11-01-2016 22:30 - Viser les Islamistes

L'Authentique - Les officines de l’ombre s’activeraient, depuis quelque temps, à enclencher une confrontation entre le pouvoir et le courant islamiste modéré. Nostalgiques des mémorables "batailles" sous le règne de Ould Taya, ces officines semblent déterminés à engager le second round du pugilat qui s’était soldé par la chute de celui-ci et le vacillement de son système.
La nouvelle "guerre" des officines, savamment orchestrée, trouverait sa "légitimité" par la distance qu’ont prise, de manière "cavalière", les leaders de Tawassoul du pouvoir actuel, lui ôtant un semblant de soutien que d’aucuns avaient cru desceller depuis le fracassant et inexplicable retrait du FNDD, en 2009, de ce parti.
Ce retrait qui avait quelque peu temporisé les ardeurs des caciques de l’opposition avait été expliqué par le souci des islamistes de créer une alliance avec certains segments du pouvoir, notamment au sein de la hiérarchie supérieure de l’armée, afin de gagner un temps de réflexion et de répit leur permettant de dessiner une stratégie de déploiement sur le long terme.
Les relations entre les deux iront crescendo depuis. C’est ce qui expliquera plus tard, la participation des Islamistes dans les dernières élections législatives et municipales ; une décision qui servira surtout à crédibiliser les suffrages.
Aujourd’hui, cette situation pourrait relever du passé. Depuis quelques temps en effet, des informations sont exprès distillées par des services du pouvoir qui font état de menaces qui pèsent sur Tewassoul, le cas échéant, sur certains de ses dirigeants cibles, ou plus précisément, sur des instances dépendant de la mouvance islamiste.
Dernier acte en date, la fermeture d’une quarantaine d’écoles coraniques au motif qu’elles dépendaient d’instituts d’enseignement non autorisés. Cette rupture dans les relations est apparue il y a quatre ans, au moment fort du printemps arabe.
Les islamistes se positionnant à l’image des leurs partout dans le monde arabe comme en Libye, En Egypte, en Syrie, en Tunisie, au Yémen et ailleurs, e revendiquant le statut de fer de lance de la contestation, avaient fini par soulever el courroux du pouvir de Mohamed Ould Abdel Aziz.
Se limitant alors à exprimer leur solidarité avec les peuples arabes en révolte, les islamistes avaient "cassé la baraque" avec une déclaration publique du Cheikh Deddew appelant les régimes à s’adapter aux réalités nouvelles s’ils ne voulaient pas être détrônés par la bourrasque révolutionnaire. Et le pouvoir de se sentir visé à l’époque.
Et, revenant à ses reflexes, le pouvoir ne trouvera mieux que de faire inviter deux figures caciques de l’islamisme du pouvoir (les Oulemas du ragoût) à une émission de la TVM pour mettre les imams théorisant pour la révolution en garde.
L’un des plus virulents d’entre les deux invités de la TVM, qui avaient tenu des propos encore plus acerbes contre l’autre camp islamiste en 2004, dira : "nous mettons tous les imams en garde contre la révolution, car la police et les forces de sécurité tireront les imams appelant à la révolution par la barbe et les placeront à la place du mouton dans la voiture". L’Imam-policier ne savait pas qu’en tenant des propos pareils, il signait le casus belli entre le pouvoir et les islamistes de l’opposition.
Et comme si ceci ne suffisait pas, le pouvoir réhabilitera l’un des journalistes les plus acerbes contre Tawassoul en le propulsant à la direction de la radio nationale.
Tout ceci pour que la "troupe" soit en bon ordre de bataille pour contrer la... révolution ! Cette dernière contrée aujourd’hui, le pouvoir qui perçoit en ces adversaires, de potentiels ennemis, s’ils ne sont les seuls qui peuvent lui faire ombrage, aurait décidé de les écarter.
Amar Ould BéjÃ