20-03-2013 09:37 - Crashs répétés d’avions militaires : Défaillance technique ou erreur humaine?

Crashs répétés d’avions militaires : Défaillance technique ou erreur humaine?

Les accidents d’avions militaires deviennent de plus en plus alarmants en Mauritanie, avec trois crashs survenus en moins de trois années dont deux en 9 mois, ayant couté la vie à des officiers et à des soldats valeureux formés dans les plus prestigieuses écoles de l’aviation à l’étranger...

...faisant planer le doute sur des défaillances plutôt techniques qu’humaines dues à l’acquisition suspecte de l’armée aérienne nationale à titre gratuit ou symbolique d’engins carcasses, considérés par les ex propriétaires comme des ferrailles volantes présentant des risques énormes pour survoler leur espace aérien.

Les mauritaniens ne sont pas prêts à oublier le tragique crash de juillet dernier d'un avion militaire, survenu à l’aéroport de Nouakchott, ayant couté la vie à 7 personnes, quand l’appareil qui tentait de décoller dans les airs après une longue course sur la piste d’atterrissage, s'est abattu sur le sol, prenant feu devant les pompiers stupéfiants d’un engin calciné à plus de 95%.

Une année auparavant, en août 2011, un autre petit avion militaire appartenant à l’Ecole d’aviation d’Atar s’était écrasé aux environs de la ville historique de Chinguitty coutant la vie à son pilote feu le lieutenant El Boukhary Ould Mohamed Laghdaf, qui avait réussi à éloigner l’engin en détresse des zones habitées pour réduire les risques éventuels d’un crash qu’il sentait venir.

C’est le même scénario qui s’est reproduit hier, dans la localité d’Aoujeft sise à 80 km d’Atar dans la wilaya de l’Adrar sur les monts du Dhar, aux environs de l’Oasis d’Iriji Abdawa, non loin de route nationale en construction reliant la capitale de l’Adrar à Tidijika.

Selon le ministère de la défense, « l’avion militaire de type TUCANO, relevant de la direction de l’air dépendant l'Etat major national s'était écrasé lundi 18 mars à 10 heures 50 minutes à 7 kilomètres au sud est d'Aoujeft, au cours d'un vol d'essai après une opération de maintenance effectuée sur cet avion. A bord de l'avion, se trouvaient le Capitaine Ahmed Taleb Ould Aheimed pilote de l'avion et le sergent Boubacar M'Bodj mécanicien.

Le crash a engendré le décès du sergent mécanicien et des blessures légères du capitaine qui est parvenu à faire fonctionner son siège éjectable »
. Aucun mot après les condoléances usuelles adressées aux parents et au peuple mauritanien n'a été dit sur ce drame. On ignore encore les circonstances exactes du crash, même comme il l’avait toujours affirmé dans des cas pareils, l'état-major mauritanien privilégierait la thèse de l'accident.

Mais, ce nouveau crash soulève la question des défaillances possibles sur cette ferraille volante destinée à des missions difficiles, si elles sont d’origine technique liées aux appareils acquis dans des conditions qui laissent à désirer, ou encore des initiations imparfaites des pilotes mauritaniens à ces engins.

De prime abord, au vu de la formation des aviateurs nationaux dans des écoles internationales de navigation aériennes de renom d’une part et des conditions qui ont permis à la Mauritanie de se doter de ces carcasses, tout porte à privilégier la thèse d’avions techniquement défaillants, abandonnés à titre gracieux ou symbolique par des Etats amis du pouvoir de Nouakchott pour s’en servir avant leur arrivée à leur phase d’hors usage.

On se souvient que l’avion qui s’était abattu à Nouakchott en juillet dernier sur la piste d’atterrissage est un petit transporteur militaire bi-moteur de fabrication chinoise de type Yankee 12 ; d’où les doutes que peuvent susciter une telle transaction avec des partenaires peu scrupuleux confrontés également à des acquéreurs moins exigeants.

Pour l’engin de type Tucano écrasé hier à Aoujeft, il serait vraisemblablement l’un de ces appareils cédés par Paris à Nouakchott en juillet 2011. Il s’agit d’engin présentés à l’époque comme étant des avions modifiés et retapés dont la mise en service nécessitait une formation assurée par des instructeurs français d’officiers et de sous-officiers de l’armée de l’air mauritanienne dans une académie située au Sud de l’Espagne.

Selon des informations relatives à ces engins, il s’agirait d’appareils hautement efficaces pour l’attaque de cibles au sol, utilisés par l’armée de l’air colombienne dans sa guerre contre les révolutionnaires et les narcotrafiquants.

Il n'en demeure pas moins que ce crash survenu à quelques encablures d'une piste d’atterrissage naturelle (reg aménagé par les populations locales inaugurée à deux reprises au début des années 80 par d'éminents commandants de l'ex compagnie aérienne Air Mauritanie, en l'occurrence El Hadj Ould Abdoullah et Dahmoudi Ould El Hadj, laisse persister une part de mystère dans la méconnaissance de l'armée de l'air de ses domaines d'action, surtout dans les extrêmes urgences où la cartographie des secours possibles doit être mise à contribution pour parer au pire

Md O Md Lemine


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