16-06-2017 10:00 - France-États-Unis: bras de fer diplomatique sur la force antiterroriste au Sahel

France-États-Unis: bras de fer diplomatique sur la force antiterroriste au Sahel

La Croix - Les États-Unis et la France vont-ils vers un clash diplomatique sur la force africaine anti-terroriste au Sahel ?

Selon Colum Lynch, correspondant diplomatique du site Foreign Policy à New York, l’administration Trump pourrait mettre son veto à un projet de résolution française au Conseil de sécurité, soutenant la création d’une force africaine antiterroriste au Sahel.

Le différend porte sur le financement de cette force conjointe de 5 000 militaires, policiers et civils africains au Sahel et sur la stratégie. La France soutient la création d’une force antiterroriste africaine dans le cadre du G-5 Sahel ( Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger Tchad) mais les pays qui la composent comptent sur le soutien financier et logistique extérieur, qu’il s’agisse de l’Union européenne, des États-Unis ou de l’Onu.

Les États-Unis et le Royaume-Uni, tout en reconnaissant le bien-fondé du projet, ont bloqué, lundi 12 juin, une seconde version du projet de résolution français.

Washington et Londres souhaiteraient le transformer en une simple déclaration du Conseil de sécurité, sans contrainte financière. L’administration américaine chercherait à réduire le financement américain à des opérations multilatérales.

Colum Lynch qualifie les négociations en cours de « test de volonté » entre Emmanuel Macron et Donald Trump.

Selon les États-Unis, soutenus par le Royaume-Uni, une résolution du Conseil de sécurité autorisant cette force à « utiliser tous les moyens nécessaires » n’est pas requise, les troupes du Burkina Faso, du Tchad, du Mali, de la Mauritanie et du Niger ayant déjà l’autorité légale pour mener des missions. Par ailleurs, le mandat de la force prévu par le projet de résolution français serait trop large et trop vague, ne prévoirait aucun mécanisme de supervision et manquerait d’une stratégie de sortie.

Washington fait depuis longtemps preuve de scepticisme sur la capacité des armées africaines à poursuivre une guerre efficace contre le terrorisme. En 2012, Susan Rice, alors ambassadrice américaine à l’Onu, avait qualifié de « connerie » la proposition française de création d’une force de 15 pays africains pour affronter les terroristes du Mali. Les États-Unis se sont également opposés à un soutien de l’ONU, demandé par la France, à une force africaine antiterroriste pour lutter contre Boko Haram au Nigeria.

Pour la France, au contraire, le Conseil de sécurité de l’Onu, qui a approuvé la création d’une force anti-terroriste américano-africaine en Somalie, devrait logiquement, soutenir la force conjointe du G5 Sahel.

Le projet de résolution français autorise cette force à « utiliser tous les moyens nécessaires » pour « combattre le terrorisme, le trafic de drogue et le trafic de personnes » en étroite coopération avec la force de l’Onu et l’opération française Barkhane. La seconde version précise, par ailleurs, que les groupes armés ciblés par la force figurent sur la liste des groupes terroristes des Nations unies. Le texte demande au secrétaire général de l’Onu d’apporter un soutien financier et logistique à cette force.

L’Union européenne a annoncé, lundi 5 juin, une aide de 50 millions d’euros pour mettre sur pied la force. Le prochain sommet du G5 Sahel se déroulera, dimanche 2 juillet à Bamako, en présence du président français Emmanuel Macron.

En attendant, le bras de fer entre Paris et Washington se poursuit dans les coulisses, après la poignée de main musclée entre Donald Trump et Emmanuel Macron, jeudi 25 mai, à Bruxelles, en marge de la réunion de l’Otan.

François d'Alançon




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Commentaires (1)

  • cccom (H) 16/06/2017 10:44 X

    Si l’objectif réel de ce conflit entre la France et des USA est d’éradiquer (déraciner totalement) le terrorisme et l’immigration des africains vers l’Occident et non pas d’occuper le sahel pour piller ses ressources minières après de création de guerres civiles dans ses populations , il faut et il suffit de faire inscrire immédiatement les écoles primaires du Sahel à l’initiative parentale http://adrar-info.net/?p=40795 IPESIGSCO et engager la valorisation d e son grand Sahara par la création de palmeraies modernes in vitro de qualité irriguée à distance de 1000.000 ha irriguées par des usines de dessalement de l’Océan par énergies solaires apportant des revenus annuels de 10.000.000 UM/ha et 4000.000 d’emplois nouveaux de jeunes. . cheikhany_ouldsidina@yahoo.fr