23-06-2016 02:00 - Nécrologie | Mort avec un chapelet à la main
Après la prière de l’aube, Moctar, tu égrenais tranquillement ton chapelet, quand ta mort survint. Quelle belle mort que celle-là . Tu es parti en ce mois béni de ramadan, rejoindre le seigneur avec toute la pureté religieuse, ce n’est pas donné à n’importe qui, mais toi, tu étais de la race des élus.
Tu es parti dans le même mois de l’ascension du meilleur des hommes, un mois de juin. Lui avait 63 ans, toi tu es parti à 62 ans.
Qui ne se souvient pas de ce visage imberbe, de ce sourire doux souvent malicieux. C’est la première image que l’on capte de Mohamed El Moctar Macina, le fils ainé de Seynabou NDiaye, un homme qui a consacré toute sa vie au bonheur des siens.
Douanier de profession ayant travaillé très jeune, le parcours de ce natif de Boghé, c’est de tout temps inscrit dans la logique du partage.
Avec Moctar, on a le sentiment de voir un être sur motivé, face aux difficultés de la vie pour baliser les sentiers pour ses frères et sœurs, saisissant toutes les opportunités qui s’offrent à lui pour réaliser ce rêve.
Et ça a marché, il les a tous mis à l’abri du besoin à son détriment. Dans une aventure pareille on n’est souvent pas compris, mais un jour ses enfants et petits enfants pourront dire qu’il aura été un gentleman.
Une posture qui s’explique par le fait qu’il s’est toujours voulu un gestionnaire des ressources humaines avec la bonté dans le sang. Boghé, lors de ton enterrement, a refusé du monde. Logique. En effet, depuis Dakar où tu as rendu ton dernier soupire, en passant par Nouakchott et le fouta toro, tous sont venus.
N’avais-tu pas de ton vivant revivifié par ta disponibilité chacun d’entre eux par un comportement sociétal sans reproche ? Alors, quoi donc de plus normal que de rendre la monnaie de tant de générosité ? Tes amis étaient tous là , Fadel, Sy Sidy, Négri, NDiaga et bien sûr Bâ Majib nôtre ami commun, ils sont tous venus pour un congénère et saluer son combat jusqu’ici mené, avec des valeurs qui le rendent unique.
C’est ta mère qui avait dit : « je connais mes enfants, les meilleurs sont Moctar et Mody », ton jeune frère, le dernier de sa fratrie. Elle a été l’interprète de sa propre communication avec Dieu Tout-Puissant en disant la vérité. Repose en paix Mohamed El Moctar et puisse le tout puissant rapporter le caractère sacré de ta démarche en tes enfants. Amine.
ADN
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