme, les hommes d’affaires, les médias. Et finalement l’Opinion publique. Mais il est pris à son propre piège. Celui de dévoiler sa véritable nature.
Un dictateur en formation qui veut tout et rien que pour lui seul et ses poissons-pilotes. Il est à la fois prisonnier d’un système dont il a hérité et dont il n’a pas su –ou voulu- déverrouiller les mailles. Il est aussi le principal architecte de cette muraille. De sorte que, pour une écrasante majorité de mauritaniens, le président Mohamed Ould Abdelaziz a totalement dérivé de ses engagements à restaurer la justice sociale, l’état de droit et à satisfaire les aspirations à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Face à son échec, le président cherche à gagner du temps. Sur tous les fronts. Et la mi-temps n’aura servi qu’à obscurcir les horizons d’un pays où le népotisme a repris tous ses droits. La Tayie, nouvelle formule, c’est l’ère Aziz.
Peur d’un lendemain incertain!
Ce serait une lapalissade de parler de la persistance d’une crise multidimensionnelle sous Aziz. Elle est à la fois politique, sécuritaire, économique et donc sociale. Mais le président semble gouverner aujourd’hui avec des œillères, celles d’un système qu’il disait combattre et qu’il reconstruit pierre après l’autre.
Il est vrai qu’un tel système à son charme sonnant et trébuchant. Les «moufcidines» de l’ancien régime, Mohamed Ould Abdelaziz les a tous recrutés, à des responsabilités diverses. Mais ce qui semble pour le président -les yeux et l’attention accaparés par l’élection présidentielle, qui pointe à une encablure- relever de la realpolitik est perçu par l’opinion comme un recul, un reniement aux appels à la fin de la mauvaise gestion et au détournement des deniers publics.
Une trahison aux promesses faites aux mauritaniens, notamment à la jeunesse (36% en chômage) éprise d’un profond désir de changement de mode opératoire, de renouvellement de la classe politique. Mais le président reprend les mêmes et rebelote. La jeunesse peut encore attendre qu’il s’en souvienne.
C’est donc dans cette ambiance préélectorale que patauge le président suscitant par ses propres initiatives un climat encore plus délétère. Et rien ne semble devoir arrêter Ould Abdelaziz dans son entreprise à asséner à l’ensemble de l’architecture nationale un coup de grisou dont il ne sortira certainement pas indemne.
Par la force des baïonnettes!
Le grand drame avec Ould Abdelaziz, c’est très certainement son état d’esprit. Un homme qui ne croit qu’à la force brute. Peu cultivé, l’homme au passé peu connu, a gravi les échelons en s’appuyant sur des mains qu’il a toujours su, arrivé à son but, couper. Une instabilité relationnelle caractérielle… à la limite du machiavélisme. A la différence que le président Aziz n’attend pas l’indocilité pour sévir. L’homme est sans doute grisé par un Pouvoir qu’il n’avait jamais rêvé manier avec autant de dextérité négative.
Cette propension psychologique à l’exercice du Pouvoir suspend beaucoup d’épées sur les têtes des citoyens. Le droit n’étant plus la norme. «L’Etat, c’est moi » paraphrase le président Aziz. Seulement Aziz n’a pas les qualités du mécénat Louis XIV. Alors il s’en donne à cœur joie pour pallier ses insuffisances managériales, pour tordre le cou aux lois et pour instrumentaliser les administrations à ses desseins personnels.
Malgré donc la compassion de tous les mauritaniens, sans exception, au lendemain du «tir ami», le 13 octobre 2012, une histoire à revisiter, Aziz confirme que l’habit ne fait le moine. Tronquer le treillis contre le veston n’était en fait qu’un autre stratagème. La fin justifie toujours les moyens!
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