07-04-2013 22:15 - Quel crime ?
La semaine passée la ville de Nouakchott s’est réveillée sur un crime indéniable se manifestant à travers le viol et l’assassinat d’une jeune mère enceinte de trois mois. Cet acte mérite une attention particulière. Il s’agit d’une mère qui a été violée par des criminels qui se sont dissimilés en chauffeur de taxi et des passagers.
Ce crime abominable a été, selon toute vraisemblance, dû à une défaillance claire de l’organisation en matière de transport interurbain du pays.
En scrutant les textes, on peut dire que la ville de Nouakchott a déjà à travers plusieurs arrêtés tiré la sonnette d’alarme sur la nécessité de réglementer le secteur.
En effet, à partir du 30 juin 2010, la Communauté Urbaine de Nouakchott a communiqué : « seuls pourront circuler librement les taxis ayant une licence et peints en couleur jaune, avec un filet bleu de 5 cm sur la longueur du véhicule.
Les conducteurs devront aussi se soumettre aux nouvelles règles de conduire à visage découvert et de mettre une enseigne lumineuse sur le toit du véhicule (…) (cridem.org) », et selon le même communiqué les taxis doivent également disposer d’une licence de taxi délivrée par la Communauté Urbaine de Nouakchott pour être autorisés à circuler.
». Il s’agit là des mesures salutaires qui visaient à sécuriser le secteur du transport routier.
En essayant d’appliquer ces mesures, la Ville de Nouakchott s’est heurtée, semble-t-il, à un manquement : elle ne dispose pas de police municipale ainsi les services qui sont censés mettre en pratique cette nouvelle réglementation , la police ou les groupements de la GSPC, ont failli, pour le moment, à leur mission principale qui est l’exécution de la réglementation en vigueur.
Pire au lieu d’encourager les services de proximité, l’administration centrale et sur la base de la loi N°031/2011 portant orientation et organisation des transports routiers abrogeant et remplaçant l’ordonnance N°2005-010, la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN) et les communes :
- Ne sont plus les autorités organisatrices des transports urbains ;
- Ne sont plus compétentes en matière de gestion des gares routières ;
Ces domaines qui étaient décentralisés par l’ordonnance 87-289 et la loi 2001-51 instituant respectivement les communes et la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN) ainsi que par l’ordonnance N°2005-010 abrogée, relèvent dorénavant de la compétence exclusive du Ministère de l’Equipement et des Transports auprès duquel il convient de s’adresser également:
- Pour les autorisations et les licences ;
- Pour toute autre question relative aux transports urbains et interurbains des personnes et des marchandises( communiqué de presse de la ville de Nouakchott, Nouakchott le 22/07/2012 http://www.cridem.org/C_Info.php?article=632664).
Une fois de plus au lieu de bien structurer le secteur en l’appuyant à travers la mise à la disposition de la ville de Nouakchott des outils essentiels pour exercer ses fonctions, il a été constaté un recul en matière de décentralisation et pourtant dans les autres villes des pays qui se respectent les communes sont souvent dotées d’une police municipale régulant ce secteur et cela pour une meilleure sécurité des citoyens.
