07-10-2017 16:00 - Guerre du Mali: le sort oublié des enfants-épouses

 Guerre du Mali: le sort oublié des enfants-épouses

Le Devoir - Aujourd’hui âgée de 15 ans, Fatimatou Zahra Minta Cheikh a été obligée de se marier à un cousin éloigné il y a deux ans. Quelque part au milieu des dunes du Sahara, une agglomération insoupçonnée de plus de 50 000 personnes : le camp de réfugiés de Mbera.

Érigé au début de la guerre du Mali, il fait désormais partie intégrante du paysage de Hodh Ech Chargui, une région aride du sud-est de la Mauritanie. Cinq ans après le début de la crise, plus de 140 000 Maliens se trouvent toujours dans de vastes camps de réfugiés au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger.

Devant une situation qui perdure, des dizaines de milliers d’enfants qui n’ont connu d’autre paysage que celui des tentes de fortune s’érigeant à perte de vue. Parmi eux, des petites filles forcées de se marier dans l’espoir d’échapper à la pauvreté. Fatimatou Zahra Mint Cheikh, 15 ans, ne garde aucun souvenir du village dans lequel elle a grandi. « J’ai oublié le Mali », murmure-t-elle timidement, les yeux baissés.

Lorsque la guerre a éclaté en 2012, sa famille a pris la fuite dans une charrette et s’est réfugiée au camp de Mbera, à la frontière entre le Mali et la Mauritanie.

La jeune fille ne se rappelle pas non plus le jour de son mariage avec un cousin âgé d’une vingtaine d’années, lorsqu’elle avait 13 ans. Assise sur une natte de plastique posée à même le sol, dans la modeste tente qu’elle partage avec ses sept frères et soeurs ainsi qu’avec ses parents, Fatimatou Zahra contemple son alliance, simple bague en argent entourant son annulaire gauche.

« Je ne sais plus ce que je portais ou comment la soirée s’est passée, balbutie-t-elle. Mes parents ont décidé du mariage, je n’étais pas au courant. Je ne voulais pas me marier. »

Malgré ce mariage forcé, Fatimatou Zahra s’estime heureuse. Son mari est souvent absent, à la recherche de travail dans les grandes villes. Elle peut donc continuer ses études à l’école primaire du camp, une chance que n’ont pas eue toutes ses camarades.

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