29-09-2014 18:16 - La Lettre d'information de l'IFM du 28 septembre au 03 octobre 2014

IFM - Cette semaine, projection exceptionnelle à ne pas rater : Timbuktu de Abderrahmane Sissako (2014 – France/Mauritanie)
Production déléguée : Les Films du Worso/Dune Vision -Coproducteurs : Arte France Cinéma, Orange Studio, Arches Films – Avec la participation de : Canal+, Ciné+, ARTE France, TV5Monde, Centre national du Cinéma et de l’image Animée, Le Pacte)
« C'est un film à thèse. Dans un film à thèse, seule la thèse importe. Et celle d'Abderrahmane Sissako est irréprochable : fustiger l'extrémisme djihadiste... Le film à thèse nécessite une force de persuasion qui peut, parfois, aller jusqu'au simplisme : il faut abattre l'adversaire par tous les moyens, l'efficacité doit l'emporter sur la finesse. Du courage, oui, de la délicatesse, pas forcément...
C'est l'impression que l'on ressent devant la première demi-heure du film : le cinéaste y va carrément ! Dans ce village pas très loin de Tombouctou, il filme des djihadistes encore plus grotesques qu'effrayants : les uns parlent mal l'arabe, les autres fument en cachette des cigarettes interdites. Bref, ce sont des clowns tragiques...
Face à eux, on a droit à une famille idyllique : le père – un modeste éleveur de vaches dont la préférée se nomme GPS – est droit et réservé, son épouse, brillante et sage, et leur petite fille, une belle enfant qui sourit tout le temps.
Entre les « méchants » et les « gentils », « l'islamiste modéré » est symbolisé par un sage qui tente, dans un discours admirable, de faire entendre la voie de la raison et du Coran.
Mais les extrémistes excités refusent de l'entendre : ils organisent des mariages forcés, prétendent faire porter des gants aux femmes qui travaillent (y compris celles qui vendent du poisson : pas commode !), traquent ceux qui se réunissent, la nuit, dans une chambre, pour y faire de la musique et interdisent le foot – ce qui donne une belle séquence où des gamins jouent avec un ballon aussi invisible que les balles de tennis à la fin du Blow up de Michelangelo Antonioni.
C'est, d'ailleurs, quand il échappe aux caricatures obligées du film à thèse qu'Abderrahmane Sissako retrouve le lyrisme d'En attendant le bonheur et Bamako, ses films précédents. C'est un bon cinéaste… » Pierre Murat (Télérama.fr)
A ne pas rater ce lundi 29 septembre à 19h30 à l’IFM !