07-04-2013 19:11 - Des « cadres hratines » contestent la nomination de Hamdi Ould Mahjoub a la tete de l’ANLSESILP - [PhotoReportage]
Dimanche sept avril, vers 11 heures, des cadres hratines (descendants d’esclaves) on tenu sit-in devant la présidence de la République à Nouakchott.
Objet de la manifestation : exprimer leur désapprobation de la nomination de l’ex ministre de la communication, Hamdi Ould Mahjoub, a la tète de la nouvelle Agence de Lutte contre les Séquelles de l’Esclavage, de l’Insertion et de Lutte contre la Pauvreté, ANLSESILP.
Ces cadres Hratines reprochent à Ould Mahjoub « l’instrumentalisation des médias publics au moment où il était ministre de la communication pour diaboliser les militants anti-esclavagiste et protéger les auteurs de pratiques esclavagistes. »
Pour ces cadres Hratines, la direction de la nouvelle agence doit-elle «naturellement revenir à un hartani ? Réponse de Ethmane Ould Bidiel, Professeur de l’enseignement secondaire et cadre de l’APP, « seul un hartani peut régler ce problème car c’est lui qui a subi l’esclavage, c’est lui qui en pâti.»
Mais la question de l’esclavage étant une question nationale, et l’agence une institution qui doit être gérée, ne peut-elle pas être confiée a un mauritanien quelque soit sa couleur ou son ethnie ?
Réponse de Ould Bidiel : « Par principe, nous ne sommes pas contre, mais il devait y avoir une concertation avec des critères bien définis pour le choix de quelqu’un qui a un bon profil pour gérer la nouvelle agence. Mais comme il n’y a pas eu de concertations et que ça a été une décision unilatérale, il fallait au moins choisir symboliquement quelqu’un qui connaît le problème de l’esclavage. » Les cadres Hratines qui manifestaient devant la présidence ont été rejoint par quelques militant de IRA Mauritanie (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionnistes en Mauritanie)
Pour le président de IRA Mauritanie, Birame Ould Dah Ould Abeid, joint par téléphone, « certes Hamdi Ould Mahjoub, en tant que ministre de la communication a orchestré une campagne de diabolisation des abolitionnistes en instrumentalisant la télévision et la radio nationales, mais l’essentiel est ailleurs. » Pour Biram « le problème de l’agence est secondaire et les cadres Hratine doivent manifester d’abord contre l’impunité, pour l’application de la loi incriminant les pratiques esclavagistes. »
Les cadres hratines qui manifestaient devant la présidence dénoncent aussi l’appellation de la nouvelle agence. « On parle de séquelles alors qu’il est question d’esclavage pur et dur » déclare Ethmane ould Bidiel. » Pour lui « l’agence ressemble à un instrument qui sera utilisé pour mener une campagne dans la perspectives des élections.»
Khalilou Diagana
