29-09-2017 17:16 - Le Sahel vulnérable et fauché face au terrorisme
Ouest-France - Européens et Américains se préoccupent de la zone sahélienne... Tant mieux, parce que la situation sécuritaire y est de plus en plus préoccupante.
Au cours des derniers jours, les djihadistes ont été dramatiquement actifs dans la bande sahélo-saharienne.
Au Burkina Faso, au moins deux gendarmes ont été tués et deux autres blessés, mardi soir, dans une embuscade tendue par des hommes armés contre un convoi d'une société minière. C'était la troisième attaque en quatre jours.
Samedi, l'incendie du poste de police du camp de réfugiés de Mentao a causé d'importants dégâts matériels ; puis au moins sept soldats burkinabés ont été blessés, lorsque leur véhicule a sauté sur un engin explosif.
Au Mali, deux attaques ont eu lieu dimanche. L'une, près de Gao, a coûté la vie à trois casques bleus bangladais de la Minusma. Quatre autres ont été grièvement blessés. Toujours au Mali, dimanche soir, c'est la gendarmerie de Mourdiah qui a été attaquée et dévastée.
Le budget ne suit pas
Au Niger, samedi, l'attaque d'un poste de contrôle à Al Gazna, à environ 200 km de la frontière algérienne, a coûté la vie à un civil, trois policiers et un gendarme. Quatre hommes armés, circulant à bord d'un pick-up, ont ouvert le feu sur les hommes en service. Le récent regain d'insécurité est flagrant, mais l'état-major français refuse d'y voir « la marque d'une capacité militaire affirmée » des assaillants.
La multiplication de ces attaques a motivé la tenue d'une réunion, en marge de l'assemblée générale de l'Onu, le 18 septembre, sur le financement de la force antiterroriste conjointe du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Tchad, Burkina Faso, Niger). Washington a participé à la réunion, ayant pris conscience de la menace accrue. Et de l'urgence de financer les cinq bataillons de la force sahélienne dont les premières opérations sont annoncées pour la mi-octobre.
Or, le casse-tête du financement est loin d'être résolu : il manque les trois quarts des 425 millions d'euros nécessaires (la France apporte 8 millions).
Après la décision des cinq pays sahéliens de mobiliser chacun mille hommes, l'inauguration, le 9 septembre à Sévaré (Mali), du poste de commandement de cette force a marqué une seconde étape. Mais pour aller plus loin, il faut des fonds. Washington n'a pas encore sorti son portefeuille et l'Onu peine déjà à financer sa mission au Mali.
Une réunion des pays soutenant la force du G5 Sahel est annoncée pour le 30 septembre, à Berlin. Et une conférence des donateurs se tiendra en décembre, à Bruxelles.
