01-08-2013 00:26 - Cachez ces guerres larvées que je ne saurais voir …

Cachez ces guerres larvées que je ne saurais voir …

Personne ne veut voir ce qui pourtant saute aux yeux et à l’esprit. Personne ne veut comprendre l’évidence, personne ne veut l’affronter. Cette attitude dénote si besoin était de le souligner , de la profonde léthargie dans laquelle les peuples du Sahel sont plongés.

Ne voyez vous pas , la guerre ethnique qu’on veut vous faire endosser ? La guerre des peaux et tons de couleurs ? Ne serez vous jamais que ce qu’on a fait de vous , des haineux de leur propre Histoire, de leur propre destin, de leur propre race ? Ne voyez vous pas que les peuples Africains noirs, blancs et orcres , sont tous des enfants de cette terre ? Ne voyez vous pas , le crime fraternel que l’on veut vous voir commettre ?

Pour qu’enfin quoi ?! Nous ne puissions jamais être que ce que l’on a fait de nous, des sauvages , des barbares , des brutes, des ineptes au don de la vie, au progrès et à la « civilisation ».

Des hommes qui tuent les enfants qui sont le testament, l’héritage, de leurs alliances ; Du rayonnement de leurs empires , du truchement de leurs civilisations.

Alors Mohoko Pheto disait vrai , les colons impérialistes libéraux, n’ont pas seulement pris des libertés avec nos terres et nos personnes ; Ils ne se sont pas limité à saisir nos biens matériels, ils ont surtout volé notre savoir , notre mémoire , notre passé ; Ils ont piétiné et ridiculisé nos modes de vies et de gouvernances ; Ils ont soumis nos consciences, notre pensée ; Ils ont brisé quelque chose qui se forge avec les siècles et la préservation éclairée d’autant de générations , la sagesse.

Elle nous aurait été bien utile dans nombres de traitements et de résolutions de conflits sur le continent , sans parler de ces dernières années , dans des cas comme celui de la côte-d’ivoire et de la Lybie. Il est bien évident que le laboratoire ethnique de la violence a été victorieux de notre résistance , de notre ancestrale tolérance , de notre généreuse valeur de l’hospitalité.

Nous sommes comme défaits devant la haine, qui bouillonne dans l’obscurité du passé, bouche bée devant la trance dans laquelle sont plongé des hommes et des femmes , qui sont hanté par des démons de l’humiliation et de la confusion d’identité. Ce qui choque le plus , ce n’est pas la haine, ni les mots, ni les arguments, ce qui choque , c’est que ce passé n’est jamais le leur directement, ce n’est pas un héritage comme les autres.

Pour la Lybie, comme pour la Syrie aujourd’hui , comme l’Egypte et comme le Liban et comme dans bien des pays au moyen et au proche-orient et en Afrique, les peuples sont métissés, leurs origines sont aussi anciennes que la terre sur laquelle ils vivent. Bien des peuples et des civilisations se sont succédé et les traces sont en nous tous. Nous avons des traditions , des us et coutumes , des superstitions, des proverbes , des légendes , nous avons des langues , des dialectes , des mœurs, des cultures qui sont la rencontre de cette vérité humaine tangible.

Les précédents Africains que représentent la côte-d’ivoire et la Lybie , permettent le quiproquo de l’Egypte. L’agression de la Lybie préfigure une autre attaque du même genre et de plus grande ampleur mais nous ne savons pas encore où , qui sait peut être l’Algérie ? Ce que nous ne souhaitons pas bien entendu mais que nous redoutons assez pour le mentionner. Ces cas sont le début d’une longue série de guerres, qui prendront tour à tour l’aspect d’une guerre contre le terrorisme, d’une guerre contre l’extrémisme, d’une guerre contre le nationalisme , contre le souverainisme etc…

Nous pouvions envisager les répercussions d’une attaque contre la Libye , nous pouvions le faire pays après pays , mais personne n’a jugé utile de mentionner l’équilibre précaire de la paix sociale dans nos pays , dont les bases sont aussi fragiles que les égos des peuples médittérannéens. Nous sommes des sociétés communautaires, nous l’avons toujours été, c’est une perpétuations qui continue à donner son sens à nos vies , jusque dans nos univers politiques.

Si nos dirigeants ont échoué dans bien des domaines et qu’ils n’ont pas eu le mérite de nous offrir une représentation digne de ce nom à défaut d’un semblant de destin , ils ont quand même pour les plus sérieux d’entre eux , essayé de préserver et de maintenir une certaine cohésion.

Aujourd’hui nous avons comme corollaire de cette violente agression contre la Lybie , une série de multiples soubresauts , ils ne se limiteront pas au Mali , si c’est ce que certains espéraient secrètement dans le voisinage…

C’est déjà ce manque de solidarité , ce manque de positionnement ferme, qui a coûté à l’Afrique d’être envahie à de multiples reprises. Pourquoi changer une méthode qui marche ?! L’effort de nos nations , de nos pays , doit consister à exiger cette solidarité , à la demander , pour mettre à jour , les récalcitrants , ceux qui obstruent le chemin de la paix, par leur collaboration à des intérêts qui ne sont pas ceux de la majorité des peuples qui vivent là.

Nayra Cimper



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Commentaires (2)

  • Camis87 (H) 01/08/2013 02:44 X

    Un article bien rédigé, avec un langage soutenu. Cependant, je suis un peu perdu dans ton article( ça peut être par ignorance ou complexité de tes propos).

    Pensez-vous que la décision d'intervenir au Mali n'est pas saine pour une cohésion régionale ou celui de la Libye ?

    Ma sœur, si l'on est peut pas régler nos conflits internes et que celui-ci touche aux intérêts étrangères, il est quand même évidant qu'ils vont défendre leurs intérêts.

    Je ne sais pas si j'ai bien saisi le sens de tes propos mais, je crois que l'invasion du Mali était nécessaire et celle de la Libye pouvait être évitée.

    Merci de m’éclairer d'avantage!

  • Cheikh-TijaneBathily (H) 01/08/2013 00:57 X

    Vous, vous êtes une guerrière « pacifique » ! Je salue en vous, à travers vos articles, cette obstination à vouloir coûte que coûte ratisser large, rassembler afin de sculpter un tout harmonieux. Mais il est un point que je ne partage pas vraiment : Vous dites : « ils ont quand même pour les plus sérieux d’entre eux, essayé de préserver et de maintenir une certaine cohésion. » Le hic se situe au niveau de « cohésion ».

    Vu sous l’angle féodal, il y a effectivement cohésion, dès lors que l’opprimé ou l’exclu accepte de jouer. C’est-à-dire une société où chacun « connait » sa place, une place qui lui a été assignée, une place qui l’attendait bien avant sa naissance.