03-07-2013 20:25 - Égypte : Mohamed Morsi n'est plus président - [Video]

Égypte : Mohamed Morsi n'est plus président - [Video]

Le Caire - L'armée a informé mercredi à 19h00 (15h00 à Montréal) Mohamed Morsi qu'il n'était plus président de l'Égypte, rapporte le journal officiel Al Ahram citant une source présidentielle sur son site internet.

Ces développements sont survenus après l'expiration de l'ultimatum de l'armée qui a menacé lundi d'imposer sa propre «feuille de route» à M. Morsi s'il ne «satisfait pas les revendications du peuple», en allusion aux Égyptiens qui manifestent pour réclamer son départ.

«La feuille de route», discutée lors de tractations entre le chef de l'armée, l'opposition et les chefs religieux du pays, prévoit une «courte» période de transition avant l'organisation d'élections présidentielle et législatives, selon l'agence officielle Mena.

À travers le pays, des manifestation massives d'opposants mais aussi de partisans de M. Morsi continuaient, faisant craindre de nouvelles violences, alors que les heurts entre anti et pro-Morsi à l'occasion de tels rassemblements ont fait 47 morts et des centaines de blessés depuis le 26 juin.

L'armée a d'ailleurs massivement déployé ses blindés aux abords des rassemblements pro-Morsi au Caire, selon des correspondants de l'AFP.

Ce bras de fer entre l'armée et le président est le plus grave depuis son arrivée au pouvoir en juin 2012, au moment où le pays est profondément divisé.

Après la chute du régime de Hosni Moubarak, chassé en février 2011 par une révolte populaire, l'armée avait pris les rênes du pouvoir jusqu'à l'élection de M. Morsi, premier président civil et islamiste d'Égypte accusé par ses détracteurs de vouloir instaurer un régime autoritaire au profit des Frères musulmans dont il est issu.

«Dans l'intérêt de l'Égypte et pour la précision historique, appelons ce qui se passe par son vrai nom: un coup d'État militaire», a déclaré le conseiller pour la sécurité nationale du président Mohamed Morsi, Essam al-Haddad, dans un communiqué publié sur Facebook.

«Alors que j'écris ces lignes, je suis parfaitement conscient qu'elles sont peut-être les dernières que je vais publier sur cette page», a ajouté M. Haddad.

Juste avant cette annonce, des sources de sécurité ont affirmé que M. Morsi et plusieurs dirigeants des Frères musulmans avaient été interdits de quitter l'Égypte dans le cadre d'une enquête sur une affaire d'évasion de prison en 2011.

Des responsables à l'aéroport du Caire ont confirmé à l'AFP avoir reçu l'ordre d'empêcher les responsables islamistes, dont le Guide suprême de la puissante confrérie Mohammed Badie et son «numéro 2» Khairat al-Chater, de voyager.

L'armée n'a toujours pas publié de communiqué après l'expiration de l'ultimatum alors que selon le journal Al-Ahram, la «feuille de route» que l'armée pourrait mettre en place prévoit la nomination d'un conseil présidentiel dirigé par le président de la Haute cour constitutionnelle, et une suspension de la Constitution.

Renforts de l'armée

M. Morsi a, au même instant, appelé sur sa page Facebook officielle à «former un gouvernement de coalition et de consensus afin d'organiser des législatives à venir».

Mardi soir, il avait rejeté l'ultimatum de l'armée et affirmé qu'il ne se plierait à aucun «diktat», mettant en avant la «légitimité» que lui confère son élection démocratique.

Dans la journée, le chef de l'armée égyptienne, Abdel Fattah al-Sissi, a rencontré au Caire le représentant de l'opposition Mohammed ElBaradei, le patriarche copte Tawadros II et l'imam de la grande institution théologique sunnite d'Al-Azhar, Ahmed al-Tayeb, et des militants des mouvements de jeunes anti-Morsi. Mais les représentants des partis islamistes n'ont pas répondu à l'invitation.

Alors que le ministère de l'Intérieur a affirmé qu'il répondrait «fermement» à toute violence, l'armée a renforcé la sécurité autour des établissements officiels et a demandé au personnel administratif de la télévision d'État de quitter les lieux.

Quelques milliers de personnes étaient rassemblées devant le ministère, agitant des drapeaux et scandant «Égypte, Égypte!» ou, à l'adresse de M. Morsi «dégage, dégage!»

«Je n'attend qu'une chose, c'est que Morsi parte», affirmait Abdel Khalek Abdo, un agriculteur de 56 ans venu du delta du Nil.

«La fin»

Les grands boulevards de la ville habituellement embouteillés étaient quasiment vides, nombre d'habitants étant restés chez eux par crainte de violences. «Je suis inquiet, le sort de mon pays peut se jouer en quelques minutes», avouait un chauffeur de taxi.

Sur l'emblématique place Tahrir, des milliers de manifestants anti-Morsi étaient rassemblés dans l'après-midi.

«Il a répété au moins 1 000 fois le mot 'légitimité' comme si nous n'existions pas. Sa légitimité, il la tient du peuple qui aujourd'hui manifeste partout contre lui», a dit Rouaya, 19 ans, une manifestante voilée.

Ailleurs au Caire, des milliers de pro-Morsi étaient toujours massés sur la place Rabaa al-Adaouiya, dans le faubourg de Nasr City.

Selon Human Rights Watch, une centaine d'agressions sexuelles ont été commises sur la place Tahrir et ses environs en marge des manifestations des derniers jours.

À l'unisson de nombreux autres journaux, le journal Al-Watan (indépendant), a titré laconiquement: «La fin».



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Commentaires (10)

  • NIONKO (H) 07/07/2013 13:05 X

    SHOUDA,
    la démocratie c'est quoi alors? Quant le peuple choisie quelqu'un pour le gouverner, il doit resté à son poste jusqu'àla fin de son mandat. S'il gouverne mal, il doit étre remplacé par voie légale

  • shouda (H) 04/07/2013 20:18 X

    se trompe celui ou celle qui pense que ces islamistes peuvent diriger un pays si grand et si important aux yeux des occidentaux. Mr Morsi fut un faux president et les egyptiens le savent.

  • patanok (H) 04/07/2013 16:14 X

    La religion et la politique, font deux. la religion = bonte et honnetete, la politique=agressivite et arnaque.

    alors sachez messsieurs des gouvernes que si un homme prend son courage a deux mains et risque sa vie en renversant un regime democraiquement elu, c'est pas pour sauver un autre homme: c'est uniquement pour l'argent et l'autorite

    dieu nous preserve nous les pauvres de ces deux vices amen

  • NIONKO (H) 04/07/2013 12:56 X

    Je suis inquiet pour le peuple égyptien car dans ces genres d'actions il y'a des risques de dérapage. Je pense que le coup a été préparé de longue date. Comment donner 48heures a un président élu de résoudre une crise politique?

    La fin du monde ARABE n'a t'elle pas sonnée au vue de tous ces conflits qui le secouent. L'heure est venu de considérer nos interets par raport àux AMIS.

  • antipervers (H) 04/07/2013 09:07 X

    Abraham ;
    vous posez la seule question qui vaille. La dernière fois qu’un coup d’Etat à mis fin à un processus démocratique, en Afrique du Nord, il en a couté 10 ans de guerre civil, 200 milles morts et une forme dégradé de la résistance initiale, qui a donné l’AQMI. 20ans après, le bilan pour les algériens reste difficile à faire.

  • Citoyen du monde (H) 04/07/2013 00:19 X

    Bravo, chapeau à l'armée Égyptienne; vous avez bien jouez votre rôle, j'ai bel et bien dit que la place d'un islamiste c'est dans une mosquée prier pour la paix, la politique n'est pas de votre genre, vs avez montrez vos limites, les gens ont su vraiment ce que vs êtes vraiment capables

  • Ibiliss (H) 03/07/2013 23:09 X

    Bravo, sa place est dans une mosquée! Bravo, ça, c'est une armée, pas comme la nôtre, toujours soucieuse de se goinfrer! Autant ils ne comprennent rien au pouvoir (mais surtout à notre époque) autant les islamistes convoitent s'y accrochent! Bon débarras!

  • sndioro (H) 03/07/2013 21:13 X

    Yes, Mohamed Morsi est passe a cote de l'histoire, une lecon a apprendre.

    Le peuple premier, l'ideologie seconde.

  • abraham (H) 03/07/2013 20:41 X

    Est ce le début d'une nouvelle guerre civile?

  • Ksaleh (H) 03/07/2013 20:34 X

    Game is over ! Fin de l’arnaque et la démonstration vient d’être faite que l’islamisme politique est incompatible avec l’exercice du pouvoir démocratique qui est autre que les paroles creuses.

    Après l’échec économique et social du pouvoir religieux des frères musulmans la démonstration vient d’être faite que ce pouvoir ne fait qu’enfoncer les Egyptiens dans une ‘’sainte’’ mais dommageable pauvreté. Espérons que deux choses vont les sauver les femmes qui veulent l’égalité et les militaires dont les affaires vont ramener la prospérité.

    Avis au partisans des barbus, le moyens âge au 21ème siècle, cela ne marche pas, on ne peut pas vivre dans le passé : il faut bouffer, le portable, le réfrigérateur, l’internet, la télévision…….