10-10-2013 03:45 - L’œil de Talla sur le nouveau statut du football Mauritanien
Ahmed Salem Ould Ahmédou dit Talla est un économiste mais surtout un entraîneur de football mauritanien qui vit aux Etats-Unis depuis 10 ans. Malgré qu’il soit loin, Talla suit de très près le football mauritanien. Dans cet entretient qu’il nous a accordé, il s’exprime sur les nouveaux statuts du football mauritanien adoptés le 28 septembre dernier.
Cridem: Qu’en pensez-vous du nouveau statut de la FFRIM adopté le 28 septembre dernier ?
Talla: Très clairement, le bureau Fédéral a frappé fort et montré sa capacité de regrouper la majorité des acteurs du football national autour de ce nouveau statut.
C’est vrai qu’il favorise la réélection de l’actuel président de la fédération; mais je ne suis pas contre son adoption en raison de sa possibilité de professionnaliser le football national. Par exemple, la nouvelle valeur donnée aux clubs de D1 va motiver une concurrence rigoureuse autant sur le plan technique qu’administratif.
Je suis également d’accord pout la nomination du secrétaire générale et du Trésorier par le président pour une raison professionnelles: dépasser le conflit traditionnel, dépasser l’amateurisme administratif et avoir une comptabilité moderne capable de suivre tous les détails et déterminer les besoins de l’avenir.
Cridem: Mais pensez- vous qu’il était normal d’exclure du vote les délégués des clubs de D2?
Talla: Je trouve injuste l’exclusion des délégués des clubs de D2 du vote. Mais personnellement je ne suis pas contre pour des raisons liées à l’amateurisme, l’anarchie et le nombre (pléthorique) de clubs.
Par contre, je pense que la décision d’exclure les membres du Bureau fédéral du vote est juste et montre un degré de professionnalisme de la fédération.
Cridem: Selon le nouveau texte, pour être président de la Fédération il faut être président, au moins les quatre dernières années, d’une association régulièrement affiliée à la FFRIM ou avoir été membre du comité exécutif. Qu’en pensez-vous ?
Talla: Vous savez que les candidats potentiels ne sont pas des dirigeants de club ni des membres du Bureau fédéral. Pour cette raison et pour assurer un deuxième mandat ou un mandat à vie, le président de la FFRIM et son rouage profitent de cette situation pour multiplier les obstacles devant ces potentiels candidats.
C’est une stratégie à la Hayatou. Ça peut marcher pour le moment; parce ces dirigeants ne sont pas capables de se présenter contre l'actuel président. Ils n'ont ni l'ambition ni le courage.
J'avais tous le temps critiqué l'absence d'un cadre juridique. Mais cette fois les dirigeants de la FFRIM ont réussi, de manière démocratique et par une stratégie rationnelle, à éliminer leurs adversaires du passé et leurs potentiels adversaires.
Certes, la décision montre un manque de confiance et une faiblesse interne. Mais je ne suis pas surpris pour la simple raison que nous sommes devant un homme fort qui est le président de la FFRIM capable de s’imposer et un groupe des dirigeants timides et faibles pour la plus part. Et je dirais que nos dirigeants méritent cette domination pour avoir abandonné le football mauritanien.
Propos recueillis par Djigo Souleymane
