22-05-2013 08:18 - Ces sangsues qui sucent notre sang

Ces sangsues  qui sucent notre sang

Depuis quelques jours, les dockers sont réprimés et bastonnés au cours de scènes qui heurtent la conscience de toute personne digne d’être qualifiée d’humain. Ces pauvres sont « parqués » à plat-ventre devant la Nouvelle Maison des Jeunes.

Et c’est par cette force, cette manière de faire que les forces de l’ordre et de la sécurité cherchent à protéger continuellement les sangsues. Et invariablement, la Mauritanie est prise en otage par ces ravisseurs imperturbablement bien assis. Car le pouvoir c’est eux… La Mauritanie continue d’être sous la coupe de gouvernants sans ambition et une classe de riches dotée d’un solide esprit épicier.

Leur individualisme primaire dans la recherche de leur seul bonheur et leur insouciance ont fini d’installer la Mauritanie dans les bas-fonds de la déchéance.

Ils ont bâti et continueront à bâtir leurs empires financiers sur la vie de ces travailleurs en loques, sans le moindre égard. Ils abusent des muscles de ces pauvres hères jusqu’à leur dernier soupir. Les dockers qui, aujourd’hui, constituent le punching-ball de nos forces de répression, ne sont rien de plus aux yeux de nos chasseurs d’argent que des machines à tout faire destinées à les enrichir.

La classe des riches commerçants s’est muée à travers l’histoire récente du pays en véritables sangsues vivant sur le dos des pauvres dockers et autres travailleurs de biceps, mais aussi sur le labeur de notre peuple au désarroi. Et ils ont un allié de poids : la police qui vient constamment à leur secours à chaque fois que les pauvres diables, harassés de porter le faix et le poids des sacs et de la bêtise d’autres hommes, essaient de crier leur désespoir.

Alors, la police, estimant veiller sur la vie et les biens des riches, sort sa panoplie et ne s’embarrasse pas de scrupules pour réprimer sans relâche les pauvres citoyens qui demandent à être payés pour le travail éreintant qu’ils abattent à la force de leurs muscles.

Curieusement, nos forces de l’ordre ne se soucient même pas des qu’en dira-t-on et ne prennent même pas de précaution au temps de la globalisation et du multimédia ; leurs faits et gestes pouvant se retrouver en un clin d’œil devant les yeux du monde entier.

Qui dira à nos « policiers » que la roue de l’histoire tourne et qu’ils sont bien les comptables des actes qu’ils posent ; qu’un jour ou l’autre il y a risque qu’ils répondent des monstruosités qu’ils commettent ? Qui leur dira que personne ne peut prédire le jour où la colère du peuple peut s’abattre ; colère d’autant plus décuplée que la solution qu’il réclame pour la résolution de ses problèmes ne saurait être différée constamment ou mise sous boisseau ?

L’histoire enseigne que tôt ou tard ceux qui se sont rendus coupables d’actes ignobles contre leurs peuples ont toujours répondu devant l’histoire et devant la conscience collective. Que les policiers et gardes prennent position devant les grands magasins pour prévenir les actes de vandalisme est une chose, mais réprimer d’une manière bestiale des citoyens qui revendiquent des droit est un pas qu’il ne faut pas franchir.

Ce mouvement des dockers de la ville était prévisible après une sensible amélioration des conditions des dockers du Port Autonome. On savait presque tous qu’un jour ou l’autre les dockers de la ville finiront par grogner pour demander une juste rémunération des poids qu’ils portent. C’est dire que tout pouvait et devait être mis à l’avant pour désamorcer la bombe par la négociation au lieu de faire prévaloir le langage des bombes lacrymogènes, de la matraque et des chaussures « Rangers ».

Et le fait marquant – disons plutôt inquiétant – est que des commerçants ont même été vus, arme à la main, intimider les dockers dont l’un des torts c’est de refuser d’être suppléés (supplantés ?) par des travailleurs étrangers ; des travailleurs recrutés par des commerçants pour casser la grève des nationaux ; des étrangers qui sont prêts à vendre leur force à un vil prix à la place des dockers qui se sont rebellés contre l’insignifiant prix du portage.

Il faut faire attention ; il faut se méfier de ces vilaines et insidieuses méthodes qui, au lieu de remédier à cette situation, créent au contraire toutes sortes de frustrations et de ressentiment... Hélas, la bastonnade des dockers manifestants nous rappelle qu’ici les pauvres ont très peu de droits ; un paradoxe dans un pays dont le Président s’est fait surnommer « Le Président des pauvres » ! Malheureusement, en s’en prenant d’une si brutale façon aux dockers, la « police » ne rend pas de fieffés services à Mohamed Ould Abdel Aziz que d’aucuns assimilera, à travers les forces répressives, comme le protecteur des riches et des sangsues.

La perception devient, dès lors, simple pour ne pas dire simpliste : aux dockers, aux autres ouvriers (en un mot à la plèbe et au bas peuple) la matraque et les sévices ; et aux riches et les aisés les services de l’Etat. Une manière de faire comprendre que les Mauritaniens d’en haut doivent continuellement se la couler douce, quand bien même leurs richesses est généralement le fruit des fausses factures et des impôts non payés. Alors que le petit peuple, lui, doit gémir sous le poids de marchandises qui montent en flèche et les services de base de plus en plus inaccessibles.

Mais que les pilleurs de la République, les bandits en col blanc, les forces de l’ordre qui ne se sentent fortes que devant les faibles sachent que, demain, ils ne seront plus là ; ils passeront mais que la Mauritanie, elle, demeurera.


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Commentaires (5)

  • foutaanke (H) 22/05/2013 18:31 X

    les dockers et les porteurs des marchés sont les derniéres versions de l'esclavage en mauritanie ce sont des milieux qui necessitent un assainissement serieux car ce sont des travaux qui necessitent un effort surhumain et une renumeration à peine rourriciére

  • dykrim (H) 22/05/2013 11:40 X

    Monsieur Camara
    continu comme ça tu es un très bon journaliste. Au temps prophète (PSL), les mécréants cranaient tellement, qu’une sourate lui soit révélé par Allah en divulguant ce qu’ils cachent dans leurs poitrines, partir de cet’ instant je ne raterais plus la lecture d’un des tes écrits et je recommande cela à tous les CRIDEMIENS.

  • YEHESS (H) 22/05/2013 10:46 X

    A Monsieur Camara je dirai ceci: je doute fort que vous êtes sain d'esprit. Aux cridemiens je propose le boycott des écrits de ce pyromane. En tout cas pour moi ce sera fait à partir de cet instant.

  • azix11 (H) 22/05/2013 10:23 X

    Cher Mosieur
    votre article est excellent mais il manque de courage et d’engagement politique et social.

    Le probléme en Mauritanie c’est le systeme d’exclusion instaurer par certains Beydanes (systeme Beydane) qui consiste à exclure les noirs et les Hartanies en s’emparant de tous les postes de decisions. Il n’est pas étonnant de voir une police diriger par ce systéme humilier torturer voir tuer pour que perdure ce systeme injustice et raciste qui profite à certains Beydanes (j’insistite sur le fait que tous les Beydanes n’adherent pas à ce systeme).

    Cher Monsieur
    faites le tour de la ville (ou du pays) vous verrez de vous meme que tous les postes de decisions et meme la plupart des Imanes sont issus de ce systeme.

    La plupart de nos chers Imanes sont hypermotivés à denoncer les exactions que subissent le peuple de Palestine mais quand il s’agit de Hartanies ou de noirs silence total.

    Pouquoi les Imanes, les érudits et intectuels de Mauritanie ne s’allient pas à la cause de ces Dockers dont le seul tort est de reclamer à vivre dignement.

    Il en est de meme de l’humiliation que subissent certains noirs pour se recenser. Ont ils obtenus le soutien de ces gens épris de justice quant il s’agit de la Palestine ou un pays Arabes.

    Cher Monsieur
    appelons le chat CHAT , arretons de nous offusquer de façon épidermique en denonçant les choses de façon superficielle. N’ayons plus peur de dire la vérité “L’ennemi le plus redoubtable de l’HOMME c’est la peur”.

    Si nous Voulons construire une nouvelle Mauritanie juste (selon les vrais perceptes de l’Islam) nous devons tous (NegroAfricains, Maures, Hartanies) s’unir contre toutes formes d’injustices et d’ou qu’a ça vienne.

    PS: J’ai beaucoup de respect pour la lutte des Palestiens ici je dénonce l’attitude hypocrite et irresponsable de certains dans ce pays.

    Je suis ouvert au débat, mais pour les malades du cerveau (les ignards pathologiques) qui passent leur temps a insulter (pour empecher le débat ) veuillez m’ignorer.

    Je vous souhaite bonne journée.

  • echweina (F) 22/05/2013 10:02 X

    Beau plaidoyer, Ciré mais que dites vous aussi contre les agissements anarchiques et violents de ces dockers? N'ont ils pas voulu ce traitement? N'ont ils pas cherché cette violence?

    Y revendications et revendications. Il y a des règles à toute revendications. Mais si revendications sens l'IRA, ou le RFD, ou tout autre senteur pas saine, l'ordre est là. Cessez donc d'être l'avocat du diable.

    Ces hommes d'affaires et commerçants ont le droit de recourir à la main d'œuvre étrangère dès lors que leurs prix ne sont plus acceptés par la main d'œuvre locale. Ils ont des taxes et autres charges eux! Mais qu'on laisse des ouvriers manipulés, armés et aussi intoxiqués se permettre de prendre leurs droits par la force de leurs bras, j'estime que c'est criminel de les défendre. C'est une menace réelle contre la paix et la sécurité sociale et civile. Vous pouvez savoir si cela ne va pas déborder au-delà du "contre les commerçants"? Ou bien vous vous foutez que la mauritanie s'embrase pourvu que les "maures" soient tous exterminés? Ciré haylé!