21-03-2013 10:22 - Les refoulements forcés et la grogne des étrangers : 'Les policiers arrêtent seulement nous les noirs'
Les témoignages pleuvent suite aux reconductions aux frontières des Africains en situation d’illégalité. Un cordonnier Guinéen témoigne : « J’ai été arrêté vers 20h alors que je sortais d’un restaurant. J’avais 400 UM en poche. Il y avait beaucoup d’autres étrangers au Commissariat.
On m’a demandé ma carte de séjour, j’ai dis que j’en avais pas et que de toute façon l’Etat Mauritanien avait dit que c’est gratuit et au moment de la prendre, on m’a demandé de payer 30.000 UM que je n’avais pas. Mais ce qui me fait mal, c’est que nous avons été refoulés sans qu’on ne nous ai permis de récupérer nos biens.
Ils nous ont refoulés vers le Sénégal, mais les Sénégalais ont refusé de nous accueillir, soutenant que nous ne sommes pas leurs citoyens.
Ils ont raison. On nous a ramenés à Rosso Mauritanie et pendant des jours, nous ne mangeons que les repas des militaires, puis nous sommes revenus à Nouakchott. La plupart d’entre nous ont trouvé leur chambre cambriolée.
Ce comportement réservé aux étrangers africains est inhumain, si au moins ils nous permettaient de nous reconduire dignement chez nous, mais non, on nous attrapent et on nous amènent, laissant derrière nous nos femmes et nos enfants, mais aussi tout notre bien ».
Un Nigérien affirme être en Mauritanie depuis 1979 et malgré ses demandes de naturalisation, il a jusque-là essuyé des refus, bien qu’il vit depuis 34 ans dans le pays, ses huit enfants sont tous nés ici. « Je suis vendeur de beignet et je gagne difficilement ma vie, si au moins on nous avait accordé un délai pour faire des économies, cela faciliterait l’obtention de la carte. Les policiers arrêtent seulement nous les noirs. Les arabes sont intouchables malgré qu’ils soient dans la même situation que nous.
Où est l’unité Africaine et pourquoi cette manière dégradant envers nous les noirs ? Vraiment ça me dépasse. De toute façon je retournerai dans mon pays dans trois jours, Incha-Allah » dit-il.
Abou Cissé
