23-05-2013 03:35 - PAM/UNHCR - Communiqué de presse - Mission conjointe
Une mission d’évaluation des Nations Unies a révélé qu’aucun retour au Mali n’est envisageable actuellement pour les dizaines de milliers de réfugiés dans le camp de M’béra en Mauritanie. Par conséquent, cette population de déplacées dépendra plus que jamais de l’aide humanitaire dans les prochains mois à venir.
Une évaluation conjointe, réalisée ce mois-ci dans le camp par le Haut- Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et le Programme Alimentaire Mondial (PAM), a également identifié la nécessité impérieuse d’aller au-delà de l’assistance d’urgence en se penchant sur les moyens à mettre en œuvre pour rendre les réfugiés moins dépendants de l’aide extérieur.
Depuis janvier 2012, le conflit au Mali a contraint plus de 74 000 maliens à trouver refuge à M’béra, au Sud Est de la Mauritanie. Durant les entretiens réalisés, les résidents du camp ont exprimé leur crainte et leur désarroi face à la présence continue des forces armées dans le nord du Mali.
Les réfugiés ont été témoins de plusieurs scènes de violence allant du simple racket à la détention arbitraire.
« Ces personnes ne peuvent pas encore retourner chez eux et continueront à dépendre de l’aide humanitaire dans un avenir proche » a annoncé la Représentante du HCR, Mme Nada Merheb.
« Nous avons fait de grands progrès dans l’amélioration de la qualité de l’assistance ces derniers mois. Les distributions alimentaire sont désormais plus efficaces et les taux de malnutrition dans le camp ont considérablement baissés », a déclaré la Représentante par intérim du PAM, Mme Christine Van Nieuwenhuyse. « Cependant, étant donné que le retour des réfugiés n’est pas dans l’ordre du jour, nous avons besoin du soutien et du support des donateurs pour améliorer la qualité de vie dans le camp et aider les familles a devenir plus autonomes ».
M’béra est situé dans la région du Hodh El Chargui, l’une des régions les plus pauvres de la Mauritanie, où 14% des habitants souffrent d’insécurité alimentaire.
La rareté des offres d’emploi ou encore des opportunités commerciales obligent les populations de déplacés à lutter pour trouver des moyens d’autosuffisance.
« Le manque d’opportunités économiques dans la région accentuent la dépendance des réfugiés à l’aide extérieure. Nous devons trouver des solutions afin d’y remédier » alerte Mme Merheb.
L’évaluation a par ailleurs révélé que l’afflux de réfugiés a mis une pression majeure sur l’environnement où les ressources sont déjà très rares. L’accès à l’eau dans le camp est un défi au quotidien alors que l’environnement se voit de plus en plus modifié par les besoins en bois de chauffe et d’espace de pâturage.
La détérioration de l’environnement de la région pourrait affecter également les conditions de vie des communautés hôtes, déjà accablés par le manque de moyens de subsistance.
Le PAM et le HCR font appel au soutien des donateurs, afin d’être en mesure de poursuivre leurs efforts pour améliorer les conditions de vie des réfugiés maliens dans le camp de M’béra et ainsi promouvoir leur autosuffisance.
Pour de plus d’informations, prière de contacter :
Pour le HCR : Villechalane Elise, Chargée de communication, Tel : +222 22 68 55
51, Email : villecha@unhcr.org
Pour le PAM : Grita Nicoletta, Chargée de communication, Tel : +222 20 89 88 57, email : nicoletta.grita@wfp.org
Synthese : Mission d’evaluation conjointe du HCR et du PAM au camp de refugies de M’bera, mai 2013
Du fait de l’instabilité qui prévaut dans le nord du Mali les réfugiés maliens restent dans le camp de M’bera. La ville de M’bera est située dans l’une des régions les plus pauvres de la Mauritanie, au sein de laquelle les opportunités économiques se font très rares. Les populations déplacées ont un accès limité à des sources de revenus, ce qui les oblige à dépendre d’une aide extérieur. Pour pallier cette situation, la poursuite de l’aide humanitaire doit être envisagée dans une perspective à moyen terme.
o Désormais les interventions devront progressivement mettre l’accent sur la promotion et le soutien à l’autosuffisance et aux moyens de subsistance des réfugiés, à travers la mise en œuvre d’activités génératrices de revenus telles que le petit commerce, l’artisanat, la vente de viande et de lait et les activités liées à l’élevage.
o D’importantes améliorations ont été enregistrées dans la qualité de l’aide fournie dans le camp. Plusieurs indicateurs ont démontré que le système de distribution alimentaire est plus efficace et équitable et que les taux de malnutrition dans le camp ont diminué (Cf. Graphique sur la droite). Selon les estimations, 80% des réfugiés ne sont plus en situation d’insécurité alimentaire.
o La présence des réfugiés et de leur bétail met une pression supplémentaire sur l’environnement et les ressources disponibles dans la région. Par conséquent, des efforts supplémentaires doivent être déployés pour élargir l’accès à l’eau, aux zones de pâturages et au bois de chauffe.
o Malgré les progrès constatés concernant la qualité de l’assistance fournie, d’autres améliorations sont nécessaires, notamment dans les domaines de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement. La sensibilisation aux bonnes pratiques de l’hygiène personnelle et l’utilisation des points d’eau et des latrines devrait constituer une priorité dans les actions à venir.
o En dépit d’une dégradation de l’environnement, la situation générale de la sécurité alimentaire des communautés hôtes s’est améliorée. Selon les conclusions de la mission, 86% des ménages des communautés hôtes sont à l’abri de l’insécurité alimentaire. Une des explications est que les communautés d’accueil pourraient avoir indirectement accès au système de distribution de l’aide humanitaire.
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