18-12-2017 12:33 - Communiqué du Manifeste des haratine sur les évènements de Diawla

Communiqué du Manifeste des haratine sur les évènements de Diawla

Manifeste des haratine - Dans la localité de Diawla, située dans l’arrondissement de LEKSEIBA 2 de la Moughata’a de R’kiz, les autorités locales essaient ces jours-ci de lancer une OPA sur des terres agricoles en vue d’en déposséder une agglomération comprenant quelques centaines de familles au profit d’un individu connu pour son arnaque, sa fourberie et sa propension à s’accaparer des biens d’autrui.

Le sieur Wajaha Ould El Hassene, un déguerpi du Sénégal au début des années 90, a atterri dans ce village qui l’a reçue à bras ouverts. Compte tenu des liens de parenté qui le lient aux autochtones de la part de sa grand-mère, il a été vite adopté et une parcelle de terre agricole lui a été concédée afin de la fructifier.

Après s’être bien installé, celui-ci s’est employé à mûrir des stratagèmes aux fins de s’approprier le domaine appelé « LEGUETT ou MACHRA’A EHEL Cheikh », du nom d’une famille de cette localité qui y demeure jusqu’à nos jours. Paradoxalement, le père de ce prétendant a déjà témoigné de l’appartenance de cette terre aux ascendants de ceux à qui il la dispute actuellement.

Ce témoignage a eu pour résultat deux verdicts, au début des années 70, en faveur de cette communauté contre des notables de leur tribu qui ont voulu eux aussi les exproprier au nom de leur vassalité tribale.

Doit-on en conséquence, attacher du crédit à l’assertion qui dit que la connexion des Haratine à une certaine organisation tribale ou sociétale, est en elle-même la source de leurs malheurs et de leur privation de tous les droits ?...

Cette situation est aggravée par la partialité évidente des autorités publiques et des agents de l’Etat, en particulier, la gendarmerie dont le commandant de la brigade locale ne cesse de proférer, à l’encontre de pauvres citoyens, des menaces, des insultes et d’autres propos vils et dédaigneux.

Propos dont la prononciation est pourtant interdite par la loi, mais les premiers qui en usent et abusent sont ceux-là même qui sont chargés d’y veiller ; à savoir l’administration et les auxiliaires de la justice.

Par quelle logique alors, des autorités responsables pourraient-elles favoriser l’intérêt d’une personne quelqu’elle soit, sur celui de tout un village, que pour les raisons bien connues de tous et consistant à perpétuer la situation emblématique d’exclusion des Haratine.

Cette exclusion dont le cas le plus flagrant se révèle être celui des petits paysans sans terre, encore soumis à la domination et l’exploitation esclavagiste et féodale, souvent fondée sur le détournement de la réforme foncière de 1983 par des autorités administratives et des magistrats au nom d’une solidarité de classe, parfois de race, mais toujours parée des oripeaux de la légalité républicaine.

Face à la récurrence de ces formes de connivence flagrante entre l’administration publique et une certaine frange de privilégiés, à l’intérieur du pays et sur toute l’étendue du littoral, auxquelles s’ajoutent quelques faisceaux d’indicateurs concordants aussi négatifs les uns que les autres, mais dont la signification et la teneur sont tout aussi limpides ; l’on est en droit de se poser sérieusement des questions sur l’essence même de notre Etat, tout comme la nature profonde du régime qui nous gouverne.

Nouakchott, le 18 Décembre 2017.

Le Manifeste

Pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratine au sein d’une Mauritanie unie, égalitaire et réconciliée avec elle-même.



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Commentaires (5)

  • mohamed hanefi (H) 21/12/2017 17:40 X

    Sacrifier toutes ces dizaines de familles pour un individu est un crime de taille. Le président doit nécessairement s'enquérir de l'affaire. Il en est le premier responsable devant Dieu.

  • mohamed hanefi (H) 21/12/2017 17:24 X

    Malheureusement. J'ai beaucoup de fois visité ce village, peuplé par une population des plus laborieuses de la Mauritanie. J'y ai rencontré ce Wajah, avant son conflit avec ceux qu'il considérait comme des parents en cours du conflit et après. Je sais que déposséder ces villageois est une catastrophe et un crime, qui ne passera pas dans l'ici ou l'au-delà.

  • lumiere (H) 19/12/2017 08:32 X

    tout un village, il faut parler la langue de la place, le pouvoir ne ferra marche arriere que si vous parlez son language. Allah vous donne le droit de lutter jusqu'a la mort et vous serez des martyrs. L e prohpete PSL l'a enseigne, lutter. Il faut se battre, c'est votre richesse. Arreter de pleurnicher. Les harratins sont fort et costaud macha'Allah, alors il faut arreter cette injustice avec vos mains, c'est tout.

  • medabdul (H) 18/12/2017 18:46 X

    OUI, les harratins raison pour laquelle il est grand temps de vous réveiller, le hassanya impose a vos maitres il y'a 300 ans par les beni hassan et par ricochet a vous, ne fait pas de vous même des humains (***), mais des moins que les KOVRIS.

  • duroowo (H) 18/12/2017 15:30 X

    C'est pour quoi Birama parle de l'Homme noirs les Haratins, Les peulhs, Les Soninkees et les Wolofs tous aujourd'hui ont le meme probleme de terre toute leur terre a ete aracher et donner aux autres qui vient de partout. Il faut honnette de dire la verite c'est un regime raciste que CEDEAO ne devait pas accepter l'association ni rien